16 décembre 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Sur le cacao, la prime de risque est de £ 200 à 400 la tonne

(16/12/10)

Cacao. La situation extrêmement tendue en Côte d’Ivoire suite aux élections présidentielles, continue à soutenir les cours internationaux du cacao : depuis lundi, ils ont augmenté de £ 120 la tonne à Londres. Ils avaient très fortement progressé la semaine du 29 novembre au 3 décembre, pour ensuite perdre £ 200 la semaine dernière sur des prises de bénéfices et parce qu’il ne se passait rien de véritablement nouveau en Côte d’Ivoire. Mais ils sont repartis à la hausse depuis lundi. « Actuellement, on estime que le marché a intégré une prime de risque de £ 200 à 400 la tonne », souligne un trader. En d’autres termes, si la situation s’apaise en Côte d’Ivoire le marché peut perdre très vite ces £ 200 à 400. En revanche, si elle s’aggrave et surtout si elle dégénère, le prix peut s’enflammer.
Pourtant, le cacao est bien là et la récolte est abondante. Selon la Bourse café cacao (BCC), les arrivages depuis le début de la campagne 2010/11 au port de San Pedro ont atteint 183 811 t au 28 novembre, derniers chiffres disponibles, contre 179 599 t à la même période la campagne dernière. ADM Cocoa Sifca arrive en tête des acheteurs avec 35 204 t, suivi de Cargill 32 97 t, de SAF Cacao 32 038 et de Touton 22 217 t pour ne citer que les quatre premiers opérateurs.
Au Cameroun, le prix au planteur a augmenté depuis le mois dernier avec une amélioration de la qualité des fèves mises sur le marché, essentiellement grâce à une bonne météo et un faible impact de la maladie de la pourriture noire. Le Comité interprofessionnel café cacao prévoit une production de l’ordre de 200 000 t sur 2010/11 contre 197 000 t la dernière campagne, mais de 205 000 t en 2008/09.

Café. Après avoir plusieurs fois testé à la baisse le niveau des 200 cents, le marché est finalement remonté à 220 cents la livre avec toutefois quelques difficultés à casser ce niveau ; le marché du Robusta à Londres se tient bien vers $1920 la tonne.
« Bien que prévisible, cette hausse ne réjouit pas grand monde, à part les producteurs », souligne un trader. En effet, des craintes se font sentir à l’égard des appels de marges et des lignes de crédit ; les négociants ont peur de ne pas être livrés sur la base de contrats qui ont été fixés sur la base de cours plus bas. A noter que sur le marché du fair trade, « cela crée un sérieux problème car bien souvent ils sont traités moins chers que la marché international. Illustration parfaite de la difficulté d’expliquer ce qu’est un “juste prix”», poursuit-il. Et notre négociant de conclure : « Les fêtes seront les bienvenues pour déstresser les acteurs du marché ! »
Les exportations de café en Ouganda devraient progresser de 4,5% en décembre, à 285 000 sacs de 60 kilos, par rapport à décembre 2009, selon l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA), notamment grâce un bon prix bord champ.

Caoutchouc. Sur le marché à terme de Tokyo, les cours du caoutchouc naturel se sont inscrits à la hausse ce matin, le marché état préoccupé par l’étroitesse de l’offre et alors que le yen est faible. Toutefois, les opérateurs semblent hésitants à entraîner les cours au delà des 400 yens, vers de nouveaux records. Mardi, il a touché 400,1 yens.
Les stocks de caoutchouc brut au Japon ne cessent de décliner depuis un mois, totalisant 6 492 t le 10 décembre, en baisse de 4,8% par rapport à 10 jours auparavant, selon la Rubber Trade Association of Japan. Ils étaient parvenus à se reconstituer quelque peu après avoir touché un plus bas de 2 628 t le 20 juillet dernier. Pour mémoire, ils étaient à 8 222 t le 28 février 2010.

Huile de palme. Mardi, l’huile de palme sur le marché de Kuala Lumpur a enregistré son prix le plus élevé en 2 ans et demi, réagissant à la fermeté des sojas, l’oléagineux concurrent de l’huile de palme, et à la crainte de voir la production malaisienne baisser puisqu’on est en pleine mousson (novembre à février). Ses exportations d’huile de palme ont chuté de 29,5% entre les 1er et 15 décembre, selon la Société Générale de Surveillance (SGS), à 548,372 t contre 777,761 t du 1er au 15 novembre.
A noter que la production chinoise de soja serait de 15,2 Mt en 2010, en hausse de 1,5% sur 2009. Toutefois, le premier importateur de soja continuera à s’approvisionner sur le marché mondial en 2011, selon le China National Grain and Oil Information Centre (CNGOIC), et devrait acheter 57 Mt de graines en 2010/11 contre 50 Mt en2009/10, selon les estimations du US Department of Agriculture (USDA)

Maïs. La production chinoise de maïs en 2010 serait de 172,5 t, un record absolu, en hausse de 5,2% sur 2009. Ainsi, le deuxième plus important consommateur au monde de maïs entamerait 2011 avec un excédent de 7,5 Mt, selon le China National Grain and Oils Information Centre (CNGOIC). Ceci ne signifie pas qu’il n‘en importerait l’année prochaine, car ses stocks sont très faibles, le pays ayant mis sur le marché quelque 44 Mt, mais il n’en importerait que peu.

Riz. Le marché du riz retient quelque peu sa respiration : la récolte en Thaïlande est train de prendre sa vitesse de croisière, ce qui devrait faire baisser les prix avant la fin de cette année 2010, et celle au Vietnam démarrera en janvier. Les statistiques officielles d’exportation de riz vietnamien sur 2010 devraient être publiées prochainement et on s’attend à un record de 6,7 t ; ses stocks en fin d’année ne seraient, de ce fait, que de 500 000 t. Les journaux officiels évoquent des exportations de l’ordre de 6 Mt en 2011, ce qui serait une baise de 11% par rapport à 2010.
La Chine aurait produit 199 t de riz en 2010, en hausse de 2% sur 2009, selon le China National Grain and Oil Information Centre (CNGOIC).

Sucre. Le sucre roux n’a cessé de grimper ces trois derniers jours, l‘Arabica ayant flirté hier sur le marché à terme de New York avec un plus haut depuis 13 ans et demi ! La position mars a terminé hier à 31,11 cents, son niveau le plus élevé depuis le 10 novembre.
En effet, le marché continue à être très étroit. Entre autres facteurs, l’Australie, un des plus importants exportateurs de sucre au monde, a réduit du quart ses prévisions d’exportation sur 2010/11 après l’inondation de nombre de ses champs de canne à l’Est du pays. Ces derniers jours, Queensland Sugar a encore annoncé acheter davantage de sucre du Brésil et de Thaïlande.
L‘annonce faite mercredi par l’Inde d’autoriser l’exportation de 500 000 t allège quelque peu l’étroitesse du marché mais ne modifie pas la donne, et ce d’autant plus que nombre d’acteurs anticipaient des ventes plutôt de l’ordre de 2 millions de tonnes cette année.

Thé. Aux ventes aux enchères du Kenya, hier 15 décembre, les pix moyens ont augmenté à $ 3,66 le kilo contre $ 3,47 les ventes précédentes. Les Best Broken Pekoe Ones se sont vendus à $ 4,02-3,30 contre $ 3, 20-3,74 et peu de lots sont demeurés invendus.

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