20 septembre 2008 - 00:00 |

Chronique : le rendez-vous Matières du jeudi

La crise financière pousse les matières premières dans le rouge

(18/09/08) La tourmente financière qui s’est déclenchée à la suite de la mise en faillite de la quatrième banque d’investissement américaine Lehman Brothers, le rachat de Merill Lynch et les craintes portées sur l’assureur américain AIG ont poussé les marchés des matières premières dans le rouge en début de semaine avec les liquidations des investisseurs. Le sauvetage d’AIG par la Réserve Fédérale des Etats-Unis qui a injectée $ 85 milliards lui a redonné quelques couleurs. Mais les craintes d’un ralentissement économique qui affecterait la demande sont toujours présentes.

CACAO Le cacao n’a pas fait exception en ce début de semaine mouvementée. Après une légère reprise avec l’annonce du sauvetage d’AIG, les cours ont de même clôturé, comme les jours précédents, en baisse le 17 septembre, le contrat décembre reculant de £25 à 1 480 la tonne.
Le ralentissement économique fait craindre une baisse du taux de croissance de la demande en cacao en 2008/09. Jean-Marc Anga, directeur de la division économie et statistiques de l’International Cocoa Organization (ICCO) que la croissance de la demande devrait s’établir en dessous de 2% en 2008/09, en dessous de la moyenne de ces 3 à 5 dernières années où elle était d’environ 4% par an. « ICC0O estime qu’une réduction de la croissance économique mondiale et la hausse des prix des fèves de cacao, et donc des produits à base de chocolat, auront un impact négatif sur la demande des consommateurs en produits chocolatés, et donc sur la demande de fèves ». Le broyage mondial des fèves ne devrait aussi progresser que de 1,5 à 1,7% en 2008/09.
Au Nigeria, la prochaine récolte principale s’annonce plus importante que celle de 2006/07, selon la Cocoa Association of Nigeria (CAN) grâce à des conditions météorologiques favorables. Selon un analyste, elle pourrait progresser d’environ 15% en 2008/09.
Au Ghana, la campagne s’est ouverte le 12 septembre avec quelques semaines d’avance. Le prix d’achat au producteur a été revu à la hausse, le Cocobod offrant 1632 cédis ($ 1400) pour une tonne de cacao, en hausse de 36% par rapport à la campagne précédente. Et parallèlement, il a doublé les subventions des produits phytosanitaires à 65,5 millions de cédis. Pour la campagne 2007/08, les achats déclarés au Cocobod par les acheteurs privés ont totalisé 680 384 tonnes, soit 10,7% de plus que la campagne précédente (614 700 t).
En Côte d’Ivoire le secteur du cacao est en plein tourmente où affaires de corruption, conflits, luttes de pouvoir et grèves se multiplient. Le gouvernement a annoncé le 11 septembre sa volonté de remplacer les principales organisations gérant le cacao. Du côté des exportateurs, les inquiétudes sur la qualité du cacao persistent.
Au Cameroun, sur le premier mois de la campagne 2008/09, les exportations se sont élevées à 3 240 tonnes, en recul de 57% par rapport au mois d’août 2007 (7 562 t), selon les chiffres du National Cocoa and Coffee Board (NCBB) et du Cocoa and Coffee Interprofessionnal Board (CCIB).
En Indonésie, de fortes inquiétudes sont émises sur la production de cacao qui pourrait chuter à « un niveau critique » dans les trois à quatre prochaines années en raison des maladies et des faibles pratiques culturales. La production pourrait chuter à 380 000 – 400 000 t souligne le président de l’Indonesian Cocoa Association (Askindo). En 2008, elle ne pourrait atteindre que 480 000 t contre 530 000 t en 2007 en raison de la maladie VSD.

CAFE Les remous des marchés financiers ont fait plonger le café enfonçant des planchers de plusieurs mois. Le 16 septembre, le contrat décembre Arabica à New York a chuté de 5,65 cents à $ 13340 la livre. Quant au Robusta pour une livraison novembre cédait $88 à $ 2077 la tonne. Avec le sauvetage d’AIG, le marché s’est légèrement repris.
Selon la dernière estimation de l’ICCO, la production mondiale de café en 2008/09 devrait atteindre environ 131 millions de sacs de 60 kilos, en hausse par rapport à la précédente estimation à 128 millions. Une estimation revue, selon le directeur de l’ICCO, Nestor Osorio, par la nouvelle estimation de la production brésilienne à 45,85 Ms du ministère de l’Agriculture.

CAOUTCHOUC Alors les contrats à terme de la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc ont terminé au-dessus du seuil symbolique de 300 yens le 12 septembre, ils plongeaient le 16 septembre en affichant leurs pertes limites et terminant à un plus bas de près de cinq mois, le contrat de février clôturant à 286,4 yens en cédant 16 yens. Les fondamentaux sont plutôt orientés à la hausse

COTON Début de semaine douloureuse aussi pour le coton. Le coton à la bourse de New York s’est inscrit en forte baisse lundi et mardi face aux liquidations des investisseurs. Le 17 septembre, le contrat de référence décembre s’est enfoncé de 1,52 cents pour finir la séance à 60,61 cents la livre, la plus forte baisse pour un contrat de seconde position depuis septembre 2007. Si mercredi, le marché s’est un peu repris, le contrat décembre gagnant 0,,81 cents à 61,42 cents la livre, les crainte que la crise économique mondiale fasse reculer la demande sont toujours présentes. Et le marché reste chaotique et peu actif.
Au Bénin, les mauvaises conditions climatiques ont conduit le gouvernement a revoir à la baisse ses prévisions de production pour 2008/09. Elle est estimée à plus de 310 000 tonnes, soit un niveau au-dessus de la campagne 2007/08 à 268 054 t mais en dessous de la prévision initiale à 500 000 t, qui a été réduite à 384 000 t.
De même au Mali, la production a été revue en forte baisse, le pays ne tablant plus que sur 210 000 t, en dessous du niveau atteint l’an dernier (242 238 t, une production elle-même très en retrait inférieure à 40% à celle de 2006/07) et de sa première prévision à 462 000 t ; selon la CMDT. La forte hausse des engrais, plus 42%, a annulé les bénéfices les conditions climatiques favorables et de l’accroissement du prix au producteur.
Aux Etats-Unis, des dégâts importants ont été causés, mais le passage de l’ouragan Ike mais le pire a été évité. L’étendue des conséquences sur la prochaine récolte de coton au Texas, n’est pas encore connue.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +