20 avril 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Situation toujours tendue sur le marché du riz en Chine

(20/04/2012)

Cacao. Sur le marché physique européen du cacao, la demande a été faible cette semaine étant donné les incertitudes quant à la qualité de la récolte ivoirienne. Les différentiels par rapport au marché à terme de Londres sont demeurés relativement stables par rapport à la semaine précédente : les fèves de Côte d’Ivoire se sont vendues à environ £ 75 au dessus de Londres, soit à peu près au même niveau que la semaine précédente, alors que le cacao ghanéen s’échangeait à $ 115 au dessus, en baisse de £ 10 par rapport à la semaine dernière.
La récolte intermédiaire ivoirienne se vend, en général, entre les mois d’avril à septembre. Elle devrait démarrer lentement cette campagne et être plus petite que la dernière étant donné la faiblesse des pluies tombées entre novembre et mars, estiment des cacaoculteurs interrogés.
Le marché est donc globalement calme, voire morose suite à la publication des chiffres trimestriels de broyages américains en baisse de 4,04% par rapport à il y a un an. Les transactions se font au jour le jour, les prix jouant au yoyo depuis 3 mois. Si le marché de Londres a pris £ 100 la tonne depuis vendredi dernier, c’est essentiellement en raison de la baisse de l’euro face au dollar. Un petit boost pourra être apporté dans une quinzaine de jours avec la tenue du dîner annuel de la Fédération européenne du cacao à Londres le 4 mai, ce qui est toujours l’occasion de signer quelques transactions.

Café. On a pu constater un léger regain d’activité sur le marché physique du café cette semaine mais pas de taille à agiter les marchés, souligne un trader. Même la baisse spectaculaire de la production en Colombie ne parvient pas à dynamiser les transactions sur l’Arabica qui est tombé en début de semaine à son niveau de prix le plus bas en 18 mois. On a pu noter quelques affaires en café du Brésil sur la nouvelle récolte mais timides, celle-ci s’annonçant conséquente : elle devrait prochainement démarrer. Seul l’intérêt sur le Robusta reste notable que ce soit en spot ou en embarquement rapproché. A noter la hausse importante des différentiels sur les cafés d’Inde, avec notamment des hausses importantes du coût du fret : d’Asie, il a doublé depuis le début de l’année.

Coton. L’Inde a annoncé mercredi avoir exporté un record de 11,5 millions de balles de 170 kg cette année, ce qui révèle l’accélération des expéditions après que le gouvernement ait interdit le mois dernier toute nouvelle commande à l’export, craignant que le marché national ne manque de matières premières. Lors de l’interdiction, le gouvernement avait estimé à 8,4 millions de balles le volume qui serait exporté une fois tous les contrats honorés.
A noter que le Cotton Advisory Board (CAB) a légèrement révisé à la hausse ses estimations de production du numéro deux mondial, à 34,7 millions de balles pour la campagne en cours (octobre à septembre), ses précédentes prévisions faisant état de 34,5 millions de balles. La demande nationale, quant à elle, est estimée à 25,2 millions.
Rappelons que l’Inde représente environ 13% des exportations mondiales de coton, son principal client étant la Chine qui a vivement critiqué sa décision de suspendre ses exportations. Une décision, rappelons-le, qui a suscité de très vives polémiques au sein du gouvernement indien lui-même.
Selon des experts, ce serait l’Australie qui devrait le plus profiter de la situation si l’Inde devait prolonger son interdiction d’exporter.
Le CAB a révisé à la baisse ses estimations de stocks de fin de campagne 2011/12 qui devraient, selon lui, s’élever à 2,5 millions de balles fin septembre, soit son plus faible niveau en sept ans.

Huile de palme. L’huile de palme a terminé la semaine en hausse sur les marchés à terme de Malaisie mais sans entrain étant donné les chiffres macroéconomique mondiaux plutôt faibles. Les nouvelles haussières sont venues du marché du soja car la sécheresse en Amérique du sud restreint les perspectives d‘offres et font grimper les prix, le palmier à huile lui emboîtant le pas. Jeudi, le gouvernement argentin a réduit de 10% ses prévisions de récolte.

Riz. Une production en baisse dans certaines régions de Chine (Guangxi, Guizhou, Yunnan) et la politique gouvernementale de stockage ont fait grimper les prix du riz sur le marché chinois, ouvrant larges les perspectives d’importation. Elles devraient être multipliées par 4, à plus de 2 millions de tonnes (Mt) en 2012. La Chine serait alors le troisième exportateur mondial derrière l’Indonésie et le Nigeria.
En effet, le riz décortiqué long grain dans le Hunan s’est vendu cette semaine à $ 580 la tonne, en hausse de 10% sur la semaine dernière, et face à un riz vietnamien qui se vend entre $ 420 et 450.
Rappelons que la production chinoise de riz non décortiqué a atteint l’année dernière un record de 200,78 Mt, soit l’équivalent de la consommation nationale estimée à 199 Mt, selon le Centre chinois d’information sur les céréales et oléagineux. Les exportations vietnamiennes vers la Chine pourraient être multipliées par 6 cette année, à 2 Mt, avait annoncé le mois dernier un responsable vietnamien (voir nos précédentes chroniques). Toutefois, elles pourraient être limitées par un manque de conteneurs, la Chine ne voulant pas du vrac car un conteneur peut facilement être transbordé sur rail.

Sucre. Que de rebondissements sur ce marché du sucre ! Le roux est reparti à la hausse à Londres aujourd’hui après avoir enregistré hier un plus bas en 11 mois, le marché évoquant la possibilité de voir l’Inde, numéro 2 mondial derrière le Brésil, reprendre ses exportations. Mais ce rebond aujourd’hui ne saurait être l’amorce d’une reprise durable des cours car les disponibilités sont abondantes au plan mondial. Certes, l’analyste Canaplan n’estime qu’à 470 millions de tonnes (Mt) la production de canne à sucre dans le centre-sud du Brésil alors que les industriels, dans leur grande majorité, avancent le chiffre de 500 Mt.
Selon la Commonwealth Bank of Australia (CBA), le sucre roux sur le marché à terme de New York devrait chuter à 20,7 cents la livre au second trimestre, son plus faible niveau depuis mai 2011, et ce en raison de productions attendues en hausse en 2012/13 au Brésil, en Inde, en Thaïlande et en Australie. Ceci devrait freiner toutes velléités de hausses des prix, mais les achats chinois limiteraient les tendances baissières : ses importations en 2011 ont grimé de 65% à 2,92 Mt. Au troisième trimestre, la baisse pourrait aller jusqu’à 17,50 cents en moyenne, avant de se consolider à 17,50-18 cents jusqu’à décembre 2013. La banque rappelle que la moyenne nominale des prix depuis 2006 est de 17,8 cents US la livre.
La CBA prévoit que la consommation de sucre en Chine augmenterait de 63% entre 2010 et 2020, avec des importations qui atteindraient 4 à 5 Mt d’ici 2020.

Thé. Le prix moyen du thé vendu aux enchères de Mombassa mardi a été de $ 3,50 le kilo, soit en hausse par rapport aux $ 3,38 de la semaine précédente. Les acheteurs britanniques ont été plus actifs qu’au cours des ventes précédentes, ceux d’Egypte, du Pakistan, du Yémen et d’autres pays du Proche Orient demeurant les plus importants acheteurs. Sur les 90 721 paquets offerts à la vente (92 294 la semaine précédente), 14,7% sont demeurés invendus.

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