19 juin 2009 - 12:10 |

Des dattes tunisiennes visent le haut de gamme pour la Chine

Développer une stratégie pour atteindre les 8 000 t

(19/06/09)

Les Chinois connaissent peu la datte Deglet-Nour de Tunisie, plus habitués à consommer ce fruit venu d’Iran et d’Irak, selon Fredj Boukottaya, producteur de dattes (2 000 à 2 500 t sur une production totale tunisienne de 160 000 t) et gérant de la société tunisienne Alyssa, et présent au SIAL à Shanghai en mai 2009.
Pour aborder ce vaste marché, il faut donc procéder pas à pas, estime-t-il, organiser des dégustations, faire des livraisons tests, regrouper les envois avec d’autres produits similaires afin de réduire les coûts de fret. Pour la grande distribution, le producteur entend solliciter Carrefour qui est établi depuis longtemps en Chine et avec qui il travaille déjà sur le marché français, et pour la vente en petits volumes, il envisage de recourir à de petits distributeurs chinois. Surtout, il faut créer de plus petits emballages que ceux utilisés sur les marchés traditionnels de l’export, comme la France ou le reste de l’Europe.
« Ce n’est pas comme en France où la communauté musulmane est importante », souligne Fredj Boukottaya. « C’est cette communauté qui a fait connaître le produit. Ici il faut passer par de petits emballages : une dizaine ou une vingtaine de pièces. Il ne faut pas aller jusqu’au kilo. Pour nous, cela revient plus cher mais il faut placer le produit à son prix. Sur le marché chinois, on doit placer notre produit sur le haut de gamme. Du coup, il va falloir travailler notre présentation. _»
Le producteur entend conserver la maîtrise ce son produit, notamment de sa marque. Pour cela, il récuse le vrac. « Les Chinois demandent du vrac. Mais si on fait du vrac on ne pourra pas conserver notre marque. Cela deviendra un produit chinois : ils vont le conditionner et en faire leur produit. Donc nous devons étudier l’emballage. C’est un gros marché », précise-t-il.
Fredj Boukottaya est très confiant. Il estime que d’ici cinq ans, la Chine peut représenter un marché de 8 000 t de dattes tunisiennes. « _Ce serait la même consommation que la France
 »
Et le producteur de réfléchir aux moyens : «  Il existe un groupement interprofessionnel en Tunisie. Au sein de ce groupement, on peut faire circuler une stratégie d’approche du marché chinois et tout le monde peut y participer. On peut même faire des groupages avec d’autres produits comme l’huile d’olive. »
Rappelons que les principaux marchés pour les dattes tunisiennes sont la France qui absorbe 20% du volume total de la production, le Maroc (28%), l’Italie (8%), l’Allemagne (9%), l’Espagne (7%) et l’Angleterre (1%).

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