18 juin 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Le café poursuit son envolée

(17/06/210)

BOIS Aucun développent nouveau sur le Gabon depuis la prise de décision d’interdire les grumes à l’exportation. Les grumes non exportées avant la date limite demeurent dans le port. Les acheteurs se tournent vers le Cameroun et le Congo pour s’approvisionner. Quelques navires sont à quai dans le deux pays, prêts à charger et à embarquer les grumes, principalement vers la Chine, souligne le dernier bulletin d’ITTO. Quelques exportateurs soulignent que les stocks accumulés de grumes en Chine semblent suffisants actuellement pour couvrir les besoins. Ils pourraient donc y avoir un ralentissement dans les achats. En dépit de quelques ajustements récents sur très peu d’espèces, les prix des sciages demeurent stables et inchangés sur les 2 à 3 dernières semaines.
Pour le marché européen, les traders sont très prudents sur les achats de bois au 3ème trimestre. Habituellement, les Européens sont très réticents à opérer d’importants achats avant la période estivale. De plus, la baisse de l’euro encourage les achats de bois feuillus tempérés.
Les Indiens n’ont pas réagi à la diminution de l’offre suite à la décision du Gabon. Le système tarifaire indien d’importation n’est pas favorable à l’importation de sciages et en l’absence de grumes tropicales, on observe une hausse constante d’importations de conifères, particulièrement en provenance de Nouvelle-Zélande.
La Chine a aussi augmenté ses importations de grume de résineux, la Nouvelle Zélande et la Russie étant ses principaux fournisseurs. Cependant, des volumes substantiels de feuillus tropicaux sont nécessaires pour répondre à la demande croissante de feuillus par rapport au contreplaqué. Les usines chinoises de placage et de contreplaqué doivent réorganiser leur production suite à l’indisponibilité des grumes d’Okoumé du Gabon.
Même schéma en Afrique du Nord où les usines de contreplaqué doivent trouver des alternatives à l’origine Gabon..

CAFE En deux jours, le marché à terme de New York a pris 20 cents avec un volume encore jamais vu sur ce marché. Pourquoi ? On se pose encore la question, de nombreux experts ont essayé d’en expliquer les raisons, avec des hypothèses plus ou moins farfelues. Tour à tour des noms de négociants ou multinationales, étaient avancés , obligeant certaines à démentir officiellement ces hypothèses. Plus vraisemblablement, ce mouvement est du à une conjonction de facteurs divers. Premièrement, des fonds de pensions short qui rachètent leurs positions, à un moment où il y a peu de vendeurs de café d’origine, donc pas de terme à vendre. L’exemple type est le brésil qui pour diverses raisons techniques et locales ne sont pas présents dans le marché, ajoutons que la coupe du monde de football les intéressent plus que le marché. En outre, Il n’y a pas ou très peu de café lavé Amérique centrale à vendre. Le peu qu’il y a est à des différentiels élevés et donc ne sera acheté par le négoce que s’il y a acheteur derrière. La hausse subite a d’autre part pris à contre-pied, des grosses positions d’options devenues vulnérables, des torréfacteurs qui n’avaient pas fixé leurs contrats et ont été obligés de le faire en catastrophe. Tous ces éléments se percutant, cela crée un effet boule-de-neige. De plus, les écarts entre mois d’échéances ont valsé dans tous les sens, ajoutant à la panique. Le marché finira par se stabiliser, mais entre temps le doute s’est installé. Quelle fiabilité pour traiter du café peut-on avoir sur le marché à terme ? Avec de tels mouvements, quelle crédibilité peut-on avoir sur les contreparties ? Comment élaborer une stratégie à moyen et long terme? s’interroge un courtier. Ajoutant, des questions sans réponse pour l’instant mais les fonds de pensions et les mouvements spéculatifs devront être intégrés en priorité. Les variations brutales de niveaux et de différentiels fragilisent, le négoce et par conséquent les acheteurs finaux.

Les arrivées de café Robusta en Côte d’Ivoire se sont élevées à 89 643 tonnes au 6 juin selon la Bourse du Café et du Cacao (BCC) , contre 119 635 sur la même période la campagne précédente..

CAOUTCHOUC Alors que la Chine est revenu sur le marché, après trois jours d’absence pour la fête des bateaux-dragons, les cours ont chuté de plus de 3% le 17 juin après avoir atteint un plus haut de deux semaines la veille. Ils ont clôturé à 275,3 yens le kilo pour le contrat de novembre.
Selon le secrétaire général de l’International Rubber Study Group (IRSG), Stephen Evans, la consommation mondiale de caoutchouc naturel devrait augmenter de 4,4% à 9,8 millions de tonnes (Mt) en 2010 et ce même si la reprise économique mondiale est retardée-. Une nouvelle estimation plus élevée que la précédente réalisée en novembre, 9,71 Mt, en raison des incitations de la Chine pour stimuler la demande dans son industrie automobile. La production mondiale de caoutchouc naturel devrait augmenter de 0,9% à 9,7 Mt en 2010. Stephen Evans a déclaré qu’il n’était “pas encore convaincu” que La Nina, qui peut suivre El Nino, se développera et provoquera plus de précipitations pouvant compromettre la saignée des arbres.
Il est trop tôt pour le dire et les producteurs de caoutchouc sont incités par les prix élevés de produire autant qu’ils le peuvent» indique t’il.

