19 février 2021 - 17:59 |

La Chronique matières premières agricoles au 18 février 2021

Les marchés financiers ont terminé hier soir à la baisse, perplexes face aux vieux démons de l’inflation. Mercredi, la Réserve fédérale américaine a annoncé maintenir une politique monétaire accommodante face à un marché de l'emploi en difficulté ; l’inflation pourrait reprendre mais provisoirement, a-t-il été déclaré. Les opérateurs économiques sont, toutefois, sceptiques car en janvier la hausse des prix à l'importation aux Etats-Unis a été la plus importante depuis mars 2012, à +1,4% contre +1% attendu, dopée par l'augmentation de l'énergie et la faiblesse du dollar. Les prix à l'exportation ont augmenté de 2,3% le mois dernier, la plus forte progression depuis octobre 2018 après une hausse de 0,4% en décembre. En outre, le chômage a enregistré une hausse inattendue la semaine dernière, augmentant le risque d'un deuxième mois consécutif de faible croissance du marché de l'emploi malgré la diminution des nouveaux cas de Covid-19.

Le dollar a baissé hier soir face à un panier de monnaie et à l’euro, terminant à 1,2076. Un renchérissement qui « préoccupe » les dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE). La livre sterling a atteint son plus haut niveau depuis mars contre l'euro, dopée par la perspective d'une reprise économique plus rapide en Grande-Bretagne grâce à la bonne marche de la campagne de vaccinations.

Les cours pétroliers se stabilisent après avoir profité des craintes que la vague de froid exceptionnelle qui frappe notamment le Texas continue de perturber la production de brut pendant des jours, voire des semaines, souligne Reuters. L’Energy Information Administration (EIA) aux Etats-Unis a indiqué la semaine dernière une chute des stocks de brut aux Etats-Unis à leur plus bas niveau depuis mars. Le Brent a terminé hier soir à $ 64,32 le baril et le WTI à $ 61,14.

Un mot sur les métaux : le prix du cuivre est à son plus haut niveau en neuf ans, celui de l'aluminium depuis octobre 2018 et celui du nickel depuis septembre 2014. "Aucune nouvelle donnée n'est disponible pour étayer la hausse prononcée des prix des métaux, en particulier depuis ces dernières semaines", selon la Commerzbank. "Les prix sont tirés dans une large mesure par la spéculation et la hausse commence à paraître excessive". Des spéculateurs qui jouent sur l'amélioration des perspectives de la demande mondiale.

CACAO  CAFE  CAOUTCHOUC  COTON  HUILE DE PALME  RIZ  SUCRE

CACAO

Le cacao fait grise mine. A Londres, l’échéance mai est passée de £ 1 649 à la clôture vendredi dernier à £ 1633 hier soir, tandis que New York chutait de $ 2 433 à $ 2391, ayant touché mercredi son plus faible niveau de prix depuis la mi-novembre.

Selon Fitch Solutions, le marché a largement digéré l’impact de la Covid sur la consommation de chocolat et devrait rester dans une fourchette allant de £ 1700 à £ 1900 la tonne ces prochaines semaines.

Pourtant, les arrivages de fèves aux ports ivoiriens ont baissé de 2,4% entre le 1er octobre et le 14 février par rapport à la même période la campagne dernière, totalisant 1,439 Mt, estiment les exportateurs. En revanche, les arrivages au Ghana progressent de 4,3% pour atteindre 647 137 t au 21 janvier. Du cacao vérifié et dans des sacs scellés près à être expédié, comme d’habitude au Ghana. La production est attendue cette année à 800 000 t.

Cette semaine, l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a publié ses dernières. L’excédent mondial de cacao atteindrait 100 000 tonnes (t) en fin de campagne 2020/21 ce qui s’ajouterait au surplus de 19 000 t en fin de campagne dernière, lit-on dans sa dernière publication mensuelle de marché (lire nos informations : Les différentiels pour le cacao de Côte d'Ivoire, du Ghana et du Nigeria chutent).  L’OIC souligne aussi la baisse des différentiels d’origine sur les contrats à terme sur 6 mois pour les cacaos provenant du Ghana, de Côte d’Ivoire, d’Equateur et du Nigeria. « Avec l’introduction du Différentiel de revenu décent (DRD), les utilisateurs de fèves de cacao ont requis une baisse des primes afin de réduire les coûts de fabrication et, par voie de conséquences, augmenter leurs marges ». En Europe, le différentiel pour le cacao de Côte d’Ivoire a chuté de 23% entre octobre et janvier, de 13% pour celui du Ghana et de 39% pour le Nigeria. A la bourse de New York, la baisse a été de 13% pour les fèves ivoiriennes et nigériane ainsi que de 11,4% pour celles du Ghana.

