20 septembre 2007 - 08:54 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Bois, cacao, café, coton, céréales ou encore graines de sésame, les prix augmentent encore…

(20/09/07)

Bois. La période est troublée sur le marché international du bois. Aux Etats-Unis, la crise des prêts immobiliers à haut risque ne sera pas sans incidence sur le marché des produits du bois (9 maisons individuelles sur 10 ont une ossature en bois) et la démission du Premier ministre japonais la semaine dernière a fait craindre un affaiblissement de l’économie de ce pays. Par conséquent, ces deux dernières semaines, les prix du bois sur les marchés internationaux ont fait preuve d’attentisme. Certaines essences ont même vu leur prix baisser comme par exemple, s’agissant des bois africains, les grumes d’azobé et de padouk.

Cacao. Les prix de la fève sur les marchés à terme ont été en hausse ces derniers jours, alors que la campagne officielle en Côte d’Ivoire n’a pas encore démarré. Pour autant, le prix d’achat au planteur bord champ a baissé en Côte d’Ivoire car l’offre est abondante avec une qualité qui s’améliore car les pluies s’estompent : les producteurs veulent vendre rapidement pour générer du cash en cette période de rentrée scolaire.
Du 1er octobre 2006 au 16 septembre 2007, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont atteint 1 226 000 t, rapporte Reuters, contre 1 354 734 t sur la même période la campagne précédente. Au Nigeria, les arrivages au port de Lagos pendant le mois d’août n’ont été que de 7 250 t, en baisse de 9% par rapport à août 2006. D’octobre à août, ils ont atteint 117 950 t contre 185 000 t un an avant.

Café. Le café à Londres a touché lundi son plus haut depuis mai 1998, avec une échéance novembre qui a caracolé à $ 2 026 la tonne. Le café vietnamien n’arriverait pas à temps pour honorer les contrats de novembre, d’où la flambée des cours. En outre, les météorologues estiment qu’il ne pleuvra pas au Brésil au moins jusqu’à la fin du mois.
Ceci a entrainé mardi les cafés kényans, sur les enchères de Nairobi à leur niveau le plus élevé depuis le début de l’année.

Céréales. Les pluies importantes dans les pays du Sahel ont provoqué de nombreuses inondations, mais la situation alimentaire reste assez calme avec des prix relativement stables, souligne Afrique Verte. Toutefois, le Ramadan (11 sept–10 octobre) pourrait entraîner une pression sur la demande, donc sur les prix.
Toujours selon Afrique Verte, c’est actuellement la période de la soudure au Mali : la situation alimentaire reste calme hormis la pauvreté subie par certains et les dégâts causés par les pluies diluviennes. L’évolution favorable de la campagne agricole a favorisé la mise en marché de stocks « sécuritaires ». En outre, les importations (maïs, igname de pays voisins) et la production laitière locale améliorent considérablement la situation alimentaire.
Au Niger, la situation alimentaire est assez bonne. Les marchés sont bien approvisionnés. Les nouveaux produits locaux (mil et niébé) sont disponibles dans les ménages de la bande agricole. Le bon niveau d’approvisionnement des marchés et la tendance à la baisse des prix font suite à une appréciation globalement positive de la campagne agricole 2007. Toutefois, avec le démarrage du Ramadan mi-septembre, on peut s’attendre à une augmentation de la demande en mil et éventuellement de son prix.
Au Burkina Faso aussi, les prix sont stables sur l’ensemble des marchés suivis, exception faite de légères hausses (mil et maïs à Fada) et quelques baisses (mil et sorgho à Dédougou).

Coton. Entre le 10 et le 17 septembre, les prix du coton ont progressé, la fibre d’Afrique zone Franc livré ports européens gagnant 18 euros la tonne et 1,5 cent la livre. Le coton profite du contexte général très favorable aux matières premières, notamment au blé, au maïs, etc., explique le patron de Devcot, Thierry Devilder. A ceci se greffe la perspective d’un basculement de la culture du coton vers des cultures céréalières plus rentables aux Etats-Unis, au Brésil et ailleurs : il ne faut pas oublier que les fermiers, dans des pays comme les Etats-Unis, sont les premiers spéculateurs, rappelle-t-il. On anticipe donc un léger déficit entre la production et la demande pour 2007/08, avec une réduction des stocks mondiaux qui passeraient en dessous des 50 millions de balles alors qu’ils étaient à 51 millions la campagne dernière.
Actuellement, la récolte aux Etats-Unis, qui a démarré en août et s’achèvera en novembre, bat son plein. Elle s’annonce en baisse, à 18 millions de balles (contre 21 millions l’année dernière), car le taux d’humidité était élevé dans les régions productrices du Texas et du Mississipi lorsque les capsules se sont ouvertes. La tempête tropicale Humberto, la semaine dernière, qui s’est abattue sur le Texas et en Louisiane a encore accentué ce taux.
En Chine, la production devrait être semblable à la précédente, à 7-7,5 millions de tonnes, tandis que l’Inde atteindrait des niveaux historiquement élevés à 32-33 millions de balles, estime le négociant.
Ainsi, globalement, la campagne se déroule bien. Sauf en Afrique zone Franc. Thierry Devilder estime la récolte en baisse de 20 à 30%, le Burkina Faso n’ayant pas encore donné ses chiffres. L’égrenage n’a pas démarré. Une baisse qui s’explique par une démotivation de la filière de façon générale, hormis quelques exceptions, car le coût des intrants augmente, les rendements ne progressent pas, les cours internationaux sont longtemps restés très bas et surtout les prix d’achat du coton-graine au planteur ont baissé partout, de FCFA 198 Fcfa/kg en moyenne pondérée au cours de la campagne 2004/05 à 164 francs sur 2006/07, soit une baisse de 17 %. « Par rapport à la Chine, à l’Inde, au Brésil, aux Etats-Unis où la qualité du coton a fait de gros progrès, l’Afrique zone Franc a baissé. Ce qui est inévitable étant donné la conjoncture locale. Et encore, au vu de la situation, ça se passe encore bien dans cette région. »

Graines de sésame. « Le débat reste le même, souligne un négociant : la Chine va-t-elle acheter beaucoup ou non ? » Car la récolte chinoise, qui sort actuellement, serait inférieure de 40% aux volumes de l’année dernière. Certains analystes estiment que les graines sont trop chères et que la Chine attendra que leur prix baisse ; d’autres considèrent qu’elle aura besoin de marchandise et devra en importer. Sur le marché japonais, les graines destinées à l’huile sont à $ 1 100, un niveau particulièrement élevé qui, estime-t-on, ne pourra guère encore augmenter. Nous aurions atteint un pic.

Poivre. Le marché est stable mais ses fondamentaux pourrait le conduire à la hausse d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Tourteaux d’arachide. Pourquoi les tourteaux d’arachide ne sont-ils pas côtés depuis de nombreuses semaines ? Car il n’y a qu’une seule usine au monde, la Sonacos au Sénégal, qui exporte les tourteaux exportables aux normes européennes en aflatoxine. Et celle-ci a vendu l’ensemble de ses disponibilités il y a plusieurs mois. Il faut donc attendre la nouvelle récolte. Patience : la trituration démarre habituellement en décembre avec de premiers embarquements en janvier.

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