20 septembre 2019 - 15:26 |

L'Union européenne arrêtera son appui à la filière banane en Afrique

L'appui de l'Union européenne à la filière banane en Afrique, pour faire face à la concurrence latino-américaine, ne sera pas reconduit après 2019, a annoncé hier son représentant à Abidjan, lors d'une rencontre avec les producteurs. « Le mécanisme de stabilisation ne sera applicable que jusqu'au 31 décembre 2019, et sa prolongation au-delà de 2019 n'est pas possible car la non-continuation fait partie des accords de libre-échange entre l'Union européenne et les pays d'Amérique Latine », a déclaré Jobst von Kirchmann, représentant de l'UE en Côte d'Ivoire.

« Le comportement des consommateurs dans l'Union européenne a changé : l'accent est mis aujourd'hui sur les aspects sociaux, l'environnement et la santé. Ce changement de comportement s'est traduit dans une pression sur les institutions européennes à laquelle elles ne peuvent se soustraire », a expliqué Jobst von Kirchmann. "À première vue, ça semble peut-être comme un obstacle, mais ceci peut représenter aussi une opportunité pour les bananes venant de pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) car les conditions de travail, la protection de l'environnement et la santé de consommateurs dans le processus de production joueront un rôle de plus en plus important", a-t-il ajouté.

Jobst von Kirchmann s'exprimait lors d'une rencontre avec l’association panafricaine de producteurs et d'exportateurs de bananes, Afruibana (Lire Naissance d'Afruibana regroupant les acteurs banane du Cameroun, de Côte d'Ivoire et Ghana).

Nous reviendrons la semaine prochaine sur cette réunion dans nos colonnes avec notamment la réaction des pays producteurs de banane.

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Commentaires

Le représentant de la Commission européenne est particulièrement hypocrite en déclarant que l'arrêt des aides à la production de bananes aux pays ACP est justifié par le comportement des consommateurs européens sur les aspects sociaux et environnementaux. En effet ce n'est pas dans les pays ACP que ces droits sont les plus bafoués – en particulier pas dans les 3 pays d'Afrique de l'Ouest (si ce n'est les droits des enfants dans les plantations de cacao) ni dans les 16 Etats ACP des Caraïbes (Antigua & Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, République dominicaine, Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Suriname, Trinité-et-Tobago) mais, à part l'exception du Costa Rica, 3è exportateur de bananes vers l'UE en 2018 (1,212 Mt) et qui respecte bien les droits humains, ces droits sont bafoués dans les 3 Etats d'Amérique du Sud (Colombie, Pérou, Equateur) et dans les 5 autres pays d'Amérique centrale avec lesquels l'UE a passé des accords de libre-échange (ALE) depuis 2012 (Honduras, Panama, Guatemala, Nicaragua, El Salvador (même si ce pays n'exporte pas de bananes vers l'UE). L'Equateur, premier exportateur vers l'UE (1,658 Mt en 2018) "est confronté à des problèmes chroniques en matière de droits de l'homme, notamment de mauvaises conditions de détention, des lois qui donnent aux autorités de larges pouvoirs pour limiter la liberté d'expression et l'indépendance de la justice, et des restrictions de grande portée à l'accès des femmes et des filles aux soins de santé génésique" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/ecuador. En Colombie, 2è exportateur de bananes vers l'UE en 2018 (1,450 Mt) "L'impunité pour les violations graves des droits de l'homme commises dans le passé, les obstacles à la restitution des terres aux personnes déplacées, les conditions de vie des communautés autochtones demeurent des préoccupations importantes en matière de droits de l'homme en Colombie" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/colombia. Au Honduras, modeste exportateur de bananes vers l'UE (12 100 t en 2018) "La criminalité violente est endémique au Honduras. Malgré une tendance à la baisse ces dernières années, le taux d'homicides demeure parmi les plus élevés au monde. L'impunité pour les crimes et les violations des droits de l'homme est la norme" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/honduras. Au Panama (256 504 t exportés vers l'UE en 2018) "Les crimes violents se poursuivent sans relâche dans tout le pays. La police réagit souvent avec une force excessive contre les personnes en détention" : https://www.amnestyusa.org/countries/panama/. Au Guatemala (157 140 t exportées vers l'UE en 2018), "Les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la corruption et les abus risquent d'être compromis en raison de graves entraves de la part du gouvernement" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/guatemala. Au Nicaragua (81 307 t exportées vers l'UE en 2018) "Une énorme concentration du pouvoir exécutif a permis au gouvernement du président Daniel Ortega de commettre des abus flagrants contre les critiques et les opposants en toute impunité" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/nicaragua. Bien qu'il n'exporte pas de bananes vers l'UE "Le Salvador a l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde. En 2018, les gangs ont continué d'exercer un contrôle territorial et d'extorquer des résidents dans les municipalités de tout le pays" : https://www.hrw.org/world-report/2019/country-chapters/el-salvador).

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