17 septembre 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Symphonie à la hausse

(17/09/10)

Bois. On semble être entré dans une période de calme relatif sur les marchés des bois tropicaux. D’une part, les marchés des grumes d’Afrique centrale et de l’ouest sont demeurés stables ces deux dernières semaines grâce à une offre et demande bien équilibrée, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) dans sa dernière revue de marché. Les prix sont fermes et les récentes hausses semblent avoir été acceptées par les acheteurs. Les grumes de sipo et de sapelli sont particulièrement demandées sur les marchés européens et asiatiques.
D’autre part, après l’effervescence à l’achat de grumes en début d’année suscitée par la mesure gabonaise mise en œuvre en mai et interdisant l’exportation de grumes, le marché semble avoir retrouvé son calme : la demande en grumes est satisfaite par une offre provenant du Cameroun et du Congo Brazzaville.
Côté sciages, la demande est également stable et les prix se maintiennent à un niveau ferme, avec quelques ajustements sur certaines essences. Les carnets de commande même du 4ème trimestre sont bien remplis. Toutefois, les analystes demeurent prudents, estimant la visibilité sur la fin de l’année et les premiers mois de 2011 très faible eu égard à la conjoncture économique mondiale incertaine. Une méfiance que ne semble pas partager les exportateurs ouest-africains qui estiment que cette stabilité du marché devrait perdurer en 2011. En effet, si l’activité du BTP en Espagne et au Portugal demeure faible, les autres pays européens enregistrent des croissances économiques relativement bonnes. Plusieurs importantes entreprises forestières exportent actuellement près de 80% de leur production totale de sciages et de placages : la production de sciages est en hausse tout comme les investissements réalisés par ces entreprises dans leurs outils industriels de transformation.
La filière ouest-africaine est également sereine face à l’hypothèse d’une envolée de la demande européenne car, face à ses concurrents asiatiques, elle joue la carte de la proximité géographique et donc de coûts de transport moindres. Ce qui lui donne un net avantage comparatif, avantage renforcé par le fait que les prix des bois asiatiques ont grimpé ces derniers mois alors que ceux d’Afrique de l’ouest et centrale sont demeurés plus stables.
Au Ghana, les exportations de bois, bruts et transformés, au premier semestre ont totalisé 201 780 m3 générant 68,7 millions d’euros, en hausse de 0,6% seulement en volume mais de 8,6% en valeur par rapport au premier semestre 2009.

Cacao. Les cours du cacao sur le marché à terme de Londres sont repartis à la hausse en cette fin de semaine, gagnant £ 100 la tonne, après être tombés à £ 1820 en début de semaine. On est loin des £ 2460 atteints vers la mi-juillet mais, souligne un trader, ils devraient continuer à se ressaisir avec un premier cap envisagé à £ 2060. « Nous sommes au milieu du rebond et le marché devrait continuer à monter jusqu’à l’arrivée de la nouvelle récolte », souligne-t-il.
La position septembre a expiré mercredi sur le NYSE Liffe avec un total de seulement 29 910 t livrées, soit une forte baisse par rapport au total de 240 100 t livrées à l’expiration du précédent terme, à la mi-juillet : cela avait été le plus important tonnage depuis 14 ans ! Sur septembre, on a donc été loin des craintes de pénurie de produits physiques qui avaient alimenté la hausse des cours. Selon Olam International, la prochaine récolte serait record. La principale est estimée atteindre 900 000 à 1 Mt en Côte d’Ivoire, numéro un mondial. Sur septembre, le plus important vendeur a été BNP Paribas Commodity Futures (25 730 t) et Newedge Group SA (3,730 tonnes). Newedge a été le principal acheteur (29,300 t).
En Côte d’Ivoire, les prix au planteur ont baissé la semaine dernière, à FCFA 950 le kilo contre FCFA 980 à 1010 la semaine précédente, car tous les regards sont maintenant tournés vers la nouvelle récolte. En outre, les fèves proposées avaient une trop forte teneur en humidité.
Au Cameroun, cinquième producteur mondial, les prix ne cessent de baisser depuis l’ouverture en août de la nouvelle campagne. La qualité des fèves camerounaises récoltées est plutôt bonne mais des pluies incessantes dans le Sud-ouest du pays rendent leur transport par camion difficile. Rappelons que le Cameroun a produit 197 000 t de cacao en 2009/10 contre 205 000 t la campagne précédente : la moitié de la production provient du Sud-ouest.
A noter que les exportations du Nigeria de septembre 2009 au 30 juin 2010 ont totalisé 200 259 t contre 140 430 t sur la période correspondante la campagne précédente.

Café. Cette semaine encore, les prix sur le marché à terme du café Arabica à New York ont oscillé entre 189 et 197 cents la livre, sans raisons apparentes. « Tout le monde s’attend à ce que l’on passe au-dessus des 200 cents. Du coup, cela refroidit les ardeurs pour arbitrer du café », souligne un trader. De toute façon, seul le Brésil est à des différentiels attractifs.
Sur le marché du Robusta, Londres est bien remonté, mais avec peu d’offres attractives côté vendeur. « D’une façon générale, on reste sur une activité “hand to mouth”, mais plus soutenue que ces dernières semaines », poursuit-il.
Sur le marché du physique , le café de Colombie à baissé de 15 cents en une semaine : les problèmes internes sont résolus, mais des pluies sans discontinues inquiètent le marché quand à la récolte et sa disponibilité.
Globalement, « la visibilité reste faible et les risquent trop importants pour générer des affaires », conclut-il. Ces quinze prochains jours, on devrait voir qui a raison entre les fonds ou le marché physique.

