17 juillet 2009 - 11:07 |

Région du Sahel : comment faire face aux défis climatiques?

Des pertes de maïs prévisibles d’ici 2050


(16/07/09) Les producteurs des six pays africains que sont le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, le Niger, le Sénégal et la Sierra Leone, seront probablement incapables de produire du maïs d’ici à 2050 selon un groupe de chercheurs dans une synthèse réalisée par Bandé Mousa Sissoko et publiée sur le Réseau Sciences et Développement (SciDevNet).
S’appuyant sur les données climatiques existantes ainsi que sur le rapport publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les chercheurs ont conclu que d’ici 2050 l’Afrique pourrait connaître des campagnes plus arides que dans la plupart des autres pays, même si les émissions de carbone sont drastiquement réduites.
La recherche, publiée en juin dans Global Environmental Change, compare les conditions climatiques actuelles avec les changements prévus et souligne que nombreux seront les pays qui connaîtront les mêmes désagréments que dans les pays touchés actuellement. Par exemple, le Lesotho, qui possède l’un des climats les plus tempérés du continent, pourrait se tourner vers la production de certaines variétés de maïs jusque-là cultivées uniquement au Mali, l’un des pays les plus chauds d’Afrique.
Cependant, six des pays les plus chauds d’Afrique, dont la plupart sont situés dans la région du Sahel, ne pourront facilement se réorienter car peu nombreux sont les pays qui expérimentent actuellement de telles chaleurs. En outre, les chercheurs estiment que ces pays pourraient par conséquent avoir besoin de plus de productions supportant la chaleur et la sécheresse, comme le sorgho ou le millet.
David Lobell, l’un des auteurs de ce rapport et principal chercheur responsable du Programme sur la sécurité alimentaire et l’environnement dont le siège américain est situé à l’université de Stanford, a déclaré à SciDev.Net que ces pays devront travailler main dans la main afin d’augmenter les semences pour assurer de meilleures capacités productives.
Il suggère que le Mali, par exemple, devrait diversifier sa production et s’essayer au sorgho ou au millet, et éviter de dépendre des autres pays en ce qui concerne les semences. Les producteurs devraient, selon lui, suivre une formation sur es avantages du sorgho et du millet et le Mali devrait partager ses ressources génétiques avec d’autres pays.
Cependant, des années de négligence sur les banques génétiques de cultures signifie qu’aujourd’hui les producteurs n’ont pas accès à toutes les variétés de cultures de base africaines, comme le maïs, le millet et le sorgho, qui représenteront une alternative importante lors des changements climatiques, ont mis en évidence les chercheurs.
«Les banques génétiques issues des différentes régions susceptibles de produire le plus grand panel de cultures variées sont incomplètes, voire inexistantes», a déploré Luigi Guarino, le coordinateur scientifique et co-auteur du rapport. Il a suggéré l’utilisation d’outils plus modernes pour la collecte génétique en Afrique, et parvenir à long terme à la production de meilleures variétés de cultures.
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