18 février 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le cacao entreposé sera taxé en Côte d’Ivoire

(18/02/2011)

A l’ouverture des marchés asiatiques, le cours de l’once d’or a grimpé à son niveau le plus élevé en cinq semaines, à $ 1 384,94 sur le marché spot de Singapour, enregistrant sa meilleure performance hebdomadaire depuis début janvier. En effet, face aux prix des produits alimentaires et du pétrole qui flambent ($ 103 le baril de Brent à Londres), à l’annonce aux Etats-Unis de la plus forte augmentation des prix à la consommation depuis un an, mais aussi face à l’actualité avec notamment la flambée de violences à Bahrein, les investisseurs se tournent vers le métal précieux, à la fois valeur refuge et couverture traditionnelle contre l’inflation.
Au G20 qui se tient à Paris aujourd’hui et demain, la France fera part de son inquiétude face à l’envolée de ces prix alimentaires qui pourraient entrainer des violences comme en 2008, comme le ministre français de l’Agriculture l’a souligné, le FMI mettant aussi en garde contre la poussée inflationniste
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Cacao. Alors qu’un nombre croissant de banques suspendent leurs opérations avec la Côte d’Ivoire et que l’incertitude persiste autour de l’interdiction à l’export, la tonne de cacao à Londres s’inscrit à des niveaux qui rivalisent ceux du début d’année dernière lorsqu’ils étaient au zénith. En outre, le Comité de gestion de la filière café-cacao a annoncé taxer le cacao stocké et non exporté. Ces sommes seraient recouvrées d’ici le 31 mars. Face à cela, les exportateurs ne sauraient plus que faire. Quant à l’interdiction d’exporter émanant d’Alassane Ouattara, elle doit arriver à expiration le 23 février, soit mercredi prochain, mais personne ne sait si elle sera reconduite ou non.
Selon Gilbert Anoh, président du comité de gestion, il resterait environ 300 000 t de cacao en brousse de la campagne 2010/11, dont la récolte intermédiaire, selon ses calculs.

Café. A New York, l’Arabica est au plus haut en 14 ans, entrainé par la pénurie de grains de qualité et par la spéculation. ”Le scénario reste le même”,souligne un trader. ”_Les cours montent régulièrement en Arabica suivi de loin par le Robusta, l’écart continue à grandir entre les deux types de café. Il n’y a pas la moindre possibilité d’arrêter cette hausse qui finit par s’auto-alimenter. Or, plus le marché monte, moins il y a d’affaires, moins les négociants prennent de risques, d’où le manque de vendeurs.”
Sur le marché du physique, le café de Colombie sur le rapproché continue à baisser pour atteindre +18 en prix FOB, avec un intérêt soutenu de la part des acheteurs. Sur les autres cafés, la situation est beaucoup plus calme. En Robusta, les défauts de chargeurs vietnamiens s’accumulent, alimentés par la hausse régulière des cours. Mais cela n’influe pas sur l’offre.
Côté consommation, les annonces de hausses de tarifs des torréfacteurs commencent à inquiéter et on note quelques signes de baisse de la consommation. « Seuls les producteurs se frottent les mains et tant mieux. Les temps sont durs pour les autres acteurs du marché. Le manque de visibilité et les problèmes de lignes de crédit deviennent tels qu’ils favorisent la “wait and see attitude” », déclare-t-il.
A noter que la récolte 2011/12au Brésil pourrait atteindre 47,5 millions de sacs de 60kilos (Ms), selon l’exportateur Comexim, soit des volumes bien supérieurs aux 41,9-44,7 Ms estimés par le gouvernement.

