19 novembre 2018 - 15:16 |

Cajou, la Tanzanie sauvera-t-elle le marché de la baisse des prix ?

C’est un véritable coup de force et pari que mène le président tanzanien John Magufuli en faveur de ses producteurs de noix de cajou. Depuis la fin octobre où il a ordonné une hausse de 94% de prix des noix de cajou à 3 000 shillings tanzaniens ($1,31) le kilo et dissous le Board et le patron du board (cf. nos informations ), il a limogé les ministres de l’Agriculture et du Commerce, décidé que l’Etat achèterait les noix de cajou aux agriculteurs et a déployé l’armée pour y parvenir. « Ce pari semble fou, puisqu’acheter la totalité de la production du pays (environ 300 000 tonnes attendues) revient à dépenser environ $430 millions, soit environ 5% du budget de l’Etat tanzanien, mais le président semble déterminé et assure être en mesure de trouver des importateurs à qui revendre la production du pays »souligne le spécialiste n’kalô.

Un branle-bas de combat qui a créé une tension sur le marché international de la noix de cajou et fait monter les prix avec le blocage de la campagne de commercialisation en Tanzanie et une probable réduction de son offre au cours des prochains mois !

Une situation qui n’est pas sans rappeler, dans le sens inverse, le coup de force du Vietnam, premier transformateur mondial, en mars dernier décrétant que les prix de la noix de cajou était trop élevés avec une baisse presque immédiate des prix, qui s'est prolongée durant toute la campagne  (voir : Coup de tonnerre sur le marché de la noix de cajou, le Vietnam à la manœuvre).

Une tension sur le marché alors que la demande en amande de cajou amorce une hausse, observe une n’kalô. Les exportations d’amandes de cajou du Vietnam sur les dix premiers mois de l’année progressent de 4,9% à 306 687 tonnes. Assiste-t-on pour autant à une nouvelle hausse durable des prix mondiaux des noix et amandes de cajou ? « C’est plus incertain » estime l’analyste Pierre Ricau, mais c’est probablement la fin du cycle baissier. Et les pays d’Afrique de l’Ouest profitent déjà de cette petite embellie avec des prix légèrement plus élevés pour les stocks disponibles, environ 150 000 tonnes, dont 100 000 tonnes en Côte d’Ivoire.

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