20 avril 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les chiffres de broyages stimulent le marché du cacao

(19/04/2013)

BOIS. Les prix des grumes d’Afrique de l’ouest et du Centre sont demeurés stables bien que la demande soit soutenue et les disponibilités étroites, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) dans son dernier rapport. Les acheteurs chinois sont très actifs mais n’ont pas encore retrouvé leurs volumes de transactions « normaux » pour ces périodes printanières. Les importateurs indiens mais également du Proche-Orient sont également très présents mais sur un nombre d’essences limité. Globalement, la demande pour des grumes de padouk et d’okoumé est ferme et les prix devraient augmenter car les disponibilités sont à peine suffisantes pour satisfaire la demande.
S’agissant des sciages, l’iroko a gagné $ 20 car la demande est forte et les sciages de Doussié sont également à la hausse.

CACAO. Sur les marchés à terme de Londres et de New York, le cacao a grimpé de $14, à $ 2 333 la tonne à New York, son plus haut en 4 mois ; sur les deux dernières semaines, il aura pris 8%. Ces deux derniers jours de hausse sont liés notamment aux publications de chiffres de broyages. En Europe, s’ils sont en baisse de 3,9% sur le 1er trimestre, à 339 377 tonnes (t), selon l’Association européenne du cacao, ils sont conformes aux attentes du marché. Le négoce s’attendait, en effet, à une baisse dans une fourchette allant de 1 à 5%, notamment en raison de la faiblesse des marges de transformation.
En Allemagne, les broyages sur le premier trimestre ont chuté de 12,66%, à 97 998 t, selon l’Association des confiseurs BDSI. Ils avaient baissé de 18,73% au dernier trimestre 2012. Cette chute, début 2013 par rapport à début 2012, serait liée à ce que le premier trimestre 2012 avait été nettement supérieur en Allemagne par rapport aux performances dans les autres pays européens.
Quant aux broyages aux Etats-Unis, les nouvelles semblent bonnes ! La National Confectioners Association (NCA) a annoncé une forte poussée, de près de 6% à 125 887 t, sur le premier trimestre par rapport aux 3 premiers mois de 2012, soit la plus forte progression depuis 2011 et bien au-delà des attentes du marché.
Des chiffres, toutefois, à prendre avec précaution car s’ils étaient la mesure étalon, il y a quelques années, de la consommation des pays car souvent on broyait là où on consommait, ce n’est guère plus vrai aujourd’hui car on broie de plus en plus dans les pays producteurs. Et là, les chiffres ne sont pas toujours connus à l’exception de certains pays comme la Malaisie qui, eux, sont en baisse de 3,2% sur le premier trimestre, à 72 203 t, par rapport au trois premiers mois de 2013.
Côté production, Olam estime que la récolte intermédiaire en Côte d’Ivoire atteindra les 500 000 t, ce qui, entre autres, permettrait au marché mondial de basculer dans une situation légèrement excédentaire alors que jusqu’à maintenant, tous les analyses s’entendaient pour annoncer un déficit, même léger. Toutefois, Olam a mis en garde contre des prix trop faibles pour inciter les planteurs à persévérer et développer dans la cacaoculture.
Au Ghana, le Cocobod a annoncé cette semaine vouloir lever $ 1,2 milliard pour préfinancer la campagne 2013/14, soit $ 300 millions que sur 2012/13. Cette baisse serait liée à la dépréciation des cours du cacao mais le Cocobod a annoncé qu’il pourrait ressoliciter les banques pour financer la campagne intermédiaire si besoin en était.
Le Ghana dont les achats de cacao ont totalisé 607 877 t entre le 12 octobre, démarrage de la campagne, et le 4 avril, soit 15,6% en baisse par rapport à la même période en 2012/13. En Côte d’Ivoire, les arrivages au 14 avril ont totalisé 1 049 000 t, selon les estimations des exportateurs, contre 1 065 000 t sur la même période l’année dernière.

CAFE. Après avoir enregistré de fortes baisses en début de semaine, l’Arabica est parti à la hausse ces deux derniers jours de marché, gagnant 4,5%, soit sa plus forte poussée de ces deux derniers mois. Les Robusta ont également grimpé, demeurant au-dessus de leur moyenne mobile de ces 200 derniers jours.
Au Kenya, pour la deuxième semaine consécutive, le prix du AA a baissé à $ 380 le sac de 50 kilos contre $ 432 la semaine dernière.
En Côte d’Ivoire, les exportations ont totalisé 19 918 t de café entre octobre et mars, en chute de 21% par rapport à la même période en 2011/12.

