16 décembre 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Des marchés en berne

(16/12/2011) La plupart des marchés des matières premières son en recul avec toujours l’Europe en toile de fond et ce en dépit des bonnes statistiques en provenance des Etats-Unis.

CACAO Après deux jours de hausse au début de la semaine, renversant la forte tendance à la baisse avec des cours qui étaient tombés à un plus bas depuis novembre 2008, le cacao a clôturé jeudi en baisse à $2 151 la tonne pour le contrat de mars. La hausse du début de semaine a été en partie alimentée par l’appréciation du marché par le singapourien Olam. Dans une interview accordée à Reuters, Gerry Manley, le chef de la division cacao, a estimé que le marché pourrait être en déficit de 100 000 tonnes en 2011/12 alors que les autres analystes s’accordent plutôt sur un marché équilibré. Olam estime que la production en Côte d’Ivoire devrait se situer juste au dessus de 1 million de tonnes (Mt), contre 1,35 Mt en 2010/11 et que les broyages progresseront de 3% . « Compte tenu des fondamentaux, les perspectives pour l’année prochaine, telles que nous les voyons, et en raison d’une certaine incertitude sur le macroéconomique, en particulier en Europe, nous pensons que les prix devraient se situer dans une fourchette de £ 1600 à £ 1700 la tonne, ce qui est une valeur plus réaliste » affirme t’il.
La faible demande des broyeurs et des exportateurs locaux ont enclenché de nouvelles baisses de prix en Côte d’Ivoire la semaine dernière et des ventes de panique de la part des producteurs. En outre, la baisse des prix à environ FCFA 550 le kilo contre plus de FCFA 700 en début de saison, ont relancé les opérations de contrebande en direction du Ghana où les prix sont stabilisés par le gouvernement. Les producteurs et les exportateurs estiment qu’entre 40 000 et 45 000 tonnes ont passé la frontière depuis novembre.
Au Cameroun, les prix aux producteurs enregistrent aussi des baisses entre 15 et 20% en moyenne en décembre alors que le temps sec favorise les conditions de transport par la route avec une croissance des fèves acheminées au port de Douala.

CAFÉ « Comme pour la plupart des matières premières, les marchés à terme baissent, et pourtant on a du mal à trouver la moindre nouvelle baissière en dehors des problèmes financiers » souligne un courtier. En Robusta, sur le marché physique, il y a très peu d’offres d’origine, même en provenance du Vietnam alors que les différentiels sont élevés. Tandis qu’en provenance d’Afrique, les offres sont anecdotiques avec des quantités très faibles. La couverture des acheteurs est minimale et donc la pression sur les différentiels se maintient ». Un scénario quasiment identique sur l’Arabica avec peu d’offres d’origine, une couverture faible et des achats spot même si « le café n’est pas frais ».
En revanche, l’activité est bonne, essentiellement « de la main à la bouche ». Quant aux perspectives 2012, elles restent difficiles à lire estime le courtier soulignant que la plupart des négociants tablent sur une sévère reprise.
L’International Coffee Organization (ICO) a révisé à la hausse mardi ses perspectives de production en 2011/12 à 128,6 millions de sacs de 60 kilos, contre 127,4 millions précédemment. L’ICO se montre optimiste sur la consommation en 2012 et ce en dépit des turbulences économiques, les pertes éventuelles seront compensées par la consommation des marchés émergents et des pays producteurs.
Les recettes du café au Burundi ont doublé en novembre à $4,8 millions, par rapport à octobre, dopées par des volumes plus importants 1 150,50 kilos contre 461,766 kilos en octobre) selon l’ARFIC. «La demande a été plus forte en novembre, car la plupart des acheteurs en Europe et aux Etats-Unis se préparent à la saison des fêtes”, a estimé l’ARFIC. En revanche, la moyenne des prix à $4,24 le kilo en novembre est en baisse ($5,20 en octobre). Globalement, les recettes devraient chuter à $52,1 millions en 2011/12 contre $82,8 millions en 2010/11 avec la mauvaise récolte. La production devrait tomber à 13 000 tonnes contre 24 000 tonnes en 2010/11.