Céréales. Les prix des céréales européennes continuent à grimper sur une forte demande émanant d’Afrique du Nord, a souligné hier le céréalier allemand Toepfer International. Depuis le début de février, la tonne de blé à Paris a déjà gagné 10 euros.
Pour ce mois de février, Afrique Verte a noté de légères variations du prix du mil dans les 3 pays du Sahel, mais les céréales sèches sont globalement stables. Les cours restent inférieurs à ceux de février 2010. Le prix du mil en février accuse une hausse de 6% à Ouagadougou, de 3% à Niamey mais est en baisse de 13% à Bamako par rapport au mois de janvier. En revanche, par rapport à février 2010, les prix ont diminué dans les trois capitales : – 12% à Ouagadougou, – 9% à Niamey et jusqu’à -21% à Bamako.
Au Niger, la tendance générale des prix des céréales est à la hausse pour le riz et à la stabilité pour les céréales sèches. Les hausses les plus importantes ont été observées sur les marchés de Tillabéry (+21% pour le mil, +12% pour le riz) et de Maradi (+13%) pour le sorgho. Par rapport au début du mois de février 2010, ces prix sont en baisse pour toutes les céréales sèches et sur tous les marchés. Pour le riz, il est en hausse sur tous les marchés (4% à Zinder e 39% à Agadez).
Au Mali, les principales zones de production de céréales sèches (Ségou, Sikasso et Mopti) sont marquées par des mouvements de hausse suite aux achats institutionnels et aux ventes d’autres produits agricoles (coton, sésame) en cours. En revanche, les zones déficitaires ou de consommation(Kayes, Bamako, Tombouctou et Gao) observent une certaine stabilité en raison du bon niveau d’approvisionnement actuel des marchés contre une faiblesse de la demande.
Au Burkina Faso, la tendance des prix est à la hausse avec des amplitudes variant d’une région à l’autre. La hausse la plus importante est de +11,5% pour le mil local sur le marché de Pouytenga dans le Centre Est.

Caoutchouc. Le prix du caoutchouc s’étire toujours sur la place boursière de Tokyo, le contrat sur juillet s’inscrivant à 530,4 yens le kilo, soit un tout petit peu en dessous de son record la veille à 530,6 yens. La demande continue à être soutenue, mais surtout la hausse du pétrole rend le caoutchouc synthétique plus onéreux, donnant de la marge de manœuvre au naturel.

Coton. Sur le marché à terme de New York hier, le coton a atteint sa limite de hausse sur une séance, gagnant 7 cent, inscrivant encore un nouveau record de prix.
Cependant, les perspectives sont impressionnantes. L’Indice A Cotlook est de 3551,45 euros la tonne pour un Middling 1.3/32 de la récolte 2010/11 embarquement avril/août 2011 mais chute à 2503,99 euros sur la prochaine récolte 2011/12 pour un embarquement décembre 2011/février 2012. Pour le coton d’Afrique de l’Ouest, ces prix sont respectivement de l’ordre de 3566,85 euros la tonne et de 2473,36 euros.

Huile de palme. Les opérateurs sur le marché mondial des oléagineux sont en attente des décisions chinoises quant à la modification de ses taxes d’importation sur les produits alimentaires. En conséquence, à l’instar des autres marchés oléagineux, l’huile de palme a renversé sa tendance précédente et s’est inscrite en baisse aujourd’hui sur le marché de Kuala Lumpur. Sur l’échéance mai, le contrat de référence cotait 3 715 ringitt ($ 1 219) la tonne contre un pic de 3 967 ringitt atteint le 10 février dernier et qui n’avait plus été enregistré depuis mai 2008. Il est question que la Chine baisse ses taxes à l’importation d’huile de soja des 9% actuellement à 5% et celles sur les graines de soja de 3% à 1%. Mais le tarif appliqué à l’huile de palme demeurerait à 9%. Rappelons que sur une production mondiale d’huile de palme de 45 millions de tonnes, la Chine en achète environ 7 millions.

Sucre. Les exportations australiennes de sucre roux chuteraient d’un tiers en 2011/12 suite au cyclone dévastateur qui s’est abattu au début de ce mois sur le nord de l’Etat de Queensland d’où provient environ 90% du sucre australien exporté.

Thé. Les acheteurs égyptiens ont été très présents aux ventes aux enchères de thé à Mombassa, mardi dernier, avec des achats excédant de 12% ceux de la semaine précédente. Toutefois, les acheteurs du Pakistan ont été moins dynamiques. Aussi, les prix sont-ils demeurés relativement stables avec les Best Pekoe Fanning Ones s’échangeant aux alentours des $ 3,50-3,86 le kilo, inchangés, et les Best BP1 à $ 3,43-3,78 contre $ 3,36-3,76 aux ventes précédentes.
Notons que la production indienne, numéro eux mondial derrière la Chine, a vu sa production de thé glissé de 1,3% en 2010, à 966 000 t, notamment suite à une attaque de l’insecte helopeltis dans l’Etat d’Assam au milieu de l’année dernière.

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