19 mars 2009 - 00:00 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Le mouvement haussier est-il durable ?

(19/03/09)

Les matières premières, hard et soft, ont été impactés cette semaine par la baisse du dollar, baisse considère par nombre d’analystes comme le début d’une dévaluation programmée. De ce fait, quasi mécaniquement, le pétrole a grimpé à son plus haut depuis le début de l’année, l’or et le cuivre se raffermissant aussi, entrainant dans leur sillage bon nombre de matières premières.

Bois. L’étroitesse de l’offre de certaines essences d’Afrique a provoqué une hausse de leur cours et ce, malgré une demande européenne qui demeure atone. L’Afrique n’est pas seule dans cette situation : en Malaisie ou encore au Brésil, l’offre est également en baisse.
S’agissant de l’Afrique, l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) a relevé ces deux dernières semaines une hausse de 11 euros des grumes de Padouk et de 8 euros de l’Okoumé. En revanche, les grumes de sipo ont baissé de 300 à 280 euros et le Movingi est passé de 191 à 160 euros le m3.
Ces mouvements sur les prix des grumes ne se ressentent pas encore sur les sciages, d’autant plus que toute l’activité de transformation est globalement au ralenti.
Toute la demande quasiment provient d’Inde, de Chine et du Vietnam où le secteur de l’ameublement continue à croître. A noter que le jeu des devises est en faveur de l’Afrique de l’Ouest qui vend en euros alors que l’Asie vend en dollar.
A noter que les exportations ghanéennes de produits du bois ont progressé de 3,3% en volume sur l’année 2008, à 545 910 m3. Ses revenus ont connu une évolution plus faible, de 1,3%, à 186,6 millions par rapport à 2007. (Voir notre blog Bois tropicaux, www.sequencemedia.com/africablog).

Cacao. Les fèves grimpent ! Le 23 février dernier, elles cotaient £ 1656, au plus bas, alors qu’actuellement, elles sont à £ 1920 la tonne. Une des raisons : la baisse du dollar. « On est parti dans la dévaluation du dollar », note un négociant. Outre les facteurs monétaires, comme autres facteurs explicatifs on note les prises de bénéfices ou encore les arrivages en hausse en Côte d’Ivoire. « Depuis 10 jours, les arrivées en Côte d’Ivoire étaient moins bonnes que l’année dernière, puis c’est reparti », poursuit-il. Mais ceci n’influe pas son pronostic, ni les informations qui se sont fait entendre dernièrement : la récolte intermédiaire ne sera cette année que de 240 000 t environ contre l’année dernière 260 000 t ou même plus car il y a toujours un flou en fin de campagne. Il y aura un déficit cette année estimé à 180 000 t. Rien d’étonnant avec une consommation mondiale qui est en baisse de 5% environ.
Ce qui explique le déport du marché, c’est-à-dire que les échéances éloignées sur le marché à terme sont moins chères que les échéances rapprochées. Pourquoi ? « Car nous sommes en déficit structurel cette année et on le sera encore l’année prochaine », poursuit notre interlocuteur. En outre, le Ghana vend actuellement et donc appuie sur l’éloigné alors que l’industrie est mal couverte et hésitante : elle n’a des stocks que pour couvrir quatre mois de sa consommation et n’achète qu’à court terme face aux incertitudes actuelles sur tous les marchés et la conjoncture.
Quant au marché physique, les fèves sont plus petites à cette époque de l’année, il y a beaucoup de cacao à charger et l’industrie n’est pas avide de produit. Rappelons qu’habituellement, les stocks sont au pic en mai puis baissent jusqu’en novembre.

Café. C’est en beauté que l’Arabica a terminé la période sous revue, en hausse à New York de 2,7%, son plus haut niveau en un mois sur un dollar affaibli et une belle remontée des prix des matières premières globalement.
Selon l’Organisation internationale du café (OIC), la crise ne devrait guère impacter la demande en café, que ce soit en Robusta ou en Arabica. Mais il est certain que les schémas de consommation changent et s’adaptent à la période actuelle de crise : on va moins chez Starbucks et davantage chez McDonalds qui, d’ailleurs, a lancé son McCafe expresso alors que Starbucks envisage de fermer 1 000 de ses boutiques…
Dans les pays producteurs, en Côte d’Ivoire, les arrivages aux ports ont totalisé au 8 mars 39 468 t de café contre 35 000 t à pareille époque l’année dernière. Au Kenya, les prix ont grimpé lors de la vente aux enchères de mardi, 17 mars, face à la baisse des volumes de belles qualités présentés. En Tanzanie, le même jour, les prix aux enchères ont également baissé car la qualité n’aurait aps été au rendez-vous.

Caoutchouc. Les contrats à terme de la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc ont progressé jeudi pour finir au-dessus de 140 yens. La hausse du pétrole a effacé les pertes initiales liées à la décision surprise de la Réserve Fédérale de racheter des emprunts du Trésor.
Le caoutchouc a d’abord cédé du terrain face à la montée du yen. Mais la montée du pétrole à plus de $ 49 le baril, liée au recul du dollar, a permis de réduire les pertes.
Au niveau de l’offre, l’Inde a corrigé ses estimations de production de cette année à 859 000 t de caoutchouc, contre 861 000 t initialement annoncées du fait de la saison sèche de l’hivernage et de la baisse des rendements, selon des officiels.

Coton. Les contrats à terme de la Bourse de New York pour le coton ont fini en baisse mercredi sous la pression des liquidations des investisseurs, même si quelques achats ont permis de limiter les pertes. Selon le National Cotton Council, les fermiers américains devraient planter 4,05 millions d’hectares de coton en 2009, la superficie cotonnière la plus réduite depuis 25 ans.
Au Burkina, après trois années de production plutôt décevantes, le pays devrait se ressaisir et atteindre les 600 000 t en 2009/10. En 2007/08, elle n’a été que de 360 000 t, a souligné Léonce Sanon, coordinateur de l’Union nationale des producteurs de coton.
Selon Cotton Outlook, la production africaine zone Franc serait estimée à 556 000 t, soit moins que les 559 000 t avancées par ce même organisme en janvier et nettement inférieurs aux 570 000 t enregistrées en 2008/09.

Sucre. Le sucre a aussi bénéficié de la remontée des cours des matières premières cette semaine, sur des achats de fonds d’investissements face à un dollar en baisse. Côté fondamentaux, le sucre demeure soutenu par l’attente d’achats indiens conséquents ainsi que d’autres pays en Asie. Selon David Sadler de Sucden, l’Inde pourrait importer jusqu’à 3,5 millions de tonnes cette année. Il estime que les cours du sucre roux pourraient atteindre les 14 à 15 cents la livre au second semestre.
Pour sa part, Maurice a annoncé que sa production avait progressé de 3,7% en 2008, à 452 062 t. La production de canne a augmenté de 7%, à 4,53 millions de tonnes alors que la superficie consacrée à cette culture était en recul de 3,5% à 62 011 ha.

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