20 novembre 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les tendances demeurent fermes malgré la stabilisation en fin de semaine

(20/11/09)

Une fois n’est pas coutume. Les marchés agricoles internationaux se consolidaient hier dans le sillage du baril de pétrole et de la parité euro/dollar. Après plusieurs séances consécutives de hausse, les marchés reprennent leur souffle sans, pour le moment, affichaient les signes d’un réel changement de tendance. Sur le marché physique, les cours demeurent en retrait de la récente progression des marchés à terme avec une activité et des débouchés toujours extrêmement réduits.

Cacao. Les cours du cacao sur les marchés internationaux se sont stabilisés en cette fin de semaine, face à une bonne offre physique étant donné que les récoltes en Afrique de l’Ouest battent leur plein actuellement.
Au Cameroun, le prix FOB Douala était hier à FCFA 1 420 le kilo (FCFA 1 515 le kilo CAF à Londres), avec un prix minimum/maximum d’achat à Douala par les exportateurs de FCFA 1200/1320 le kilo, selon l’ONCC.

Café. Cette semaine, les prix de l’Arabica se sont inscrits à la hausse face à la perspective d’une activité soutenue sur le marché des Arabica d’Amérique centrale au premier semestre 2010, et toujours le même problème en Colombie où l’offre demeure très faible. Quant aux Robusta, les prix restent bas mais avec une activité importante sur le spot pour livraison fin d’année à cause des prix FOB du café Robusta du Vietnam très élevés.
Au Cameroun, le prix FOB Douala du café Robusta grade 1 est de FCFA 504 le kilo (FCFA 577 le kilo CAF à Londres), selon l’ONCC.

Caoutchouc. Après avoir atteint jeudi un plus haut en 13 mois suivant en cela un baril de pétrole qui frôlait les $ 80, les cours du caoutchouc naturel sur le marché de Tokyo se sont stabilisés avec en toile de fond la baisse des cours du brut. Rappelons que le pétrole est utilisé dans la production du caoutchouc synthétique, concurrent du caoutchouc naturel.

Céréales. Sur les marchés américains, les cours des céréales se sont stabilisés comme de nombreuses autres matières premières sans toutefois invalider le mouvement haussier de ces derniers jours. Des prises de profit ont lieu et les cours reprennent leur souffle après plusieurs séances de progression consécutives.
L’Egypte a acheté le 19 novembre 175 000 t de blé dont 60 000 t de Russie, 60 000 t de France et 55 000 t d’Allemagne. En blé (récolte 2009), les cours ont reculé à 123 euros la tonne en base juillet rendu Rouen en qualité standard pour une livraison novembre/décembre. Le blé à Chicago, exprimé en euro, reste inchangé sur un équivalent de 139,1 euro la tonne sur l’échéance décembre 2009.

Coton. La Chine, premier importateur et consommateur mondial de coton, a encore puisé 500 000 t de coton de ses réserves afin d’alimenter ses usines textiles qui sont en manque de matières premières étant donné le retard de la récolte. Ceci s’ajoute aux 2,12 Mt déjà vendus ces derniers mois. Un signe manifeste de la volonté de Pékin de ne pas émettre de nouveaux quotas d’importation pour faire face à sa demande nationale en souffrance. Ces 500 000 t se décomposeraient en 139 000 t de la récolte 2008 et 360 000 t de la 2007. Mais peu de volumes devraient être mis sur le marché à la fois, ce qui selon certains ne permettra pas de satisfaire la demande, les 500 000 t prises globalement étant considérées en soi comme un volume insuffisant. Rappelons que cette année, la production chinoise de coton baisserait de 10% au moins, à 7 millions de tonnes environ.
Quant à la situation mondiale, dans son dernier rapport publié hier 19 novembre, Cotlook voir un déficit qui augmente pour 2009/10 du fait de la faible production en Inde et aux Etats-Unis, alors que la consommation mondiale devrait se redresser : l’utilisation par les filatures augmenterait de 4% entre août 2009 et juillet 2010. L’écart est estimé atteindre 1 200 000 t, ce qui permettra de réduire les stocks pour la première fois en plusieurs campagnes.

Huile de palme. L’huile de palme cotée à Jakarta a touché mercredi un plus haut en treize semaines et demie, portée par l’espoir d’une hausse de la demande et des cours du pétrole élevé. Une tendance haussière qui devrait persister, notent plusieurs analystes, même si en fin de semaine les cours se sont consolidés. Les deux plus importants importateurs mondiaux, la Chine et l’Inde, devraient augmenter leurs achats d’ici la fin de l’année et début 2010, suite à un troisième trimestre durant lequel ils sont plutôt restés en retrait des marchés. La mousson a pris du retard en Inde et, par conséquent, ses rendements en soja en ont pâti.

Sucre. Malgré la correction des cours du sucre sur les marchés à terme en fin de semaine, les primes sur le roux demeurent importantes sur le marché physique étant donné la demande mondiale soutenue.
Les planteurs indiens de sucre ont vivement protesté cette semaine, perturbant le travail des parlementaires, car ils veulent des prix plus rémunérateurs. Ceci pourrait-devrait- déboucher sur une modification du prix payé au producteur. Rappelons que c’est notamment du fait de la baisse de production en Inde et donc des besoins accrus de ce pays à l’importation, que les cours mondiaux du sucre ont tant augmenté ces derniers mois.
Sur le marché mondial, notons la pénurie persistante de sucre au Pakistan. Ce pays devrait prochainement acheter des origines thaïlandaises ou brésiliennes.

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