17 mai 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

“Le marché du coton va rester relativement stable”, selon Thierry Devilder, président de Devcot

(17/05/2013)

CACAO. L’arrivée à échéance du terme Mai sur le Liffe à Londres mercredi a conduit le cacao à la baisse de £ 14 la tonne, à £ 1 552. Si le marché demeure soutenu par la perspective d’un déficit cette campagne 2012/13, même modeste, les prix ne parviennent tout de même pas à grimper car les stocks sont à des niveaux très élevés.
En Côte d’Ivoire, la petitesse des fèves de cacao de la récolte intermédiaire actuellement en cours pose un réel problème. En effet, rappelons que la Caisse café cacao (CCC) avait établi un standard minimum de 120 fèves aux 100 gr pour les fèves exportées d’avril à septembre, mais les exportateurs se plaignent que ces standards ne sont pas respectés. Certains ne peuvent donc plus, tout simplement, travailler ce qui, par voie de conséquence, mettrait en difficultés certaines coopératives qui les approvisionnent en cacao, obligeant ces dernières à fermer.
En revanche, les industries de transformation de fèves en Côte d’Ivoire sont autorisées à acheter des fèves d’une taille maximum de 140 aux 100 gr. Actuellement, ce sont elles qui achèteraient le gros du cacao qui arrive aux ports. Mais ces volumes demeurent relativement peu importants et comme l’export est ralenti du fait de la petitesse des fèves, les prix d’achat du cacao sont en baisse, faisant fi du prix minimum garanti de FCFA 700 le kilo fixé par la CCC.
Les planteurs, quant à eux, préfèrent stocker leur cacao plutôt que le vendre à des prix si faibles. Ou alors, ils vendent à quelque FCFA 500, violant ainsi les règles de la CCC. Cette dernière prend d’ailleurs des mesures afin que son règlement soit respecté. Le 27 avril, un acheteur a été arrêté pour avoir accepté de trop petites fèves à vil prix.
Ceci dit, cette récolte intermédiaire se confirme comme devant être record, avec une météorologie actuellement très favorable : les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro s’élèveraient à 23 000 t contre 15 000 t la campagne dernière. Au total, depuis le démarrage de la campagne 2012/13 en octobre jusqu’en mai, les arrivages en Cote d’Ivoire ont atteint 1 125 000 t contre 1 118 000 t sur la même période en 2011/12.
A noter que des sacs de cacao stockés dans des entrepôts certifiés à Anvers ont été refusés pour honorer des contrats sur la position Mai qui a expiré mercredi car ils étaient endommagés par l’eau.

CAFE Les prix de l’Arabica, cette semaine encore, se sont trouvés plafonnés par l’importante récolte qui se dessine au Brésil (le ministre de l’Agriculture l’estime à 48,6 millions de sacs de 60 kg en 2013/14) mais une impulsion haussière se fait sentir avec les craintes de gelées dans les zones de production du premier producteur mondial. Des craintes que certains, comme Kona Haque, analyste chez Macquarie Bank, balaie d’un revers de main.
Côté Robusta, en Indonésie, les torréfacteurs se sont pressés à couvrir leurs besoins alors que le café était en nette prime, car de fortes pluies ont fait craindre pour l’approvisionnement à venir.
Une production indonésienne qui n’augmenterait que faiblement la prochaine campagne 2013/14 mais la consommation nationale ferait un bond d’un tiers car on constate un réel engouement pour cette boisson de la part des jeunes. Ceci risque de réduire considérablement les volumes de café disponibles à l’export. Le deuxième producteur de Robusta derrière le Vietnam consommerait 4,1 millions de sacs de 60 kg en 2013/14, soit plus du tiers de sa production nationale.

CAOUTCHOUC Le caoutchouc est en chute libre cette semaine, après avoir bondi de 6,2%, à un plus haut de deux mois vendredi avec le yen au centre de cette variation. Jeudi sur le marché à terme de Tokyo, le caoutchouc a étendu ses pertes, clôturant à 282,3 yens ($2,76) le kilo pour le contrat d’octobre sous le renforcement du yen face au dollar et la faiblesse des prix du pétrole.

CEREALES. La récolte en Tunisie devrait baisser à 1,5 million de tonnes cette année contre 2,2 millions l’année dernière et 1,7 Mt sur la dernière décennie, selon le ministre de l’Agriculture, soit une chute de 30%. Ceci serait lié au manque de pluies. La récolte démarrerait en juin.

COTON L’appréciation du dollar, à un plus haut de six semaines, a fait glisser, mercredi, les cours du coton, comme la plupart des autres matières premières, le contrat de juillet clôturant à 86,45 cents la livre. Alors que le dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA), sur l’offre et la demande de coton, publié le 10 mai, était plutôt baissier avec des stocks mondiaux en hausse de près de 10% en 2013/2014 (92,74 millions de balles) après le record atteint en 2012/13 et que les importations chinoises ont reculé de 18,5% à 430 000 tonnes en avril par rapport à mars, les cours se sont maintenus. « Mais tant qu’on a les 2/3 du stock mondial est en Chine, et qui apparemment va y rester, et des prix de soutien au producteur en Chine toujours proches des 130 cents, le marché va rester relativement stable . A priori, on aura toujours le même scénario avec la Chine qui va continuer à soutenir ses producteurs, qui va maintenir un prix de coton chinois cher et continuer à importer 2 ou 3 Mt de coton » estime Thierry Devilder, président de Devcot, à l’occasion de la sortie du Rapport Cyclope sur les matières premières. Ajoutant, _« Je suis relativement neutre pour un maintien à un prix relativement élevé compte tenu des fondamentaux plutôt baissiers. Si on regarde le marché mondial, il y a effectivement des stocks pléthoriques mais si on regarde hors Chine, les stocks sont relativement tendus ». Aux Etats-Unis, premier exportateur mondial, les stocks ne seraient que de 3 millions de balles en 2013/14, en dessous de la moyenne des 10 dernières années et représentant 4 millions de balles de moins qu’en 2012/13. Hors Chine, les stocks de clôture chuteraient à leur plus bas niveau depuis 1994/95 à 36,1 millions de balles.

HUILE DE PALME. Après trois séances consécutives de baisse cette semaine, les cours de l’huile de palme se sont légèrement redressés jeudi, les investisseurs ayant le sentiment que les exportations pourraient se redresser dans la deuxième quinzaine de mai. En outre, la production du second producteur mondial, la Malaisie, pourrait ralentir ce mois-ci, allégeant ainsi les stocks qui sont tombés sous la barre psychologique des 2 millions de tonnes (Mt) à 1,93 Mt à a fin avril. La Malaisie a annoncé mercredi qu’elle laisserait inchangée sa taxe sur les exportations à 4,5% pour le mois de juin.

RIZ La politique d’achat du gouvernement combiné à un bath fort entravent les exportations de riz thaïlandais. Les exportateurs ont d’ailleurs revu à la baisse leurs prévisions d’exportations pour 2013 à 6 millions de tonnes contre 6,5 Mt. En 2012, la Thaïlande avait exporté 6,9 Mt bien en dessous du niveau de 2011 (10,6 Mt). «Il n’y a pas de nouveau facteur positif susceptible de stimuler les exportations depuis que le gouvernement poursuit le programme d’achat,” a indiqué Chookiat Ophaswongse, président d’honneur de l’Association des exportateurs de riz thaïlandais, ajoutant ”En revanche, un baht fort est un facteur négatif supplémentaire.” Le gouvernement achète la tonne de riz aux producteurs à 15 000 baths, poussant les prix à l’exportation à environ $170 la tonne au-dessus des autres origines. Le Thaï 5% de brisure se situait à $545 la tonne mercredi, en baisse par rapport aux $555 la semaine dernière. Cela reste toutefois bien au-dessus des mêmes grades de l’Inde ou du Pakistan, offerts respectivement à $450 et $440 la tonne. Quant au Vietnam, les prix sont tombés à leur plus bas niveau depuis 2 ans avec en toile de fons les perspectives d’une offre en augmentation face à une demande faible. Le Viet 5% de brisure est tombé à $375-$376 la tonne mercredi contre $380-$383 la tonne la semaine précédente. ”Les stocks sont élevés dans les pays producteurs, et il y a une pression sur les prix de la prochaine récolte d’été automne”, souligne un trader à Ho Chi Minh-Ville

SUCRE. Le sucre roux sur le marché à terme de New York a chuté hier, jeudi, à son plus faible niveau de prix depuis trois ans, à 16,89 cents la livre, la récolte de canne à sucre battant son plein au Brésil, premier exportateur mondial. En outre, un excédent sucrier important au Mexique pèse sur les cours.
En Afrique du Sud, la société agroalimentaire Tongaat se porte bien, estimant que l’ensemble de ses revenus sur l’exercice écoulé devrait croitre de 14% notamment grâce à une hausse de 9% de sa production sucrière à 1,25 Mt. Une hausse significative a, en effet, été notée au Zimbabwe notamment.
Bruxelles a autorisé l’importation de 40 00 t de sucre roux à raffiner au tarif minimum d’importation de 141 euros la tonne. Il a aussi été autorisé ‘importation de 116 121 t de sucre blanc au tarif de 161 euros.

THÉ Le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a baissé par rapport à la semaine précédente, à $3,26 le kilo contre $3,31 pour un Broken Pekoe Ones. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1) se sont vendues en moyenne à $ 3,02 -$3,50 contre $ 3,00-3,62 précédemment, selon le rapport de marché d’Africa Tea Brokers (ATB) et le Best Pekoe Fanning Ones (PF1) à $2,96-3,39 le kilo contre $22,76-334,.
 Ont été offerts à la vente 149 712 paquets dont 15,67% sont demeurés invendus, contre 151 736 paquets et 14,95% invendus aux ventes précédentes. 
Les acheteurs de l’Afghanistan ont été les plus actifs, suivis par ceux du Pakistan, du Yémen et d’autres pays du Moyen-Orient.

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