18 décembre 2008 - 00:00 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Le cacao atteint des sommets

(18/12/08) Les fonds se sont retirés des matières premières. Selon, Barclays Capital,les fonds d’actifs sur les commodities ont chuté de plus de 30% au quatrième trimestre à $ 144 milliards par rapport au précédent trimestre ($211 milliards) en raison principalement de la chute des prix. _«Les plus hauts atteints depuis plusieurs années par les prix des matières premières jusqu’au début de cette année ont attiré les investisseurs, les actifs atteignant $ 270 milliards à la fin du deuxième trimestre 2008».

BOIS Le commerce continue d’être très ralenti en Afrique de l’Ouest marqué par l’absence des acheteurs européens, renforcée par l’approche des fêtes de fin d’année. Le entreprises européennes sont frappées par la crise économique, les fabricants de portes, fenêtres et charpentes sont particulièrement touchés et la consommation de feuillus et de conifères est tombée à des nivaux très bas, souligne l’ITTO. L’impact du ralentissement des affaires sur les exportateurs ouest africains est minimisé par la réduction de la production. Cependant, les effets commencent à se faire sentir au niveau des Etats avec la réduction des taxes, sur la production et les exportations. Des producteurs qui estiment que les taxes sont trop élevées compte tenu de la situation financière actuelle. Vers l’Asie, les exportations sont assez actives pour des volumes embarqués peu élevés.
Sur le mois écoulé, ce sont surtout au niveau des sciages que l’on accuse des chutes de prix.

CACAO Depuis plusieurs semaines, le cacao avait montré une certaine résistance au mouvement baissier affectant les commodities. En ce début de semaine, il fait mieux que résister, il atteint des plus hauts depuis 22 ans. Le contrat échéance mai a gagné, le 17 décembre à Londres, £ 52 à £ 1 751 la tonne. Cette hausse est avant tout portée par des tensions sur l’offre avec les faibles arrivées de cacao en provenance du premier producteur mondial, mais aussi du ralentissement observé chez son voisin, le Ghana. La chute de la livre soutient aussi les cours du cacao.
Les prix en Côte d’Ivoire sont aussi en hausse, les acheteurs craignant un déficit en janvier. Selon la Bourse du Cacao et du Café (BCC), les prix moyens sont d’environ FCFA 600 le kilo dans la plupart des régions productrices et atteignent FCFA 700 dans une zone de production. Mais, les prix au Port de San Pedro peuvent dépasser FCFA 675, voir aller jusqu’à FCFA 800 selon les exportateurs. Si les arrivées aux ports ivoiriens se sont améliorées ces dernières semaines pour atteindre 356 000 tonnes entre le 1er octobre et le 14 décembre, elles se situent très en dessous du niveau atteint l’année dernière sur la même période (650 429 tonnes)
Au Ghana, les achats déclarés par les acheteurs privés au Cocobod pour les douze premières semaines de la campagne 2008/09 sont en recul d’un tiers, juste au-dessus de 300 000 tonnes, selon les industriels (en 2007/08, ils se sont élevés à 480 000 t).
Au Nigeria, les prix se sont aussi appréciés de 17% à 240 000 nairas la tonne en moyenne en novembre, soutenus par une offre tendue et la dépréciation de la monnaie nationale, selon les acheteurs et les exportateurs. Les arrivées au port de Lagos se sont aussi inscrites en hausse de 3% en novembre pour atteindre 30 000 t
Au Cameroun, les prix s’emballent aussi. A Emana, environ 70 km de la capitale Yaoundé, le cacao s’achète entre FCFA 1 000 et 1 045 le kilo contre FCFA 880-900 à la mi-novembre. A Bafia, les prix sont compris entre FCFA 900-1 005 le kilo à la mi-décembre contre 900-950 un mois auparavant. Ou encore à Kimba, FCFA 1010-1 025 contre FCFA 860-900 le kilo un mois auparavant.

CAOUTCHOUC Près de 70% de la demande mondiale de caoutchouc provient des pneumatiques, et la conjoncture actuelle avec la crise du secteur automobile aux Etats-Unis et en Europe n’augure pas de bonnes perspectives. A ceci se rajoute la forte chute du prix du baril de pétrole, qui a perdu plus de 70% de sa valeur depuis son plus haut à $147 en juillet dernier, qui rend le caoutchouc synthétique plus compétitif. Une situation qui ferait dire à certain que c’est la pire des trois dernières décennies. Le caoutchouc a perdu environ 60% de sa valeur en six mois, après un plus haut à $3,25 obtenu en juillet.
L’International Natural Rubber Consortium (IRCo) estime que la demande pourrait baisser de 3,3% l’année prochaine. Face à cette situation, les trois premiers pays producteurs mondiaux de caoutchouc, la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, ont décidé le 13 décembre de réduire d’un sixième le volume des exportations de l’année prochaine dans l’espoir de redresser les prix. En 2009, les exportations de ces trois pays devraient être réduites de 915 000 tonnes. En outre, ils se sont engagés à ne pas vendre du caoutchouc à moins de $1,35 le kilo. En 2007, le groupe avait exporté 5,5 millions de tonnes de caoutchouc, sur une production totale de sept millions de tonnes.
Après la décision prise par l’IRCo le caoutchouc a gagné 8% le 15 décembre à Tokyo, clôturant en hausse de 8,5 yens à 114,3 le kilo. La hausse s’est poursuivie les jours suivants pour atteindre un plus haut de deux semaines le 17 décembre à 122,1 yens le kilo. Cependant, les gains de Tokyo ne se sont pas répercutés sur le marché physique où la décision des producteurs n’a pas permis de faire remonter les prix, le marché demeurant préoccupé par la demande. Les prix sont demeurés stables sur le marché physique asiatique. Une mesure similaire prise en octobre par l’IRCo, dont les membres représentent 70% de la production mondiale de caoutchouc, n’était pas parvenue à freiner la chute des prix alors que les perspectives économiques mondiales et celles de l’industrie automobile se détérioraient.

COTON Les prix du coton se sont inscrits en hausse le 17 décembre à la clôture de la séance de New York soutenus par les rachats de découvert des investisseurs et aussi par la faiblesse du dollar. L’absence de demande domine toujours le marché. Les derniers chiffres d’exportations et de ventes de coton américains sont à ce titre révélateurs par leur faiblesse.

HUILE DE PALME L’analyste Oil World estimait le 16 décembre que les prix mondiaux d’huile de palme devraient progresser dans les mois à venir et devraient soutenir les autres marchés d’huile végétale. « Nous prévoyons que les prix de l’huile de palme brute (CIF Rotterdam) devraient s’accroître à $ 660 en janvier/juin 2009 » affirme Oil World.
Sur la Bursa Malaysia’s Derivatives Exchange, les cours ont chuté de plus de 2% le 18 décembre à 1 545 ringgit ($447) la tonne dans le sillage de la chute du pétrole, la plus forte depuis 4 ans. Selon les traders, le marché devrait se situer entre 1 500 et 1 600 ringgits d’ici à la fin de l’année.

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