CAFÉ

Le café enregistre une belle hausse cette semaine. Après être tombé vendredi dernier à son plus faible niveau de prix en un mois, à 1,2305 cents la livre (lb) à New York, l’Arabica a grimpé durant trois jours consécutifs, terminant hier soir à New York à $ 1,293 sur la position mai ; il a même touché, en cours de séance hier, son niveau de prix le plus élevé en un mois à $ 1,2965. Le Robusta n’a pas été en reste, passant de $ 1 367 la tonne à $ 1 380.

Evolution du cours du Robusta à Londres

Le marché physique du Robusta au Vietnam a été très calme cette semaine, reprenant tout doucement après les festivités du Nouvel an lunaire ; il n’y a eu aucune transaction à l’export d’effectuer, les traders proposant leurs grains avec une prime de $ 90 à $ 100 sur le contrat mai pour du Grade 2, 5% grains noirs et brisures. Il est vrai que le coût du fret est très élevé à cause des difficultés de disponibilités depuis plusieurs mois maintenant. Les caféiculteurs ont vendu leur kilo de café à 32 300 dongs ($ 1,40), en hausse par rapport aux 31 200 à 31 700 dongs avant les festivités. Rappelons qu’en janvier le Vietnam a exporté 160 615 t de café, en hausse de 10,2% par rapport à janvier 2020.

Quant à l’Indonésie, c’est toujours le calme plat car il n’y a plus rien à vendre : on attend la nouvelle récolte.

CAOUTCHOUC

Net rebond des cours du caoutchouc cette semaine sur l’Osaka Exchange avec une clôture hier à 257,8 yens ($2,44) le kilo contre 238,5 yens vendredi dernier. Les marchés en Chine sont fermés jusqu’au 17 février. Pour le premier jour de cotation hier sur le marché de Shanghai, les cours progressaient de 535 yuans à 15 205 yuans ($2 348,29) la tonne.

Un rebond impulsé par  la relance aux Etats-Unis qui affichent de bonnes ventes au détail en janvier ainsi que de solides performances de la production industrielle et des prix à la production. Mais aussi par la performance du Japon dont la reprise est plus rapide qu’anticipée.  Au quatrième trimestre 2020, la croissance annualisée  a été de 12,7%, soit un niveau plus élevé que celle des Etats-Unis à 4% ou de l’Europe qui accusait une baisse de 2,8%. Avec deux trimestres consécutifs de croissance solide, l'économie japonaise a probablement récupéré 90% des pertes causées par la pandémie estiment les analystes. Sur l’ensemble de 2020, l'économie japonaise s'est toutefois contractée de 4,8%, la première baisse annuelle depuis 2009. Cette reprise s’est accompagnée d’une forte hausse des actions japonaises à un plus haut de 30 ans.

Le Cambodge a exporté 52 711 tonnes de caoutchouc en janvier pour une valeur d’environ  $ 85 millions selon  le ministère de l'Agriculture, des forêts et des pêches. Il ajoute que le prix moyen a été en janvier de $1 602 la tonne, en hausse de 17% par rapport à la même période en 2020.

En Malaisie, la Malaysian Rubber Glove Manufacturers Association (Margma) a estimé que les exportations de gants en caoutchouc ont généré 29,3 milliards de ringgits (€7,277 milliards) en hausse de 71% par rapport à 2019 (17,4 milliards de ringgits malais). La demande mondiale a été estimée à 360 milliards de gants en 2020 contre 270 milliards en 2019. Margma prévoit une croissance annuelle de la demande comprise entre 15% et 20% en 2021, les recettes d'exportation de gants de la Malaisie devant atteindre 34 milliards de ringgits malais et la demande mondiale de gants estimée à 420 milliards de pièces.

COTON

Toujours plus hauts, les cours du coton s'approchent des 90 cents ! Hier, ils ont atteint 88,73 cents la livre, un plus haut de 2,5 ans contre 87,27 cents vendredi dernier. Le contrat de mai a dépassé les 90 cents la livre. Dollar plus faible jeudi, demande soutenue, surtout pour le coton américain, hausse des prix du pétrole avec des prévisions de production en baisse sont autant de facteurs portant le marché. Et puis, les spéculateurs misent sur le marché du coton en augmentant encore leur position longue faisant donc le pari d’un marché haussier.