CAOUTCHOUC Dégringolade sur le marché du caoutchouc cette semaine, qui a chuté cinq séances d’affilée pour clôturé jeudi à 245,2 yens le kilo ($2,51), soit son plus bas niveau depuis 5 mois. Les ventes massives sur les marchés boursier et des commodities, du pétrole aux métaux, ont soulevé des inquiétude quant à la solidité de la demande dans une conjoncture économique mondiale faible.
Une situation qui pousserait la Thaïlande à envisager un nouveau mécanisme pour tenter d’enrayer la chute des prix. Rappelons que fin mars la Thaïlande a arrêté son programme gouvernemental d’achat de caoutchouc tout en décidant de prolonger la réduction de ses exportations pendant deux mois supplémentaires (avril-mai). Selon, un fonctionnaire du National Rubber Committee (NRC), le pays envisagerait d’offrir des prêts aux exportateurs pour acheter du caoutchouc permettant ainsi d’absorber l’offre croissante sur le marché au moment où les agriculteurs vont reprendre la saignée des arbres après un arrêt d’un mois consécutif à la saison sèche. Le NRC devrait bientôt se réunir pour élaborer un plan qui pourrait être mis en œuvre en mai.
En Inde, les importations de caoutchouc naturel sont susceptibles de chuter de 25% en 2013/14, pour la première fois en cinq ans, avec une demande qui stagne avec le ralentissement de l’industrie automobile et une hausse possible des droits d’importation, indique George Valy, président de l’Indian Rubber Dealers’ Federation Une situation qui ajouterait de la pression sur le marché. ”L’écart entre la demande et l’approvisionnement en caoutchouc est en baisse. L’offre est en hausse en raison de nouvelles plantations dans les Etats du nord-est, mais la consommation est stagnante. Le ralentissement de l’industrie automobile diminue la demande de caoutchouc de l’industrie du pneu,” observe t-il. Les ventes annuelles de voitures en Inde ont chuté pour la première fois en une décennie au cours des 12 mois précédant le 31 Mars et devraient afficher une croissance modeste cette année en raison des taux d’intérêt élevés et des prix du carburant.

SUCRE. L’absence de pluies au Brésil facilite la récolte, ce qi a conduit hier à la baisse les cours du sucre sur le marché à terme de New York, avant de se ressaisir aujourd’hui. Selon Rabobank, les prix devraient osciller entre 17 et 19 cents la livre à l’avenir.
A noter que les discussions vont bon train au sein de l’Union européenne pour savoir si, oui ou non, les quotas sucriers seront maintenus et si non, s’ils seront levés en 2015 ou 2017/18. Si Bruxelles ne restreint plus la production, l’UE, actuellement importatrice de sucre, pourrait devenir exploratrice nette, selon certains analystes.

THÉ Le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a été légèrement en retrait par rapport à la semaine précédente, à $3,38 le kilo contre $ 3,40 pour un Broken Pekoe Ones. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1) se sont vendues en moyenne à $ $3,96-$2,80 contre $3,80-$3 la semaine dernière, selon le rapport de marché d’Africa Tea Brokers (ATB) et le Best Pekoe Fanning Ones (PF1) à $3,18-$2,58 contre $3,16-$2,65 le kilo précédemment. .Ont été offerts à la vente 140 689 paquets dont 19,8% sont demeurés invendus, contre 146 155 paquets et 21,8% invendus. 
Le marché a été soutenu par les acheteurs du Yémen et d’autres pays du Proche-Orient, tandis que ceux du Pakistan, du Soudan, de l’Afghanistan, du Kazakhstan et de Russie ont été plus actifs que la semaine dernière. La Grande-Bretagne est moins active et continue à être sélective alors que l’Iran est à nouveau sur le marché.
Les recettes d’exportation du thé au Burundi ont chuté de 16% au premier trimestre par rapport aux 3 premiers mois de 2012, à $ 5,8 millions contre $ 6,9 millions. La raison ? La baisse des prix sur le marché mondial, a expliqué hier l’Office du thé du Burundi (OTB). Toutefois, les volumes exportés au premier trimestre 2013 ont été de 1 965 966 kg, en forte baisse par rapport aux 2 485 768 kg sur la même période 2012, ce qui donne un prix au kilo, en fait, en hausse, de l’ordre de $ 2,9 en moyenne sur le début 2013 contre $ 2,7 début 2012. Le responsable à l’export de l’OTB, Joseph Marc Ndahigeze, a expliqué que les prix sur le marché régional avaient baissé à cause d’une hausse de la production, notamment au Kenya. « Suite à cette baisse des prix sur le marché, nous avons décidé de réduire nos volumes de ventes à l’export », a-t-il souligné. Le Burundi a, en effet, exporté 628 511 kg en mars contre 855 186 kg en mars 2012. Rappelons que 80% du thé burundais est vendu aux enchères de Mombassa au Kenya.

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