18 août 2008 - 12:17 |

Situation agricole contrastée au Sahel

L’Association Afrique Verte relève l’impact de la hausse des prix

(18/08/08)

Au Mali, en cette période de soudure, les hausses de prix des céréales se poursuivent, avec les perspectives du mois de Ramadan et la défectuosité des routes par endroits, souligne Afrique Verte. A Tombouctou, la hausse du prix du mil a grimpé de 20%, notamment à cause de l’état défectueux des voies d’approvisionnement. Toutefois, les mises en marché de stock par l’OPAM dans le cadre des rotations techniques minimisent le niveau de la hausse d’une manière générale. En perspective, ces mises en marché et la bonne allure actuelle de la campagne agricole devraient inciter à la baisse les prix des céréales. La disponibilité alimentaire nationale s’est améliorée d’une manière générale avec les ventes par rotation technique à l’OPAM. Si elles n’ont pas permis une baisse sensible des prix, elles ont le mérite de limiter la hausse. Avec le faible pouvoir d’achat des populations dans leur grande majorité, le problème d’accès reste toujours d’actualité. La situation alimentaire reste tout de même normale.
L’hivernage s’est définitivement installé partout au Mali. Comparées à celles de l’année dernière à la même période, la pluviométrie est supérieure dans la quasi-totalité des localités du pays à quelques exceptions faites dans l’ouest de la région de Kayes, le sud-est de celle de Ségou (Barouéli et San) et le sud-ouest de la région de Gao (Ansongo et Menaka). D’une manière générale, les semis se poursuivent. Dans les offices et les périmètres irrigués villageois, les travaux de la saison hivernale sont en cours (repiquage du riz). Les réalisations d’emblavures pour les différentes cultures sont satisfaisantes, dans l’ensemble supérieures à celles de l’année dernière à la même période aussi bien en riz qu’en cultures sèches, excepté pour le coton et le maïs. Les cultures sont aux stades de levée/feuilles/tallage. L’entretien des champs a débuté et se poursuit dans plusieurs localités du pays. L’état végétatif des cultures et l’aspect général des champs sont bons dans l’ensemble. L’état des pâturages s’améliore facilitant ainsi les conditions d’alimentation du cheptel dans les principales zones agro-pastorales du pays. La situation phytosanitaire est relativement calme à travers le pays. Cependant ? Afrique Verte note toujours la présence massive des oiseaux granivores dans certaines localités du centre comme l’Office du Niger, Douentza, Mopti, Djénné et Gao.

Au Burkina Faso, la tendance générale est également à la hausse, à l’exception de la Boucle du Mouhoun et du Centre Est où les prix sont stables, voire en baisse, car les opérateurs privés, notamment, ont réduit leur demande. De leurs côtés, les familles puisent dans leurs réserves. En revanche, à Gourma, les prix augmentent car ces stocks familiaux sont déjà épuisés. Au Sahel, c’est surtout la hausse du prix des carburants qui renchérit le coût des denrées, jusqu’à +7% pour le mil. En revanche, au Centre-Est, ces cours sont en baisse grâce à la mise en vente de céréales à « prix social » et le déstockage de commerçants, rapporte encore l’association. En outre, l’approche des nouvelles récoltes au Ghana et Togo voisins allègent la pression sur les prix.
Sur l’ensemble du pay, la campagne agricole connaît une évolution satisfaisante, excepté quelques inondations localisées ayant causé des dégâts. Au cours du mois de juillet, les pluies ont été assez régulières avec d’abondantes précipitations atteignant parfois 100 mm. Les opérations culturales réalisées au cours du mois ont porté sur le sarclage dans la majorité des régions agricoles et le buttage dans les régions de l’ouest. Le développement végétatif des cultures se poursuit normalement, rapporte encore Afrique verte. Aucune attaque phytosanitaire majeure n’a été constatée ou signalée par les services compétents de l’agriculture. D’une manière générale, le couvert végétal s’est bien reconstitué et les points d’eau sont remplis, ce qui améliore l’alimentation de bétail. L’accès à l’eau et aux pâturages de bonne qualité améliore l’embonpoint des troupeaux

Au Niger, c’est une hausse généralisée, voire importante pour les céréales importées (riz et maïs) qui a caractérisé ce début de mois d’août. Jusqu’à 28% de hausse pour le maïs à Tillabéri et +18% pour le riz à Niamey ! Le marché de Tillabéri est actuellement le plus cher du pays, suivi de ceux à Agadez, Dosso, Niamey, Zinder et Maradi.
En dépit des efforts de l’Etat et des partenaires (distributions gratuites, vente à prix modérés, soutien aux populations sinistrées par les inondations…), la situation alimentaire reste globalement précaire. Elle continue à se dégrader malgré l’installation définitive de la saison hivernale dans l’ensemble du pays, suite à la hausse des prix des produits de première nécessité, notamment les céréales, et à la faiblesse du pouvoir d’achat des populations. Mais l’évolution des cultures (grenaison dans certaines zones) et l’intensification des distributions gratuites de vivres pour les plus défavorisées peuvent améliorer la situation
La situation pluviométrique a été marquée au cours de la 3ème décade du mois de juillet par des précipitations faibles à modérées sur la majeure partie du pays. Néanmoins, certaines localités des régions de Dosso, Tahoua, Maradi et Zinder ont recueilli des pluies importantes de plus de 50 mm. Le cumul pluviométrique décadaire oscille entre 30 et 85 mm dans les zones les plus arrosées du pays, souligne l’association. Le cumul pluviométrique au 31 juillet dépasse 350 mm dans certaines localités des régions de Dosso, Tahoua et la communauté urbaine de Niamey. Ce cumul est excédentaire par rapport à l’année passée et à la moyenne 1971-2000 sur la majeure partie du pays. Au regard des précipitations enregistrées, l’installation de la campagne est définitive sur l’ensemble du pays. Le développement des cultures est jugé satisfaisant en dépit des attaques des sautériaux et des insectes floricoles. La situation phénologique est dominée par le tallage pour le mil et la levée avancée pour le sorgho. Toutefois, le mil en grenaison est observé au niveau de certaines localités des départements de Dosso et Gaya. En ce qui concerne les légumineuses, les stades végétatifs varient de la levée à la fructification observée dans les départements d’Aguié et de Tessaoua (région de Maradi). La situation phytosanitaire est marquée par : des conditions écologiques favorables au développement des criquets pèlerins dans son aire d’habitat et de reproduction ; des éclosions de sautériaux dans les départements de Tessaoua, Madarounfa, Mayahi, Konni, Abalak, Bouza et Tanout ; un début de généralisation d’insectes floricoles du mil dans la région de Dosso ; une manifestation d’oiseaux granivores dans le département de Konni et des dégâts de rongeurs de semis dans le département de Tanout.
La campagne agricole est aussi marquée par des difficultés d’acquisition des engrais par les producteurs.

Filières: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +