16 décembre 2009 - 08:03 |

Copenhague : une position commune Afrique-France in extremis

$ 50 milliards pour l’Afrique sont nécessaires par an d’ici 2015

(16/12/09)

Nicolas Sarkozy a fait état hier, 15 décembre, d’un accord entre l’Union européenne et l’Afrique, à deux jours du sommet sur le climat de Copenhague, où les discussions buttent notamment sur le financement de l’aide aux pays en développement. Le président français et le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, coordinateur des pays africains, ont diffusé un appel commun “pour un accord ambitieux à Copenhague”, à l’issue d’un déjeuner de travail à l’Elysée.

Ce document reprend les objectifs d’une limitation de la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle et d’une réduction globale des émission de gaz à effet de serre (GES) de 50% d’ici 2050, par rapport à 1990. Il appelle à la création d’un fonds de $ 10 milliards par an pour les années 2010, 2011 et 2012 pour aider les pays les plus pauvres à faire face au réchauffement climatique sans attendre l’entrée en vigueur du futur traité sur le climat.

La France et l’Ethiopie, en tant que représentante de l’Afrique, proposent de consacrer 40% de ce fonds à l’adaptation de l’Afrique et 20% à la lutte contre la déforestation. Celle-ci sera l’objet aujourd’hui, 16 décembre, à l’Elysée d’une réunion des dirigeants des 11 pays africains du bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde après la forêt amazonienne. Le document franco-éthiopien plaide en outre pour un ”engagement sérieux sur l’aide publique de long terme en faveur des pays en développement” au-delà de 2012 et pour la mise en place de “mécanismes innovants de financement”.

La France et l’Ethiopie appellent à la création d’une taxe sur les transactions financières internationales, et envisagent la taxation des transports aériens et maritimes. Elles estiment les besoins de financement à ”au moins 50 milliards d’euros” par an d’ici 2015 et à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 – le chiffre retenu par l’Union européenne. Elles souhaitent enfin une ”réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale” conduisant à la création d’une organisation mondiale de l’environnement.

Pour Nicolas Sarkozy, cet appel commun de la France et du porte-parole des Etats africains à la conférence de Copenhague, prélude au sommet de jeudi et vendredi, 17 et 18 novembre, montre que l’Afrique et l’Union européenne sont “sur une même ligne politique”. ”L’Europe sera donc aux côtés de l’Afrique”, a ajouté le président français. ”Il y a un tel enjeu pour la planète, c’est tellement important qu’on réussisse, que l’alliance entre l’Afrique et l’Europe est absolument cruciale.

Meles Zenawi a rappelé pour sa part que l’Afrique représentait 25% des membres des Nations unies. ”Nous sommes arrivés à une quasi totale compréhension de nos positions respectives”, a-t-il déclaré à propos de son entretien avec Nicolas Sarkozy. ”Il n’y aura pas d’accord mondial (sur le climat) qui n’inclut pas l’Afrique.

Nicolas Sarkozy souhaite la constitution d’un front commun de l’Union européenne, de l’Afrique et des grands pays émergents pour amener les pays les plus réticents, en particulier la Chine et les Etats-Unis, à faire des concessions à Copenhague. Le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, défend pour ce faire depuis des mois la mise sur pied d’un plan d’aide massive aux pays les plus pauvres et les plus touchés par le réchauffement climatique, dont ceux d’Afrique.

Maintenant, c’est le plan africain”, a déclaré à l’issue de la conférence de presse Jean-Louis Borloo, qui a rencontré Meles Zenawi à plusieurs reprises à Addis Abeba et a participé au déjeuner de travail le 15 décembre.

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