HUILE DE PALME Plombés par les doutes sur l’Europe, l’huile de palme a enregistré un plus bas de 7 mois en début de semaine à 2 367 ringgits la tonne, les cours se sont repris pour clôturer à 2 380 ringgits sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange. Selon, les traders le marché serait un peu survendu. D’autre part, le dernier rapport d’SGS sur les exportations d’huile de palme de Malaisie (1er au 15 juin) montre que l’Inde, le Pakistan et les Etats-Unis ont ralenti leur embarquement, les exportations reculant globalement de 2%.

RIZ Les prix du riz thaïlandais se sont stabilisés cette semaine, avec la reconstitution des stocks dans les pays africains dans la perspective prochaine du mois du Ramadan. Néanmoins, les traders doutent que la demande soit suffisante pour pousser les prix au-dessus des faibles niveaux observés récemment. Au Vietnam, les prix continuent de glisser avec une faible demande et des perspectives de récolte abondante. Le Thaï 100%B demeure inchangé à $ 450 la tonne. Si les pays africains sont présents, les montants achetés ne sont pas suffisants pour faire monter le prix. En outre, quelque 6n Mt de riz dans les stocks gouvernementaux pèsent sur le marché.
Au Vietnam, les prix du riz brisé 5% ont chuté à $350-$355 la tonne contre $360-$365 la semaine dernière tandis que le riz brisé 25% diminuait à $ 325 contre $325-$330. La demande est faible et les commerçants s’attendent à une chute des prix quand la récolte culminera mi-juillet.
Par ailleurs, la FAO estimait le 17 juin qu’El Nino n’aura qu’un faible impact sur la production mondiale de riz et que le marché sera à l’équilibre. La production devrait atteindre cette année 707 Mt contre 682 Mt en 2009. Elle anticipe des stocks à 123,5 Mt en légère augmentation (123 Mt en 2009), et un commerce en léger recul à 30 Mt.

SUCRE Les cours du sucre ont terminé à un plus haut de 8 semaines le 16 juin à 16,05 cents la livre à New York pour le contrat d’octobre. Le contrat août a gagné $4,50 à $ 532,50 à Londres. La demande est en forte reprise pour le sucre brut tandis que sur le sucre raffiné la perspective du mois de Ramadan donne le signal d’une demande en progression.
L’Inde ne devrait pas dans les prochains jours imposer une taxe sur les importations de sucre. L’année dernière, le pays avait mis en place une taxe de 60% sur les importations de sucre blanc ou raffiné avec une production qui avait chuté de 44%. Pour la campagne en cours, l’Indian Sugar Mills Association estime que la production de sucre devrait s’établir à 27,4 Mt pour une consommation de 22,5 Mt.
En Algérie, le groupe Cevital, le plus grand raffineur de sucre en Afrique du Nord, a plus que doubler sa capacité de production à 1,65 million de tonnes, selon son vice-président Malik Rebrab. Et l’objectif est de l’accroître encore et de renforcer sa présence sur les marchés d’Afrique du Nord, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient. D’ores et déjà Cevital a démarré ses exportations de sucre avec comme principaux clients les pays de la région du Golfe, le Moyen-Orient, l’Italie, la Suisse, le Bangladesh et la Tunisie.
En Afrique Centrale, les groupes familiaux français Castel et Vilgrain, par le passé concurrent, ont conclu un partenariat autour de la société Somdiaa (Saris, Sosucam et CST) et des sociétés SUCAF. Une fois l’opération bouclée dans quelques mois, les deux entités seront leader dans la production de sucre en Afrique Centrale (Cf.« CommodAfrica
)

THÉ Le temps froid et la crainte de voir dans les semaines à venir l’offre se tendre ont poussé les cours à la hausse sur le marché aux enchères de Mombassa. Le BP1s s’est vendu entre $4 – $2,88 le kilo contre $3,86-$2,90 la semaine dernière. Le prix moyen est de $3,44 contre $3,38 la semaine dernière. L’offre pourrait chuter de 30% dans 5 à 6 semaines estime un trader.
Au Bangladesh, les prix ont aussi grimpé de 15% à 219,10 takas ($3,16) le kilo.

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