19 avril 2008 - 10:37 |

Le Rendez-vous Matières du jeudi

Les marchés dans l’expectative

(19/04/08)

Bois. Les prix des essences ouest africaines sont plutôt stables dans leur ensemble, avec quelques réajustements à la hausse du prix de l’azobé (€168 par m3) et de l’okan (251) en grumes ces dernières semaines, ainsi qu’une hausse du padouk (€ 600 le m3 FAS GMS) en sciages. Les sciages d’okoumé ont en revanche baissé à € 325 le m3 FAS GMS.
L’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) s’attend à une période de volatilité des prix étant donné la situation économique aux Etats-Unis et au Royaume Uni. Il est certain, constate l’OIBT, que si la récession américaine se fait encore plus ressentir sur le secteur de la construction, réduisant ainsi la demande en bois sud-américains, ces origines vont tenter de faire une percée agressive sur le marché européen : les origines africaines devront faire face à cette concurrence avec comme handicap majeur un euro fort face au dollar, monnaie de cotation des bois sud-américains. Côté meubles, la Chine qui fournit une bonne part du marché nord-américain pourrait ressentir la baisse de la demande pour ces produits et de ce fait Pékin achèterait moins de bois à l’Afrique.
Dans ce contexte, il est difficile de faire des prévisions au niveau mondial et au niveau africain, estime encore l’OIBT.
Pour l’instant, la demande en bois d’Afrique de l’Ouest demeure à un niveau normal. Le marché serait plutôt mené par la demande que par l’offre car on constate en Europe un sur approvisionnement en bois tendres. Parallèlement, la demande indienne et chinoise en bois ouest-africains demeure ferme.
Dans les pays producteurs, la traque contre l’exploitation illégale des forêts se poursuit au Ghana : policiers et militaires ferment des scieries établies illégalement. D’autre part, la Forest Services Division (FSD) poursuit son activité de reboisement, en duo avec des communautés villageoises et des exploitants forestiers privés, afin de replanter des essences exotiques telles que le wawa, l’emire, le mahogany, edinam, chenchen, ceiba et papao. A noter qu’au Ghana, les prix d’un certain nombre de ces essences en sciages ont augmenté ces dernières semaines, comme le wawa ($ 245 le m3), l’emeri ($ 350), le ceiba ($ 204), mais aussi le redwood ($ 360) et l’ofram ($ 330).
Lors de la présentation de ses résultats 2007, le groupe Rougier a souligné que, selon les essences, les prix du bois avaient augmenté de 5 à 25% l’année dernière.

Cacao. « Un marché dans tous les sens ! », constate cette semaine un négociant en cacao. La nervosité demeure la caractéristique essentielle avec des fonds d’investissements qui poussent globalement à la hausse, puis se rétractent dès qu’ils ont un « coup de blues » liés bien souvent à des appels de marge ou, comme hier, lorsque les chiffres de broyages américains sont mauvais. Côté industrie, « ils ne parviennent pas à prendre leur courage à deux mains et acheter ! », constate encore notre interlocuteur. Ils reportent leur décision et cela peut encore durer deux à trois mois.
A noter que les structures du marché sont inversées, avec un rapproché plus cher que l’éloigné : £ 1479 sur juillet à Londres et £ 1372 sur juillet 2009 ; $ 2767 sur mai à New York et $ 2637 sur mai 2009.
Plusieurs éléments expliquent cela : le déficit mondial cacaoyer était de 350 000 t la campagne dernière contre 120 000 t cette campagne. Il se réduit mais il demeure, alors que la situation climatique est normale. « Si El Nino apparaît, on va voir ce qu’on va voir ! La tonne de cacao est actuellement autour de £ 1 400 mais elle peut grimper à £ 1600 sur la campagne 2008/09, et même faire une pointe à £ 1800 à partir du 1er octobre ! », estime-t-il.
Des prix qui seraient tout à fait normaux. « Le marché est collé aux fondamentaux et les prix actuels sont à des niveaux normaux étant donné la faiblesse de la livre sterling. Si la livre était à son niveau de l’année dernière, le cacao serait 15% moins cher, vers £ 1240. »

Café. La légère reprise du dollar hier a entrainé plusieurs matières premières à la baisse, mécaniquement, dont le café. L’Arabica a perdu 3% hier. Mais la veille, jeudi 17 avril, il touchait un plus haut en cinq semaines ! A Londres, le Robusta a baissé sur des prises de bénéfices vendredi mais il a atteint cette semaine dernière son plus haut en un mois. Difficile de tirer une tendance avec une telle volatilité…
Côté producteurs, la Côte d’Ivoire avait enregistré au 28 mars 57 838 t de café à l’exportation sur la campagne 2007/08, soit une nette baisse par rapport aux 66 878 t à pareille époque l’année dernière.
Au Kenya, les prix ont baissé aux ventes aux enchères de Nairobi le 16 avril, avec une moyenne de $ 170,79 le sac de 60 kilos contre $ 181, 29 la semaine précédente. Sur les 21 405 sacs offerts, 19 013 ont été vendus. Une baisse des prix normale, selon les observateurs, car les belles qualités commencent à se faire rare. Il devrait encore en rester jusqu’à fin avril mais guère au-delà alors qu’habituellement on en trouve encore à vendre en mai. Rappelons que la production a baissé cette campagne du fait des maladies qui ont touché la cerise : la récolte n’est attendue qu’à 42 000 t.
Les Kényans qui ne semblent pas s’inquiéter de la récolte record attendue au Brésil car les stocks au Kenya sont faibles et la demande est toujours au rendez-vous pour ce café si recherché.

Caoutchouc. Les contrats à terme du caoutchouc ont fini en hausse vendredi après avoir affiché des gains au cours des trois dernières sessions mais le marché a le regard focalisé sur l’offre en Thaïlande, premier producteur mondial de caoutchouc, souligne Reuters. Après la saison sèche, des planteurs ont commencé la saignée des arbres dans certaines régions au sud de la Thaïlande, mais l’offre ne devrait pas augmenter subitement car les arbres produisent encore peu de latex.
En Côte d’Ivoire, les exportations ont totalisé 49 148 t entre janvier et mars de cette année, en hausse de 14% sur la même période l’année dernière, selon les chiffres du port.

Céréales. Les prix continuent à grimper, notamment au Sahel. Selon Afrique Verte, les disponibilités sont faibles par rapport à la demande,, ce qui pousse les prix à la hausse. ? Pour remédier à cela, le gouvernement malien a interdit l’exportation de céréales, obligeant la mise en marché des stocks constitués par les opérateurs pour l’exportation. En revanche, au Burkina Fao, les prix sont relativement stables alors qu’au Niger, toujours selon Afrique Verte, la tendance générale est à la baisse pour le riz et à la stabilité pour les céréales sèches.

Coton. Le coton a, lui aussi, terminé en baisse en fin de semaine sur des positions prises par des fonds d’investissement qui ne sont absolument pas liés aux fondamentaux.
Côté producteurs, en Côte d’Ivoire, les exportations n’ont atteint que 60 331 tonnes entre les mois de janvier et mars, soit 10% de moins que sur la même période l’année dernière, selon les chiffres du port d’Abidjan. Rappelons que les transports ferroviaires de coton du Burkina vers le port d’Abidjan n’ont repris qu’en décembre 2006 et le transport par route en mars 2007. La production cotonnière ivoirienne n’a été que de 150 000 t l’année dernière alors qu’elle s’élevait aux alentours de 400 000 t avant la guerre civile de 2002-2003.

Filières: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +