19 octobre 2010 - 13:47 |

La croissance de l’Afrique s’accélère

Perspectives encourageantes du FMI


(19/10/2010) Dans sa dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale (octobre 2010), le FMI souligne que la reprise économique continue de s’affermir avec une croissance mondiale d’environ 5,25% mais 3,5% dans les pays avancés. Pour l’Afrique, le FMI estime que la croissance s’accélère et concerne tous les pays. Le principal risque qui pèse sur les perspectives d’évolution de la région est l’essoufflement de la demande.

Nous reprenons ci-dessous une grande partie du chapitre sur l’Afrique.

« À l’heure où l’Afrique subsaharienne se redresse après le ralentissement de l’activité qu’elle a connu en 2009, de solides fondamentaux dans une grande partie de la région la mettent en bonne position pour profiter de la reprise mondiale maintenant engagée. La baisse de l’activité à 2,6 en 2009 a été de courte durée du fait notamment que des mesures anticycliques ont pu être rapidement exécutées grâce à la marge de manœuvre que de nombreux pays s’étaient assurée avant la récession. La croissance de la production devrait s’accélérer dans la région pour atteindre 5 en 2010 et 5,5 % en 2011 avec l’appui non seulement de la remontée des exportations et des prix des produits de base, mais aussi de la vigueur de la demande intérieure dans plusieurs pays. Les entrées de fonds en provenance de l’étranger, y compris les flux de capitaux publics, l’IDE et les envois de fonds des travailleurs émigrés, ont été moins affectées par la récession mondiale qu’on l’avait craint, mais les perspectives restent incertaines pour l’avenir.

Plus de 6% de croissance au Nigeria et en Angola
Le redressement de la demande mondiale et le renforcement des prix du pétrole soutiennent actuellement la croissance dans les pays africains exportateurs de pétrole. Au Nigeria, le plus grand d’entre eux, la vigueur persistante de la croissance dans le secteur non pétrolier est soutenue par l’accroissement de la production pétrolière, rendu possible par le recul de l’instabilité dans la région du delta du Niger. La croissance de la production du Nigeria devrait donc s’accélérer et passer de 7 en 2009 à 7,4 en 2010 et 2011. La croissance devrait aussi se redresser en 2010 en Angola, le deuxième pays exportateur de pétrole de la région, après la baisse des exportations pétrolières et le resserrement budgétaire observés en 2009. Elle devrait passer de moins de 1 en 2009 à environ 6 en 2010 et environ 7 % en 2011.

Soutien de la demande intérieure et de la reprise mondiale
Les pays à revenu intermédiaire de l’Afrique sub- saharienne — dont la production a diminué en 2009 du fait des liens commerciaux plus étroits qui les unissent au reste du monde — sont maintenant fermement engagés dans la voie de la reprise. L’Afrique du Sud, la plus grande économie de la région, a bénéficié de la persistance d’une forte demande de produits de base émanant d’Asie et d’une reprise de la demande de produits manufacturés émanant de la zone euro, son principal marché. Il semble également que l’assouplissement de la politique monétaire mis en œuvre l’année dernière soutienne une reprise de la demande intérieure. Après une contraction de près de 2 en 2009, la production sud-africaine devrait augmenter de 3 en 2010 et de 3,5 en 2011.
L’exposition relativement modeste des pays à faible revenu de la région aux flux commerciaux et financiers internationaux leur a permis de ne pas subir de plein fouet les effets de la récession mondiale. Pour la même raison, ils devraient connaître une faible accélération de la croissance cette année. La croissance de leur production devrait passer de 4,5
en 2009 à 4,9 en 2010 et à 6 en 2011. D’une manière générale, la croissance dans les pays à faible revenu devrait être tirée autant par des facteurs intérieurs que par la reprise mondiale. Au Kenya, par exemple, une reprise des entrées touristiques et une amélioration de la pluviométrie devraient soutenir l’accélération de l’accroissement de la production qui devrait atteindre 4,1 % en 2010.

Si la reprise mondiale s’essouffle
Le principal risque qui pèse sur les perspectives d’évolution pour la région est un essoufflement de la reprise mondiale. Mais les risques ne sont pas les mêmes pour tous les pays. Pour les pays exportateurs de pétrole, les conséquences d’un ralentissement mondial se feraient principalement sentir par le biais de ses effets sur les cours du pétrole. Pour les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, en revanche, les risques se situent au niveau de leurs exportations vers l’Europe — qui représentent un tiers environ de l’ensemble de leurs exportations et sont près de quatre fois plus importantes que celles vers les États-Unis. En dehors de ces liens commerciaux, la faiblesse persistante des pays avancés et les mesures qu’ils ont prises pour réduire les déficits budgétaires risquent d’affecter les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne en réduisant les apports d’aide et les flux financiers privés en direction de
la région. Les envois de fonds des travailleurs émigrés sont une source importante d’apports en provenance de l’étranger; ils représentent, par exemple, près de 10 % du PIB au Sénégal. Ils risquent d’être affectés par un affaiblissement des conditions économiques dans les pays qui emploient des travailleurs migrants originaires d’Afrique subsaharienne.
Les répercussions sur les marchés des actifs financiers de la plus grande instabilité ou aversion pour le risque observée au niveau mondial seront probablement limitées. Les flux d’investissements de portefeuille tiennent une place moins importante dans l’ensemble des entrées de capitaux en Afrique subsaharienne que dans le reste du monde, et les marchés de capitaux de la plupart des pays de la région sont relativement peu développés. L’Afrique du Sud constitue une exception notable à cet égard: ses marchés boursier et monétaire sont souvent plus sensibles aux variations de l’humeur des marchés au niveau mondial que d’autres marchés émergents en Asie ou en Amérique latine, car les opérations effectuées par des non-résidents y représentent une part relativement importante du volume des transactions.
Enfin, la reprise étant engagée, l’action budgétaire de nombreux pays de la région devrait viser à commencer à s’attaquer aux priorités à moyen terme. La demande privée et la demande extérieure se redressant, les pays devront rétablir leur marge de manœuvre budgétaire et revoir son utilisation. Des soldes budgétaires plus prudents s’imposent là où la croissance de la production remonte, les niveaux d’endettement augmentent et les déficits primaires sont trop importants pour permettre une stabilisation de la dette à moyen terme. Par contre, là où la croissance de la production reste faible et où les déficits budgétaires sont maîtrisés, il est sans doute possible de supporter des niveaux de dépenses plus élevés dans des domaines prioritaires comme l’éducation, la santé et l’investissement dans les infrastructures. Un des aspects positifs de la réaction à la récente récession réside dans le fait que de nombreux pays de la région ont été en mesure de protéger ce type de dépenses publiques en faveur des populations défavorisées et de la croissance. Comme souligné dans l’édition d’avril 2010 de la publication intitulée Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, les dépenses consacrées à la santé et à l’éducation ont augmenté,en termes réels, dans 20 des 29 pays à faible revenu en 2009. Les dépenses publiques d’équipement ont aussi augmenté, en termes réels, dans la moitié des pays de la région ».

Dans le PDF joint, l’évolution et la projection du PIB, des prix, du solde extérieure courant et du chômage (2009-2010-2011) pour plusieurs pays d’Afrique

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