Une hausse annonciatrice d’une chute à venir ? Dans son dernier rapport de marché publié lundi, Mambo s’interrogeait : « Le paradoxe d’une telle situation est la probable dichotomie qui devrait affecter le marché : d’une part le marché à terme qui devrait inexorablement continuer sa marche triomphante vers 1 $ /Lb et de l’autre un marché physique qui devrait marquer le pas avec un effondrement des bases. 
 La question n’est plus jusqu’où mais jusqu’à quand ? ».

Aux Etats-Unis, le Conseil national du coton (NCC) estime que la superficie cotonnière devrait baisser de 5,2% en 2021/22 à 11,5 millions d’acres, les agriculteurs étant attirés par d’autres cultures lucratives comme le maïs, le soja, le blé et le sorgho. Avec un abandon présumé de 18,1% pour les États-Unis, la superficie récoltée s'élève à 9,4 millions d'acres. Au niveau de la consommation, le NCC prévoit une reprise partielle de l'utilisation industrielle américaine à 2,8 millions de balles au cours de la campagne 2021/22, après les fortes difficultés des usines américaines l’année dernière. Le commerce mondial devrait être aussi plus élevé alors que la consommation se remet de la pandémie de  la Covid-19.

Sur la base des ventes et des expéditions depuis le début de l'année, les exportations américaines devraient atteindre 15,8 millions de balles au cours de la campagne de commercialisation 2020/21. En raison des importantes ventes reportées de la campagne agricole 2019/20 et de l'augmentation des achats de la Chine, les engagements d'exportation et les expéditions des États-Unis ont été très solides pour la campagne agricole 2020/21. Au 4 février, les engagements totaux ont atteint 14,1 millions de balles, tandis que 7,8 millions de balles ont été expédiées. Les engagements actuels sont au plus haut niveau à ce stade de la campagne de commercialisation depuis la campagne 2010/11. Alors que la concurrence à l'exportation du Brésil reste forte, les États-Unis ont pu regagner des parts de marché en Chine en 2020 grâce à l'accord de phase I. Les États-Unis ont également eu des opportunités accrues de ventes à l'exportation plus élevées vers d'autres marchés en raison de la baisse de la production en Australie, au Pakistan et en Turquie. Les exportations américaines devraient légèrement chuter à 15,4 millions de balles au cours de la campagne commerciale 2021/22. Le Avec des stocks importants dans d'autres grands pays exportateurs et une reprise partielle de la production australienne, les États-Unis continueront de faire face à une forte concurrence à l'exportation en 2021 observe le NCC.  Il estime que stocks finaux devraient baisser de 2,6 millions de balles, soit l'un des niveaux les plus bas des 20 dernières années.

Au niveau mondial, la vice-présidente de l'économie et de l’analyse des politiques au NCC, Jody Campiche table sur une production mondiale en hausse de 1,5 million de balles à 115,6 millions en 2021/22 et une consommation à 120,9 millions de balles. Les stocks finaux devraient donc diminuer de 5,4 millions de balles au cours de la campagne de commercialisation 2021/22 pour atteindre 90,4 millions de balles.

Un bilan américain plus serré, des stocks bas, une augmentation des achats en Chine, des flux monétaires spéculatifs, un dollar américain plus faible, une hausse des prix des céréales et des oléagineux et les attentes de la demande post-Covid contribuent au sentiment haussier des prix du coton. Cependant, le NCC prévoit que des restrictions supplémentaires liées à la pandémie, des stocks importants en dehors de la Chine et des prix bas des fibres artificielles pourraient exercer une pression à la baisse sur les prix du coton en 2021

La Chine a importé 16,8% de plus de coton en 2020 qu’en 2019, à 2,16 millions de tonnes (Mt), selon l’administration générale des douanes. Mais l’année n’a pas été un long fleuve tranquille. Les importations ont chuté de 23,7% au premier semestre, à 900 000 t à cause de l’impact de la Covid sur l’industrie textile, puis a bondi de 88,1% au second semestre, à 1,26 Mt car les usines ont rouvert et la consommation s’est redressée.

Au Malawi, la production devrait chuter de 70% à 20 000 tonnes cette année, contre 65 000 tonnes l’année dernière, selon le ministère de l’Agriculture.

