18 avril 2014 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les importations de riz en Afrique demeurent importantes

(18/04/2014) Comme de tradition, les marchés à terme occidentaux sont fermés ce Vendredi Saint et le demeureront lundi prochain pour Pâques.

CACAO. Le cacao a terminé hier soir au dessus de la barre des $ 3 000 la tonne, stimulé par l’annonce, mercredi, d’une hausse de 3,7% des broyages de fèves en Asie au premier trimestre, à 159 617 t. Une hausse relativement conforme aux attentes des opérateurs sur le marché à terme. En Malaisie, en revanche, les broyages ont chuté de 13,6% sur ce premier trimestre, à 62 359 t, a annoncé mardi le Malaysia Cocoa Board.
C’était au tour, hier, de l’Amérique du Nord d’annoncer ses chiffres, l’Europe ayant, rappelons-le, publié les siens (0,4%, à 340 735 t) la semaine dernière. Des broyages américains en hausse pour le sixième trimestre consécutif, mais de seulement 1,3% par rapport aux trois premiers mois de 2013, à 129 007 t), a annoncé l’Association nationale des confiseurs (National Confectioners Association, NCA). Les broyages asiatiques dépassent donc nettement ceux d’Amérique du Nord. S’agissant de ces derniers, c’est la croissance la plus faible en un an et demi. Mais le marché n’a pas été pris par surprise car les estimations qui circulaient étaient voisines, bien que très légèrement supérieures, à 1,2%. A noter que le chiffre du premier trimestre 2013 a été révisée à la hausse de 1 800 t, à 127 692 t. Par rapport au chiffre initial (125 887 t), la hausse début 2014 aurait été de 2,5%.
Un marché qui semble pousser un soupir de soulagement par l’annonce d’ADM qui, en définitive, ne vendra pas sa division cacao à Cargill (voir :CommodAfrica). Soulagement dans la filière, car si la transaction s’était réalisée, un géant du cacao ADM-Cargill serait né, de taille, certes, à rivaliser avec Barry Callebaut mais faisant plus que jamais de ce marché une plateforme de géants. Une situation qui aurait laminé tout pouvoir de négociations des négociants, broyeurs, confiseurs et autres intervenants de taille moyenne, confie à Reuters Julio Sera, consultant risk management chez INTL FCStone à Miami. Reste à ADM à trouver un acheteur pour ses opérations chocolat.
Côté pays de production, depuis un mois, le prix au planteur baisse dans les trois plus grandes zones de culture au Cameroun mais il a bien augmenté dans l’Est du pays. Les acheteurs sont rares car la campagne intermédiaire n’a pas véritablement commencé; elle s’échelonne habituellement entre avril ou mai jusqu’en juillet. Rappelons que les régions centrales et du sud-ouest représentent chacune 4% de la production nationale, le Sud 15% et l’Est 5% seulement.
En Côte d’Ivoire, Cargill entend acheter 100 000 t de cacao certifié cette campagne, en légère hausse par rapport aux 95 000 t en 2013, a annoncé hier le directeur général Afrique de l’Ouest, Lionel Soulard. D’ores et déjà, 90 000 t ont été achetées et, par conséquent, les 100 000 t sont vraiment à portée de main. Cargill entend verser en une seule fois une prime de $ 20 millions aux coopératives pour ces fèves certifiées, une somme relativement similaire que l’année dernière.

CAFE. Ce sont les montagnes russes ! Après la chute, mercredi, de 3,2% sur le marché à terme de New York, l’Arabica s’est redressé jeudi et a terminé la séance en hausse de 8% avec, pour toile de fond, des opérations de couverture à court terme et beaucoup d’incertitudes quant à l’ampleur de l’impact que la sécheresse de début d’année aura sur la récolte brésilienne. Mais ce n’est pas seulement la spéculation qui a soutenu les cours mais aussi des achats d’industriels tant d’Arabica que de Robusta. Un Robusta qui a gagné $ 54 sur l’échéance juillet à la clôture hier.
Selon le rapport de marché de l’américain Wolthers Douque, la région de Minas du Sud accuserait une baisse de 35% de sa production. D’autres ont avancé des estimations de 25% dans les Etats de Espirito Santo et Sao Paulo, de 20% dans Zona de Mata et de 15% à Parana. Selon la plus importante coopérative au monde, Cooxupe, le démarrage de la récolte dans l’Etat de Minas Gerais laisse penser que la perte dépassera les 30%, estimation qu’avait avancée le Conseil national du café du Brésil. Ceci devrait encore pousser à la hausse les prix du café, notamment de l’Arabica qui a déjà quasiment doublé depuis le début de l’année. Rappelons que le 4 avril, le Conseil national du café du Brésil avait estimé la récolte entre 40,1 et 43,3 millions de sacs de 60 kilos. Ce serait la plus faible récolte en cinq ans. Selon l’exportateur Comexim, les stocks privés et publics au Brésil pourraient baisser à environ 11,5 Ms d’ici le 1er juillet, soit 18% de moins que les stocks de fin de campagne l’année dernière.
Au Kenya, le prix maximum du café de référence a été vendue à $ 390 le sac, en hausse de $ 1 sur la précédente vente du Nairobi Coffee Exchange. Le grade AA s’est vendu entre $ 137 et 390 le sac de 50 kg et l’AB à $ 108-325 le sac. Quelque 22 696 sacs ont été mis en vente, pour un total de $ 6,6 millions, le prix moyen par sac s’établissant à $ 238,22.

