19 juin 2007 - 00:00 |

Chronique : le rendez-vous Matières du jeudi

CACAO – A cette période de l’année, le marché est relativement calme. Sous la semaine sous revues, les cours ont fluctué à la baisse et à la hausse avec un plus haut depuis 2,5 semaines à $1 903 pour le contrat spot juillet, s’appréciant de $66 le 14 juin à New York. De même à Londres, le contrat septembre a gagné £ 41 à £ 1 069 la tonne.
En Côte d’Ivoire, on observe une quasi-stagnation des exportations de fèves d’octobre à mai à 811 715 tonnes et à une hausse, de 4%, des produits dérivées du cacao sur la même période à 195 979 t. Quant aux arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro, ils étaient de 1,1 Mt entre le 1er octobre et le 10 juin, contre 1,208 Mt l’année dernière.
Au Ghana, les achats déclarés de cacao par les acheteurs privés au Cocobod ont atteint 575 908 t du 13 octobre au 24 mai, contre 594 089 t pendant les 32 premières semaines de la saison dernière qui a démarré le 7 octobre 2005

CAFE - Le Robusta continu sur sa lancée. Les cours ont touché le 12 juin leurs plus hauts niveaux depuis 1998 sur le marché à terme de Londres, toujours dopé par des inquiétudes sur une offre vietnamienne insuffisante et de mauvaise qualité. Des cours qui se sont repliés le lendemain à $1 880 sous la pression de la prise des bénéfices.
Selon les dernières statistiques du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production mondiale de café en 2007/08 serait en retrait de 12,5 millions de sacs (Ms) de 60 kilos à 118,9 millions de sacs. Déclin principalement attribuable à un recul du Brésil où la production devrait s’établir à 36,2 Ms contre 46,7 Ms en 2006/07. Les exportations mondiales seraient de 93,7 Ms contre 97,9 Ms. De plus, note l’USDA, les stocks de clôture sont au plus bas à 16,8 Ms.
Selon les statistiques du port d’Abidjan, encore provisoires, les exportations de grains de café d’octobre à mai sont en légère augmentation par rapport à la même période l’année dernière (+3,5%). Elles totalisent 66 233 tonnes.

CEREALES – Lors de la conférence de presse de l’Office national (français) interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC) mercredi (13 juin), son directeur général Bruno Hot a ainsi résumé la situation sur les marchés d’Afrique, notamment du point de vue des céréaliers français : ”En CAF, donc en tenant compte des coûts de transport, même si c’est en dollar (ce qui nous désavantage), nous (Ndlr. les céréaliers français) sommes sur le Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc, un peu moins sur l’Egypte) où nous sommes parfaitement compétitifs par rapport aux Américains et même par rapport à la Mer Noire”, précise M. Hot.
En revanche”, poursuit-il, ”sur l’Egypte, la Hongrie est très compétitive par rapport aux autres pays de la Mer Noire, comme l’Ukraine ou la Russie. D’autant plus que l’Ukraine, avec les situations de sécheresse qu’on est en train d’observer actuellement, a annoncé qu’elle serait quasiment absente du marché pendant les trois premiers mois de la campagne. Il y a donc des opportunités sur l’Egypte et nous, Français, ne sommes pas très loin non plus. Les Hongrois doivent sortir par Constanza et ont l’avantage d’arriver avec des petits bateaux. Nous pouvons également venir avec des petits bateaux alors 15/06/07
que les Américains doivent venir avec des gros bateaux ce qui, en termes de coûts de fret, est très lourd à gérer.

En Afrique du Nord, la récolte est à peu près correcte en Algérie et en Tunisie. Le pays qui souffre le plus est le Maroc où il y a eu une très forte sécheresse. Sa production 2007/09 sera réduite de quasiment moitié par rapport à sa production normale et il devra beaucoup faire appel à l’importation”, déclare le directeur général de l’Office français.
En Afrique Australe, la sécheresse a considérablement réduit la production de maïs au Zimbabwe. Elle s’établirait à 500 000 tonnes en 2006/07 selon le gouvernement alors que les projections des agences étaient de 799 000 t. En tout état de cause, elle est insuffisante pour combler les besoins nationaux qui sont d’environ 2 millions t par an. Une situation critique pour des milliers de Zimbabwéens dont le maïs est aliment de base. Le 8 juin, un rapport conjoint de la FAO et du PAM estimait que 2,1 million de personnes, soit 1/3 de la population zimbabwéenne, devrait faire face à de sérieux manque de nourriture au troisième trimestre. En Zambie, la production de maïs 2006/07 devrait être aussi être moindre passant de 1,42 Mt en 2005/06 à 1,36 Mt. Le pays table sur des exportations de 250 000 t.
Au niveau mondial, la FAO estime le 7 juin que la production de maïs devrait atteindre un record à 770 Mt en 2007 sous l’impulsion de l’Amérique du Sud et des Etats-Unis. Les Etats-Unis où les surfaces ensemencées en maïs n’ont jamais été aussi importantes qu’en 1944 et où quelques 86 Mt de maïs devraient être destinées à la production d’éthanol en 2007/08, en hausse de 60%.
Enfin, au niveau européen, les ministres européens de l’Agriculture ont décidé, le 11 juin, de mettre fin d’ici à 2009 au système d’intervention sur le marché du maïs après une période de transition de deux ans. Rappelons que ce système permet à l’Union européenne de racheter aux agriculteurs européens leurs récoltes invendues à prix garanti. A la fin 2005/06, les stocks d’interventions communautaires de maïs atteignaient 5,6 Mt. Une décision qui pourrait faire tâche d’huile, notamment pour les autres céréales (blé panifiable, blé dur, orge et sorgho).

COTON -Le coton a clôturé le 14 juin à New York à un plus haut depuis mi-mars à 54 cents la livre le contrat de juillet. Pour la nouvelle récolte de décembre, le contrat a gagné 1,02 cents à 59,01 cents la livre.
Les exportations de coton de Côte d’Ivoire ont totalisé 114 542 tonnes de janvier à mai 2007, en baisse de 17% par rapport à l’année dernière et ce en dépit de la reprise des exportations en provenance du Burkina Faso qui transitent par le port d’Abidjan. La production de coton ivoirien est tombée à environ 240 000 t.
En Côte d’Ivoire où la Cour Suprême a confirmé le 12 juin la liquidation de La Cotonnière de la Côte d’Ivoire (LCCI), qui appartient à l’homme d’affaires malien Cheickna Kagnassy et à son fils Sidi.

POIVRE – Le marché calme, les prix sont inchangés. VANILLE – Nous sommes entre deux récoltes, les prix de la vanille ne varient donc pas. Il faudra attendre la fin de l’année pour qu’une activité soutenue reprenne.

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