HUILE DE PALME

Le marché de l’huile de palme a démarré la semaine sur les chapeaux de roues pour la finir en baisse avec une clôture hier sur la Bursa Malaysia Derivative Exchange à 3 490 ringgits ($863,36) la tonne contre 3 720 ringgits lundi (le marché était fermé vendredi dernier). Les cours de l’huile de palme ont enchainé trois séances consécutives de gains, soutenus notamment par l’huile de soja, haussière en raison des températures glaciales aux Etats-Unis, des exportations robustes (voir ci-dessous) et l’augmentation des cours du pétrole. Et ce en dépit, de l’annonce de l’Inde d’augmenter le prix d'importation de base de l'huile de palme brute de $32 à $1045 la tonne ($1013 précédemment). Et puis jeudi, le marché chute, les cours perdant près de 4% au cours de la séance. En cause ? La crainte que la demande ne soit pas au rendez-vous en mars, voir baisse, alors que la Malaisie vient de décider d'augmenter son prix de référence pour la taxe à l’exportation en mars à 3 977,36 ringgits la tonne. La taxe à l’exportation est toutefois inchangée à 8%. En outre, on observe une baisse des prix de l’huile de palme au niveau local dans des marchés clés pour les exportations à savoir l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh par rapport au prix de référence de l’huile de palme brute , ajoute  un négociant basé à Kuala Lumpur.

En Malaisie, les exportations d’huile de palme ont bondi d’environ 27%, selon les inspecteurs sur la période du 1er au 15 février par rapport à la même période au mois de janvier. A l’exception des Amériques et du Pakistan, tous les embarquements sont en hausse, en particulier en Afrique où les exportations ont été multipliées par six et en Inde où elles ont plus que triplées selon les statistiques de l’Amspec.

En Inde, les importations d'huile de palme ont bondi de 31% en janvier par rapport à l'année précédente, la baisse des taxes à l'importation ayant incité les raffineurs à augmenter leurs achats d'huile tropicale, tandis que les importations d'huile de soja et de tournesol ont chuté, a annoncé jeudi la Solvent Extractors 'Association (SEA). Le pays a importé 780 741 tonnes d'huile de palme le mois dernier, dont plus de 500 000 tonnes en provenance de la Malaisie, tandis que les importations d'huile de soja ont chuté de 66% à 88 667 tonnes "alors que les grèves des camionneurs en Argentine ont gravement affecté le chargement en novembre", indique la SEA dans un communiqué. L'Inde a réduit fin novembre la taxe d'importation sur l'huile de palme brute de 37,5% à 27,5%, alors que New Delhi tentait de faire baisser la hausse des prix des denrées alimentaires. Les importations d’huile de palme ont bondi de 24% à 2,17 millions de tonnes au premier trimestre de la campagne de commercialisation 2020/21 commencée le 1er novembre en raison de la réduction des droits, a indiqué la SEA. Les importations d'huile de tournesol du pays ont chuté de 32% à 205 227 tonnes en janvier.

Côté entreprise, les résultats financiers du malaisien Sime Darby Plantation ont fait un bond au quatrième trimestre avec un bénéfice net de 149 millions de ringgits ($36,91 millions) contre une perte nette de 58 millions de ringgits au quatrième trimestre 2019.Quant au chiffre d'affaires, il a augmenté de 8% à 3,64 milliards de ringgits. Un prix plus élevé de l'huile de palme brute et une contribution plus forte du segment en aval de la société ont compensé l'impact sur la production d'une pénurie de main-d'œuvre en Malaisie et des conditions météorologiques extrêmes, indique Sime Darby Plantation. Si le directeur général du groupe, Mohamad Helmy Othman Basha, se montre optimiste pour une bonne performance cette année avec la hausse anticipée des prix de l’huile de palme, il souligne qu’une de ses priorités immédiates est « d'apaiser les inquiétudes de nos parties prenantes concernant l'ordonnance de suspension de mainlevée émise récemment par les douanes américaines" (Lire : Le géant de huile de palme Sime Darby interdit aux Etats-Unis).

RIZ

Le marché du riz se détend dans les principaux pays exportateurs en Asie avec en Inde un regain d’exportation suite à la remise en route d’un ancien port tandis qu’au Vietnam l’arrivée de la nouvelle récolte fait baisser les prix. Mais dans l’ensemble, ils demeurent à un niveau élevé.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% ont fléchi à $395-$401 la tonne par rapport au sommet pluriannuel de $402-$408 de la semaine dernière.