HUILE DE PALME Un certain vent d’optimisme a régné sur le marché de l’huile de palme cette semaine. En quatre jours les cours ont gagné 120 ringgits à partir d’un bas de 2 648 ringgits. Si jeudi les investisseurs ont pris leur bénéfice, la perspective du mois du Ramadan fin juin puis la fête de l’Aïd-el-Kébir fin juillet, de bons chiffres à l’exportation de la Malaisie sur la première quinzaine d’avril ont soutenu les cours.
En outre, s’ajoutent les craintes d’un retour possible du phénomène El Nino qui pourrait affecter la production en Indonésie et en Malaisie. Cette tendance pourrait se maintenir et même pousser les prix au dessus de 3 000 ringgits la tonne.
Les importations d’huile de palme en Indeon progressé de 35% en mars par rapport à février, après deux mois consécutif de baisse à 545 875 tonnes.

RIZ Les prix du riz asiatique sont restés stables cette semaine avec des stocks importants au Vietnam et un commerce ralenti avec le festival Songkran en Thaïlande marquant une semaine de vacances.
Le retour en force de la Thaïlande sur le marché mondial du riz a provoqué une baisse des prix du riz sur le mois de mars, souligne Patricio Mendez del Villar dans son rapport mensuel, Osiriz. Par rapport à 2013, les exportations thaïlandaises ont progressé de 40% sur le premier trimestre 2014. Avec l’arrivée de la nouvelle récolte les prix sont aussi en recul au Vietnam. En revanche, en Inde et au Pakistan, les prix sont restés relativement fermes en raison de la hausse des prix internes et de la fermeté de la roupie par rapport au dollar. Une tendance baissière qui devrait se prolonger, estime Patricio Mendez del Villar mais qui pourrait toutefois être limitée si le phénomène El Nino affecte la production asiatique dans les prochains mois.
En Afrique, les besoins en importations devraient être importants en 2014, estimés à 13,5 millions de tonnes (Mt), contre 12,9 Mt en 2013. Et le Nigeria, qui pourtant tente de limiter les importations de riz pour relancer la production locale, augmenterait ses importations de 7% à 3 Mt en 2014. En effet, la hausse des taxes stimule la contrebande. En outre, les besoins sont importants et non couverts par la production locale remarque Patricio Mendez del Villar.

SUCRE. Après 3 journées consécutives de pertes (-3%), le sucre roux sur le marché à terme de New York a clôturé mercredi en hausse de 2%, suscitant des ventes de la part des producteurs ce qui, jeudi, a fait repartir à la baisse les prix. Ils ont clôturé à 16,66 cents la livre.
L’impact de la sécheresse au Brésil, en janvier et février, demeure encore difficile à évaluer mais alimente la spéculation et donc la volatilité. Il en est de même de la crainte d’un cyclone en Australie après qu’une tempête ait déjà abîmé les champs de canne à sucre au premier trimestre. Cerise sur le gâteau, la menace d’El Nino. Ceci dit, l’abondance du sucre sur le marché mondial et dans les entrepôts pèse sur le marché.
Selon le Département américain de l’agriculture (USDA), la récolte brésilienne 2014/15 de canne à sucre serait de 629 Mt, en baisse de 21 Mt par rapport à 2013/14. Quelque 46,5% irait à la production de sucre avec des exportations estimées de 25,25 Mt (valeur roux), ce qui serait une baisse de 4% sur 2013/14.
Quant à l’Afrique, l’USDA estime que la production sud-africaine atteindra les 2,5 Mt (valeur roux) en 2014/15. Ses stocks devraient être suffisamment abondants pour exporter 1 Mt, ses importations étant attendues en baisse à 250 000 t. En 2013/14, ses exportations augmenteraient de 100% et atteindre 760 000 t.
Le Swaziland devrait aussi afficher une belle hausse de 6% de sa production qui atteindrait 725 000 t en 2014/15, selon l’USDA. Ainsi, ses exportations, notamment vers l’Union européenne, pourraient augmenter de 3%, à 385 000 t. En 2013/14 sa production avait augmenté de 3%, à 679 934 t, ses exportations vers l’UE étant de 373 523 t.

THé Les prix des thés ont progressé cette semaine à la vente aux enchères de Mombasa, le prix le plus élevé se situant $ 3,18 le kilo contre $ 3,16 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoes Ones se sont négociés à $2,58-3,18 contre $2,57-3,16 le kilo la semaine dernière, et les Best Brighter Pekoe Fannings Ones à $2,34-2,64 contre $2,30-2,62 le kilo. L’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen et la Grande-Bretagne ont acheté plus de thé que la semaine dernière. Sur les paquets offerts à la vente, 13,83% n’a pas trouvé preneur contre 7,54% sur les 117 489 mis en vente la semaine dernière.

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