20 mars 2015 - 00:00 |
à Madrid

Commerce Brésil-Afrique de l'Ouest : l’agro-alimentaire, fer de lance

En dépit d’un discours officiel allant dans le sens du développement du commerce extérieur avec les pays du Sud, les statistiques douanières brésiliennes  mettent en évidence une évolution contraire. En 2014, les exportations totales du Brésil ont baissé de 7% ($ 225 milliards -Mds) mais le recul a été plus prononcé en ce qui concerne l’Afrique (-12,5%, $ 9,7 Mds). Les Etats-Unis sont la seule destination vers laquelle les exportations ont progressé l’année dernière (+9,2%, $27,1 Mds).

Les exportations vers l’Afrique ont même tendance à reculer depuis plusieurs années.  Après une forte croissance entre 2000 ($ 1,3 Md) et 2011 ($ 12,2 Mds), les statistiques indiquent une stagnation en 2012 (-0,1%) et un recul en 2013 (-9,2%), qui s’est accentué en 2014 (-12,5%). Toutefois, les chiffres globaux ont une valeur relative car ils masquent des évolutions très différenciées selon les différentes catégories de produits.

Par ailleurs, les données sur l’Afrique incluent l’ensemble du continent, en particuliers les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Libye, Maroc et Tunisie) qui ont totalisé à eux seuls $ 4,6 Mds, en 2014, soit presque la moitié du total. Si on ajoute l’Afrique du Sud ($ 1,2 Md), on arrive à $ 5,8 Mds (60%).

Le Nigeria, deuxième marché africain pour le Brésil

Dans le « reste » de la zone, les exportations brésiliennes ont atteint $ 3,9 Mds en 2014, soit autant que vers le Royaume-Uni, par exemple. Deux grands clients se détachent : l’Angola et le Nigeria. Ils concentrent à eux deux des ventes à hauteur de plus de $ 2,2 Mds.

L’Angola est le premier client du Brésil en Afrique sub-saharienne avec $ 1,3 Md (-0,75%). Les produits agroalimentaires arrivent clairement en tête et enregistrent des progressions intéressantes : sucre de canne, $ 178 millions (Ms,-0,01%) ; viande de volaille congelée, $ 78 Ms (+14,4%) ; viande de porc congelée, $ 76 Ms (+3,3)% ; morceaux et abats de volaille congelés, $ 66 Ms (+7,4%) ; saucisses et saucissons, $ 65 Ms (+45,6%); farine de maïs, $ 47 Ms (+28,3%).

Le deuxième client important est le Nigeria (exportations totales en 2014 : $ 955 Ms). Ici aussi, les produits agroalimentaires arrivent dans les premières positions. Le sucre de canne ($ 470 Ms, +6,4%) représente à lui seul la moitié des exportations brésiliennes vers ce pays. On trouve ensuite le sucre raffiné, $ 135 Ms (-2,3%) ; l’alcool, $ 25 Ms (-54,2%) et le tabac brut, $ 22 Ms (+0,6%). On note l'arrivée d'un nouveau produit, le maïs avec $ 11 Ms contre moins de $ 100 000 en 2013). A noter aussi  la vente, en 2014, de machines pour l’industrie sucrière ($ 6,2 Ms).

Afrique de l’Ouest : le poids de l’agroalimentaire

Dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest, on constate la prédominance, parfois écrasante, des produits agroalimentaires. Au Ghana, sur des exportations totales de $ 213 Ms en 2014, on trouve en première place le sucre raffiné ($ 66 Ms, -60,2%), les abats de volailles ($ 24 Ms, -35,4%) et l’alcool ($ 10 Ms, +9,6%). Ces trois produits représentent près de la moitié des exportations brésiliennes vers ce pays.

Dans le cas du Bénin ($ 120 Ms), les produits agroalimentaires représentent plus de 95% des ventes avec une palette assez diversifiée : sucre raffiné, $ 49 Ms (-26,5%) ; morceaux et abats de dinde congelés , $ 23 Ms (-9,7%) ; riz, $ 17 Ms (-57,7%) ; morceaux et abats de volaille congelés, $ 17 Ms (+72,7%) ; saucisses et saucissons, $ 3,6 Ms (-3,9%) ; viande en conserves,  2 Ms (+22,4%) ; etc.

Au Sénégal ($ 96 Ms), le riz occupe une place prépondérante avec $ 36 Ms (+13%) devant le sucre raffiné ($ 19 Ms, -64,2%), le maïs ($ 7 Ms, +3,5%) et les œufs ($ 6 Ms, +4,5%).

En Gambie ($ 96 Ms), le sucre raffiné est également le premier produit brésilien commercialisé ($ 53 Ms, +19,3%) devant le riz ($ 26 Ms, +11,1%), les conserves de viande ($ 5 Ms, +54,2%) et la viande de volaille en morceaux congelés ($ 4 Ms, -13,3%).

Un fournisseur montant à surveiller de près

Les pays d’Afrique de l’Ouest ne figurent pas parmi les principales destinations des grands produits d’exportation de l’agroalimentaire du Brésil. Dans le « top 10 » des principaux clients mondiaux, les chiffres des douanes brésiliennes ne font apparaitre qu’un seul pays de cette zone pour le sucre en canne (Nigeria, 8e client mondial) et deux pour le sucre raffiné (Nigeria, 5e et Ghana, 8e).

Cependant, et même si les chiffres sont souvent modestes, l’Afrique, de façon générale, offre un débouché d’autant plus intéressant que les marchés de consommation sont appelés à connaitre une forte croissance au cours des années à venir. Le Brésil dispose d’une offre agroalimentaire riche et variée, qui est parfaitement en phase avec les besoins des populations. La récente dévaluation de la monnaie brésilienne, le real, par rapport au dollar (30% au cours des six derniers mois) devrait donner un avantage concurrentiel indéniable aux entreprises brésiliennes. Les chiffres de l’année 2015 devraient monter si cet avantage a été mis à profit pour gagner de nouvelles parts de marché.

Pays: 
Filières: 
Secteurs: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +