20 janvier 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Reprise du caoutchouc

(20/01/2011)

CACAO Les cours du cacao ont globalement peu variés par rapport à la semaine dernière. Jeudi à la clôture, ils gagnaient $24 à $ 2 239 la tonne à New York et £2 à £ 1 505 la tonne à Londres supportés par le temps sec qui règne en Côte d’Ivoire et un dollar plus faible notamment vis à vis de la livre sterling. Les incertitudes sur la demande ont été confortés par la publication des broyages américains, qui sont dans la même tendance de celle observée la semaine dernière en Europe, avec une progression moindre qu’anticipée, en hausse de 1,49% au quatrième trimestre 2011 à 118 926 tonnes. En Malaisie, les broyages sur l’ensemble de l’année sont en retrait de 1% à 299 271 tonnes (302 366 tonnes en 2010) et sur le quatrième trimestre en recul de 7,4%. En revanche au Brésil, les broyages sur 2011 atteignent un record de 240 462 tonnes avec une progression de 12,5% en décembre.
Le fort et prolongé harmattan qui sévit dans les principales zone de production du cacao en Côte d’Ivoire, couplé avec un manque de pluies, diminue les perspectives de la récolte principale. Au 15 janvier, les arrivées dans les ports ont chuté de près de 4% à environ 763 000 tonnes, selon les exportateurs. L’insuffisance de l’offre fait grimper les prix qui se sont établis entre FCFA 840 et 860 le kilo contre FCFA 730 le kilo la semaine dernière. Au Cameroun, les prix ont aussi progressé entre 5 et 25% avec le resserrement de l’offre, la récolte principale diminuant. En décembre, les exportations du Cameroun sont en recul de
11% à 131 989 tonnes.

CAFE Après les festivités, l’activé se reprend sur le marché du café mais elle reste cantonnée essentiellement sur le court terme et pour faire face au strict nécessaire. Une tendance qui s’est déjà installée en 2011 et qui, sauf hausse marquée des cours, ne devrait pas se modifier, souligne un courtier. Il avance plusieurs raisons. « En premier lieu, les problèmes de financement chez les acheteurs et chez les négociants. Étrangement les producteurs ne sont pas affectés, mais l’avenir s’obscurcit pour eux également. Soutenus par les aides des Etats, ils peuvent retenir les ventes et donc être plus exigeant sur leurs prix. Néanmoins, il serait étonnant que la crise financière et les croissances poussives dans les pays occidentaux, ne finissent pas par les toucher également. Ensuite, les différentiels positifs, voir prohibitifs, sur l’ensemble des origines n’invitent pas à prendre position. L’accumulation des stocks invendus dans les pays producteurs finira par être insoutenable. Pour l’instant, ils ont obtenu leurs prix, car les multinationales ont été obligées de se couvrir mais elles n’ont plus de besoins importants à court terme. Pourront-ils tenir jusqu’aux prochains achats ? Là se trouve la clé du marché. Enfin en Europe, les acheteurs peuvent toujours se procurer du café à n’importe quel moment en entrepôt où tant en Arabica qu’en Robusta la marchandise est disponible en quantité suffisante. Le seul problème sérieux est qu’il n’y a plus de Robusta d’Afrique de l’Est et du Brésil Strickly soft 17/18 ».

CAOUTCHOUC Les prix du caoutchouc ont dépassé cette semaine les 300 yens le kilo à Tokyo et a étendu ses gains jeudi. Le contrat de juin a clôturé à 305,5 yens le kilo, un plus haut depuis début novembre. Les gains sur le marché des actions et la hausse du pétrole ont apporté un soutien au prix ainsi que le futur plan de soutien en Thaïlande. Le National Rubber Committee de Thaïlande a annoncé que le gouvernement devrait approuver la semaine prochaine une enveloppe de 15 milliards de bath ($472 millions) pour acheter le caoutchouc. Sur le marché physique, les prix sont aussi haussiers avec la reconstitution des stocks dans un contexte d’un approvisionnement restreint dans certaines parties de l’Asie. Le Thai RSS3 pur février est cédé entre $3,63 et 3,70 le kilo, l’indonésien SIR20 à 162,50 cents la livre ($3,58 le kilo) et le malaisien SMR20 à $3,62 le kilo. En une semaine, le prix de référence, le Thai RSS3 a gagné 9%. Avec l’arrivée du Nouvel An Chinois, le marché devrait être calme.

COTON Les cours du coton demeurent fermes et restent sur leur tendance haussière constatée depuis le début du mois. Le contrat de mars a clôturé à 98,19 cents la livre, aidé par un sentiment plus positif sur les marchés mondiaux. En outre, la Chine a annoncé cette semaine qu’elle prévoyait que les superficies semées en coton en 2012 seraient réduites de 10, 5% à 5,2 millions d’hectares. En outre, le bureau national des statistiques a indiqué le 17 janvier que la production de coton en Chine s’était établie à 6,6 millions de tonnes en 2011, en hausse de 10,7% par rapport en 2010. La National Development and Reform Commission avait indiqué qu’elle était de 7,2 Mt.

HUILE DE PALME Si les progrès enregistrés dans les négociations sur la dette grecque avec les ses créanciers privés ainsi que des perspectives plus encourageantes sur la capacité de la zone euro à se refinancer donnent une note positive sur la demande, elle demeure faible. Les derniers chiffres sur les exportations de la Malaisie du 1er au 20 janvier publiés par Interlek Testing Services ou SGS montrent qu’elles sont en baisse entre 14 et 15% , la Chine, l’Inde et l’Europe réduisant leurs ordres. En outre, les stocks en décembre ont été plus élevés qu’anticipés selon le Malaysian Palm Oil Board (MPOB) et la production en Malaisie est attendue en hausse de 2,3% en 2012 à 19,3 millions de tonnes. Globalement, le MPOB et le département américain de l’Agriculture (USDA) ont rehaussé les prévisions sur l’offre mondiale d’oléagineux, huile soja et de palme. Une situation qui pourrait peser sur le marché. Sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange, l’huile de palme a clôturé jeudi à 3 157 ringgits pour le contrat d’avril.

RIZ Les prix du riz en Thaïlande et au Vietnam se sont affaissés cette semaine avec une demande en berne et ils pourraient d’avantage se replier avec l’annonce mardi du gouvernement indien d’allouer 2 millions de tonnes de riz pour l’exportation. Sur la première semaine de janvier, les négociants privés ont embarqué 1,96 Mt. Les principales destinations du riz indien sont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Afrique de l’Est, le Moyen-Orient et le Bangladesh. Le Thai 100%B a chuté à $ 535 la tonne contre $550 la semaine dernière, et le Thai 5% de brisures à $ 520 contre $540. Au Vietnam, où le marché sera fermé du 21 au 29 janvier pour la fête du Têt, l’activité est déjà fortement limitée à quelques transactions domestiques. « Le marché africain est calme et le Vietnam espère seulement vendre aux pays de la région comme l’Indonésie, les Philippines et la Malaisie » estime un trader basé à Ho Chi Minh. Les prix indicatifs pour le Vietnam pour le 5% de brisures sont entre $450 et $455 la tonne Fob contre $430 la semaine dernière et le 25% de brisure à $420 contre $430. Avec l’arrivée prochaine de la récolte hiver/printemps, estimée à 1,1 Mt, les prix pourraient chuter d’avantage si d’importants contrats ne se concluaient pas. En revanche, les prix en Inde ont progressé cette semaine à $440-450 la tonne Fob conter $430-440 la semaine dernière.

THE Le prix moyen du thé aux ventes aux enchères de Mombassa mardi a fortement progressé à $ 3,61 le kilo contre $2,98 la semaine précédente sous l’impulsion de l’accroissement de la demande. Les meilleurs BP1 se sont vendus à $ 3,66-$3,55 contre $3,50-2,45 la semaine précédente et les meilleurs PF1 à $ 3,66- 3,55 contre 3,50-2,45. La hausse de la demande provient de l’Egypte, du Pakistan, du Royaume-Uni, de l’Afghanistan, du Yémen, de l’Iran et autre pays du Moyen-Orient tandis que le Kazakhstan et la Russie maintenaient leur achat à un niveau normal.
En revanche, le prix du thé au Bangladesh se sont contractés de 3,1% à 161,98 taka ($1,90) le kilo avec plus de 20% d’invendus, la qualité offerte étant médiocre.
La production de thé au Sri Lanka a chuté de 0,9% en 2011 à 328,37 millions de kilos après le record atteint en 2010 de 331,43 millions de kilos. Les recettes d’exportation s’élèveraient à $1,5 milliards contre $1,4 milliards en 2010 et ce en dépit de la perturbation des révoltes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les principaux marchés du Bangladesh.

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