CAOUTCHOUC Le marché demeure nerveux et volatile. Après avoir essuyé une perte de 4% jeudi, le caoutchouc a gagné 3,9 yens à 270,7 yens le kilo pour le contrat de mai à Tokyo vendredi. Un soutien apporté par de bonnes statistiques de l’économie américaine et par la fermeté des cours du pétrole. Sur le marché physique, la baisse des prix suscite l’intérêt de la Chine et de l’Inde pour reconstituer leur stock.
L’Indonesia Commodity &Derivative Exchange (ICDX) prévoit de lancer un contrat sur le caoutchouc physique. Une décision qui fait suite à des discussions engagées au sein de l’International Tripartite Rubber Council (IRTC) samedi dernier mais le projet reste encore au stade préliminaire, le calendrier et les détails n’étant pas arrêtés. L’ICDX devrait aussi lancer des contrats sur l’oléine de palme et l’étain dans les prochaines semaines.
Au Cameroun, Sud Cameroun Hévéa SA, filiale à 80% du groupe singapourien GMG Global, vient de signer un accord avec le ministère de l’Economie, du plan et du développement régional pour acquérir 45 200 hectares de terre dans le sud du Cameroun pour produire du caoutchouc et de l’huile de palme. Le Cameroun devrait produire cette année 53 462 tonnes de caoutchouc (52 517 tonnes en 2010).

COTON Les cours du coton ont brisé un nouveau support cette semaine, se situant maintenant en dessous de 90 cents la livre. Mercredi, les cours ont touché un plus bas depuis août 2010 à 85,12 cents pour le contrat de mars avec des volumes traités en baisse de 40% par rapport à la moyenne de 30 jours. Depuis le début de l’année, les cours ont perdu plus de 40% de leur valeur. D’une situation de tension sur l’offre, on est passé à une production abondante, stimulée par la hausse des prix du début de l’année, et une demande affaiblie avec une industrie textile qui tourne au ralenti avec la crise économique. Le dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) sur l’offre et la demande du 9 décembre a revu à la baisse sa prévision de la consommation mondiale en 2011/12 de 2,93 millions de balles à 111,34 millions de balles avec une production de 123,42 millions de balles. Les prix du coton pourraient donc chuter encore au moins jusqu’au printemps prochain.
En revanche, la baisse des prix devrait provoquer une baisse des superficies en coton en Chine, estimée à 8,2% selon une étude la China National Cotton Reserves Corp (CNCR).
Au Burkina Faso, la Société nationale des fibres textiles (Sofitex) a annoncé qu’elle réaliserait une production de 320 000 tonnes en 2011/12, contre un objectif affiché de 500 000 tonnes non réalisé en raison de mauvaises conditions pluviométriques mais aussi du mouvement de fronde des cotonculteurs.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont atteint un plus bas de six semaines jeudi à 2 972 ringgits ($930) la tonne pour le contrat de février sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange avec l’assombrissement des perspectives économiques mondiales. Une baisse accentuée par la contraction de l’activité industrielle en Chine en décembre ainsi que la chute des exportations d’huile de palme de la Malaisie sur la première quinzaine de décembre et le mini rally spéculatif des prix la veille alimenté par des craintes que la mousson perturbe les récoltes. «Il n’y avait aucune raison pour que le marché monte, hier » a estimé un trader basé en Malaisie ajoutant que ”Le scénario extérieur est toujours mauvais. Ainsi, toute poussée soudaine vers le haut sera une occasion de vendre.”

RIZ L’intensification de la concurrence entre le Vietnam et l’Inde pour capter une plus grande part du marché du riz disponible en raison de la baisse des exportations thaïlandaises trop chères ont poussé cette semaine les prix vers le bas en Asie. C’est une bonne nouvelle pour les milliards de consommateurs d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique. Le riz thaïlandais 100%B a chuté à $590 la tonne Fob, contre $610 la semaine dernière, le riz vietnamien 5% de brisure a atteint son plus bas depuis plus de 5 mois à $490-495 la tonne Fob ($520-550 la semaine dernière) et le riz indien de base, non basmati, est offert entre $380 et $ 415 la tonne Fob contre $430-$450 la semaine précédente.
L’Inde a autorisé l’expédition de 100 000 tonnes de riz non basmati à destination de la Corne de l’Afrique (Kenya, Somalie, Djibouti) au prix de $390 la tonne. Rappelons que le gouvernement indien a récemment autorisé 2 millions de tonnes de riz non basmati pour l’exportation.

THÉ Le prix moyen du thé aux ventes aux enchères de Mombassa mardi a baissé, à $ 2,88 le kilo contre $2,95 la semaine précédente, alors que l’offre a été plus abondante qu’au cours des précédentes ventes 142 561 paquets ont été offerts ( 132 541 la semaine précédente) et 13,88% sont restés invendus. Les meilleurs BP1 se sont vendus à $ 3,40-2,35 contre $ 3,60-2,30 la semaine précédente et les meilleurs PF1 à $ 3,56-3,10 contre $3,55-3,02. Les acheteurs du Pakistan étaient les plus actifs tandis que ceux d’Egypte et d’Afghanistan étaient moins présents.

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