Caoutchouc. Ces derniers jours, la Chine a été à la recherche de caoutchouc pour une livraison rapprochée afin de renflouer ses stocks tombés à 25 220 t la semaine dernière, soit 600 t de moins que la semaine précédente. Parallèlement, les fabricants de pneumatiques veulent s’approvisionner avant que les cours ne remontent davantage.
En effet, l’offre des pays producteurs d’Asie du Sud-Est est étroite. La Chine a acheté du SMR20 de Malaisie à $ 3,41 le kilo mercredi, tandis que le numéro un japonais du pneu, Bridgestone, s’est positionné sur du RSS3 de Thaïlande à $ 3,48 le kilo. Le numéro un américain du pneu Goodyear Tire & Rubber et le français Michelin ont aussi été actifs.
A noter que les ventes au détail de voitures en Chine a fait un bond de 59,3% en août par rapport à août 2009, à 977 300 unités vendues. La politique de Pékin de subventionner l’achat de voitures à faible consommation énergétique semble porter ses fruits car les ventes les mois précédents avaient été plutôt timorées.

Céréales. Contrairement à la tendance mondiale, les prix des céréales dans les pays du Sahel sont globalement à la baisse, souligne Afrique Verte dans son dernier rapport de marché. En septembre, le prix du mil à Ouagadougou et à Bamako est en baisse de 3% par rapport au mois d’août et de 11% à Niamey. Par rapport à septembre 2009, ils sont en baisse respectivement de 6% à Ouagadougou et jusqu’à –20% à Bamako, mais sont demeurés stables à Niamey.
Au Niger, début septembre, les prix du mil et du sorgho se sont contractés tandis que le maïs est resté stable ; le riz a accusé une légère hausse. Au Mali, durant cette période de soudure, la tendance générale est à la baisse pour les céréales sèches car la campagne agricole s’annonce plutôt bonne, ce qui incite à écluser les stocks. A noter que la période est favorable à la production laitière, réduisant un peu les demandes sur le marché des céréales qui est marqué par l’arrivée à maturité de certaines spéculations (maïs frais, tubercules et légumineuses), selon Afrique verte.
Dans l’ensemble des trois pays, début septembre, la situation alimentaire connaît une nette amélioration par rapport au mois d’août grâce aux multiples interventions de l’Etat et des bailleurs, ainsi qu’en raison du début de maturité du mil et du niébé. Sur les marchés, la situation se caractérise par une baisse des prix des céréales locales. Ceci s’explique par l’intensification de la distribution de vivres et la poursuite de la vente à prix modérés par différents acteurs.
Côté marché mondial, entre le 1er juillet et le 15 septembre 2010, sur un total de 2,9 Mt de blé toutes destinations confondues, la France a exporté 71 600 t vers la Côte d’Ivoire, 32 450 t vers la Libye, 43 081 t vers la Mauritanie, 210 932 t vers le Maroc, 19 600 t vers le Nigeria, 57 225 t vers le Sénégal et 7 100 t vers le Togo, selon les données de Reuters.

Coton. La fibre de coton s’est étirée jeudi à son plus haut en 15 ans sur le marché à terme de New York sur des achats à la fois des fonds d’investissement et des filatures. Le négoce s’attend à ce que ces prochains jours, le seuil hautement symbolique du dollar la livre soit atteint : il ne l’a été qu’une fois jusqu’à maintenant, en 1995. Hier à New York, le coton a encore pris 2,14 cents pour terminer à 95,76 cents. Les raisons ? « Essentiellement, la « spec » et des achats de fonds », selon Keith Brown, président de la firme de négoce Keith Brown and Co. à Moultrie, en Géorgie, aux Etats-Unis.
Dans les pays producteurs, le Mali a réduit ses estimations de production de coton sur la campagne 2010/11 à 300 000 t contre les 360 000 t avancées précédemment, car il n’a pas assez plu. En 2009/10, la production n’avait été que de 230 000 t.

Riz. La demande en riz sur le marché mondial se dynamise alors que l’offre des principaux pays producteurs sera limité, ce qui devrait conforter les cours dans leur actuelle tendance haussière. Le Thai100B a pris 2% cette semaine par rapport à la précédente, à $ 490 la tonne. Le Vietnam, deuxième exportateur mondial, n’a guère de disponibilités car la plupart de ses volumes sont déjà vendues et prêts à être livrés ou alors ils sont destinés au marché local. Ses exportations cette année pourraient excéder l’objectif des 6 Mt et atteindre 6,4-6,5 Mt.

Sucre. Le sucre ne cesse de grimper ! Cette semaine encore, le sucre roux a grimpé sur le marché à terme de New York à son plus haut en sept mois sur des achats de fonds d’investissement, une bonne demande physique, les inondations au Pakistan et la sécheresse en Russie cet été, sans oublier, phénomène majeur, la crainte de l’impact qu’aura la sécheresse sur les rendements chez le numéro un mondial, le Brésil. A Londres, le sucre blanc n’a pas été en reste, l’échéance décembre grimpant de $ 15 la tonne, à $ 608,20. Et selon les analystes, la hausse pourrait se poursuivre, éventuellement jusqu’à 25 cents. A noter toutefois que l’Inde, premier consommateur mondial et deuxième producteur, a revu à la hausse ses prévisions d’exportation qui pourraient atteindre 3,5 Mt en 2010/11 grâce aux bonnes pluies récemment.

Thé. Au Kenya, premier producteur mondial de thé noir, le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa cette semaine a été de $ 3,47 le kilo contre $ 3,41 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1s) se sont vendus à $3,92-$3,02 le kilo contre $3,7-$3,12 selon l’Africa Tea Brokers (ATB).

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