Les exportations indiennes de riz ont pris de l'ampleur cette semaine après l'ouverture l’ancien port Kakinada Deep Water Port, ce qui pourrait potentiellement réduire la congestion. Les délais d'attente au port de Kakinada Anchorage avaient atteint jusqu'à quatre semaines, contre environ une semaine normalement, en raison de la congestion du port (Lire : L’Inde rouvre un port pour mieux acheminer son riz, ce qui pourrait faire baisser les prix). Le port en eau profonde de Kakinada est en état de fonctionnement depuis samedi dernier, a déclaré B.V. Krishna Rao, président de l'Association des exportateurs de riz de l'Inde en précisant que les économies réalisées par les exportateurs sur les frais de surestarie pourraient être répercutées sur les agriculteurs et les acheteurs étrangers.

En Thaïlande, les prix du riz Thaï 5% se sont rétrécis à $540-$560 la tonne mais demeurent  toujours proche des plus hauts de 10 mois. "Il y a une demande modérée et moins d'offre dans le pays. Il n'y a pas beaucoup de demande de l'étranger non plus parce que nos prix sont plus élevés que nos concurrents", a déclaré un commerçant basé à Bangkok.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% sont tombés à $505-$510 la tonne contre $510-$515 avant les vacances du Nouvel An lunaire avec l’accélération des récoltes dans le delta du Mékong. Les négociants ont déclaré qu'ils achetaient plus de riz aux agriculteurs dans l'attente d'une demande croissante des importateurs, poussant les prix intérieurs du paddy non décortiqué à un sommet de 10 ans compris entre 6 200 et 7 000 dong par kilo.

Au Bangladesh, les prix intérieurs ont augmenté de 35% en 2020 dans un contexte d’une faible offre et d’une demande accrue pendant la pandémie, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. En réponse, le gouvernement a lancé des importations de 2 millions de tonnes de riz et également abaissé les droits d'importation sur le riz de 65,5% à 25%.

En Afrique, les importations de riz devraient être encore en forte hausse en 2021pour s’établir à 17,8 millions de tonnes (Mt) contre 15,6 Mt en 2020, ce qui représente 37% des importations mondiales souligne Patricio Méndez del Villar dans son dernier rapport de marché. Il estime que la production rizicole en 2020/21 en Afrique ne devrait guère progresser dans l’ensemble en dépit d’une bonne pluviométrie en 2020.

SUCRE

Et ça continue ! On a retrouvé le sucre roux à 17,51 cents à la clôture hier à New York alors qu’il était encore à 16,38 cents sur l’échéance mars en fin de semaine dernière. Le sucre blanc, quant à lui, a terminé à $ 473,20 la tonne contre $ 469,60 vendredi dernier.

L’étroitesse de l’offre en produit physique (on estime que la production indienne serait légèrement inférieure aux anticipations et celle en Thaïlande demeure faible) expliquerait cette hausse des prix mais aussi le renchérissement des produits pétroliers, davantage de canne allant à la production d’éthanol que de sucre.

Autre facteur haussier, l’analyse du spécialiste Czarnikow qui s’attend à ce que la consommation cette année revienne à ses niveaux d’avant la Covid-19, en 2019. Pour sa part, Commerzbank estime que l’excédent serait légèrement supérieur à celui enregistré l’année dernière.

Côté entreprises, le groupe coopératif français Tereos a annoncé mardi un chiffre d’affaires sur le trimestre en hausse de 2% à € 1 152 millions mais avec une « tendance légèrement négative sur les 9 premiers mois de l’exercice (-1% à taux de change courant) ». Il souligne, dans son communiqué, une « campagne record au Brésil, avec 20,9 millions de tonnes de canne à sucre transformée dans de bonnes conditions de performance opérationnelle » ainsi qu’une « campagne betteravière en Europe fortement impactée par les bio-agresseurs, avec des rendements des coopérateurs Tereos 26% inférieurs à la moyenne historique ».

D’autre part, la hausse des prix du sucre a conduit les géants de l’agro-industrie Kraft Heinz et Conagra Brands a déclaré mardi qu’ils pourraient augmenter le prix de certains de leurs produits étant donné le renchérissement du sucre, du blé et d’autres matières premières.  

Enfin, notons que l’Egypte poursuit son redressement dans la filière sucre. Le ministre de l’Approvisionnement, Ali Moselhy, a déclaré hier que la belle production de betterave sucrière devrait permettre au pays d’être autosuffisant en sucre à 90.

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