19 février 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Les cours fluctuent en fonction de l’évolution du dollar et de la perception de l’économie

(18/02/2010)

CACAO Avec la fin de la récolte principale en Côte d’Ivoire, le marché rentre dans une période plus calme et se consolide. Le contrat de mai a perdu $3 le 18 février à New York pour clôturer à $ 3 091 la tonne. Si les évènements en Côte d’Ivoire ont poussé les cours à la hausse mardi (cf: Commodafrica) avec aussi un dollar plus faible et de meilleures perspectives économiques, ils ont été ignorés par le marché dans les jours suivants.
Au Cameroun, les prix aux producteurs sont en hausse depuis janvier dans la plupart des régions soutenus par la forte demande des exportateurs. En particulier dans la région sud-ouest, d’où provient environ 50% de la production du pays, les fèves de cacao se sont vendues à Kumba entre FCFA 1 470 et 1 500 le kilo. Mais les volumes sont en baisse à environ 40 tonnes par semaine contre 100 tonnes lorsque la saison battait son plein. Selon les producteurs, la campagne intermédiaire s’annonce robuste. Les achats de fève de l’unique broyeur du Cameroun, SIC-CACAO, filiale de Barry Callebaut, sont en recul de 40% sur la période de août à décembre 2009 par rapport à 2008, à 13 216 tonnes. Cependant, on observe une hausse significative des achats sur les derniers mois.
En Côte d’Ivoire, les arrivées aux ports atteignent 827 000 tonnes au 14 février depuis le démarrage de la campagne en octobre, contre 784 618 tonnes sur la même période en 2008/09. Les exportateurs estiment à environ 11 000 tonnes le nombre de fèves arrivées dans les ports entre le 8 et le 14 février, en baisse de 46 736 tonnes par rapport à la même période en 2009. Les prix aux producteurs se sont encore abaissés la semaine dernière avec la récolte principale qui touche à sa fin et certaines livraisons qui sont de piètre qualité selon les producteurs et les acheteurs. Les prix dans la plupart des entrepôts des exportateurs au port d’Abidjan se situent entre FCFA 1130 et FCFA 1150 le kilo, contre FCFA 1 140 et FCFA 1 160 le kilo la semaine dernière.

CAOUTCHOUC Après avoir touché un plus haut de près d’un mois à 298,5 yens le 17 février, les cours se sont contractés perdant 2,3 yens pour le contrat de juillet à 295,8 yens entraîné par la chute des cours du pétrole. Néanmoins, le marché devrait demeurer stable avec une offre tendue. Sur le marché physique, le Thai RSS3 a même gagné quelque cent avec le ralentissement des flux de latex durant l’hivernage en Thaïlande. Mais l’activité est ralentie avec les fêtes du nouvel an. Le marché de Shanghai est fermé toute la semaine jusqu’à lundi prochain.

COTON Après 6 jours de hausse, les cours du coton ont subi une correction technique le 17 février perdant 0,23% à 75,17 cents la livre pour rebondir le 18 février à un plus haut depuis juillet 2008 à 76,97 cents pour le contrat de mars et 78,13 cents pour celui de mai suivant la hausse des matières premières industrielles comme le pétrole et le cuivre, dopées par des statistiques économique encourageantes. L’inquiétude sur le niveau des stocks est aussi un facteur haussier. Selon les prévisions du département américain de l’Agriculture (USDA), les stocks de clôture en coton en 2009/10 pourrait atteindre 3,3 millions de balles, soit 21,4% de la consommation. Si cela se révèle exact, se serait le plus bas niveau depuis 2003/04. ”Les gens ciblent un prix de 80 cents pour le coton au printemps, mais nous pourrions arriver là au début de semaine prochaine” indique Mike Stevens de Swiss Financial Services à Mandeville en Louisiane ajoutant que cette année il y a un déficit avant que la nouvelle récolte démarre. Sur le marché physique, l’activité est réduite avec un écart de prix entre mes acheteurs et les vendeurs. Le marché a quasiment rattrapé les pertes de janvier.
L’Egypte enregistre pour la deuxième campagne successive une baisse de sa production de coton, estimée à 103 000 tonnes contre 107 500 tonnes en 2008/09. Le ministre de l’Agriculture estime qu’elle devrait exporter 80 000 tonnes de coton en 2009/10.

SUCRE Après 8 semaines de bas, les cours du sucre ont fini en hausse le 18 février, gagnant 0,35 cents pour le contrat de mars à 26,47 cents la livre.
Après une révision à la baisse de ses projections de récolte de sucre dans l’hémisphère Nord, le consultant Czarnilow a estimé que le déficit 2009/10 en sucre serait de 14,8 millions de tonnes, soit 10% de plus que sa précédente estimation. « Il est maintenant clair que les espoirs initiaux d’une forte reprise de la production en 2009/10 ne seront pas réalisées » a-t-il indiqué dans son rapport su 16 février. En 2008/09, le déficit est arrêté à 15,6 millions de tonnes.
De son côté, l’International Sugar International (ISO) a également revu le 18 février à la hausse ses prévisions de déficit, qu’elle estime à 9,4 millions de tonnes en 2009/10 contre 7,2 Mt dans sa précédente estimation, et un déficit de 11,7 Mt en 2008/09. L’ISO prévoit une production mondiale de 157,2 Mt et une consommation de 166,6 Mt en 2009/10. L’organisation souligne que le taux de croissance de la consommation se situera en dessous de la moyenne de 2,66% sur 10 ans. Une baisse imputable à la forte hausse des cours du sucre et dans une moindre mesure à l’impact de la récession.
Le Brésil, la Thaïlande et l’Australie, les trois plus grands exportateurs mondiaux de sucre, qui avaient exprimé leur inquiétude, le 1er févier, à la suite de la décision de Bruxelles d’autoriser une augmentation de 500 000 tonnes supplémentaires des exportations européennes de sucre, et estimant que cette décision était contraire aux règles de l’OMC, devaient rencontrer ce jour l’OMC. Selon l’australien Ian Ballntyne il ne fait aucun doute qu’au niveau de l’industrie, les trois pays sont déterminés à s’opposer à la décision de l’Union européenne.

THE Les cours du thé se sont inscrit en recul la semaine dernière au Kenya, le Kenyan Broken Pekoe Ones (BP1s) s’est vendu en moyenne à $3,69 le kilo contre $3,92 la semaine précédente. Une baisse surtout imputable à des disfonctionnement du travail dans les entrepôts à Mombassa entraînant des retards dans les embarquements, ce qui se sont répercutés sur le marché aux enchères, selon l’Africa Tea Brokers.
Le numéro deux mondial du thé, Tetley, une des marques de la multinationale indienne Tata Beverage Group, devrait d’ici 2016 de ne vendre que des thés certifiés Rainforest Alliance sous sa marque. Les premiers produits certifiés de Tetley seront vendus dès le mois d’avril au Royaume Uni et au Canada en 2011. En 2012, ce sera au tour des marchés des Etats-Unis, de l’Australie et de l’Europe continentale.

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