21 janvier 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Perplexité sur le marché du cacao

(21/01/11)

Bois. La période des fêtes de fin d’année a été très calme sur les marchés internationaux du bois, avec quasiment pas de fluctuations des prix. En outre, la vague de froid a obligé le secteur du BTP, grand consommateur de bois, a travaillé au ralenti et l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) voit une très lente reprise ces prochains mois. C‘est en réalité la demande constante, régulière, de l’Inde et de la Chine qui permettra aux prix des bois d’Afrique centrale et de l’Ouest de demeurer stables. Certains estiment que les prix des grumes d’essences de première qualité pourraient augmenter au premier trimestre. Pour la suite de l’article, se reporter à notre blog Bois tropicaux

Cacao. Le marché du cacao à Londres a grimpé en fin de semaine sur fond de tensions croissantes en Côte d’Ivoire. Par rapport à vendredi dernier, 14 janvier, la tonne de cacao de Côte d’Ivoire grade 1 est passée de 2 460 euros la tonne à 2 550 actuellement sur le marché du physique livrable en janvier-mars, la seconde position avril-mai ayant évolué de 2480 à 2575 euros. Les fèves du Ghana sont, quant à elle, à £ 2 255 sur le rapproché contre £ 2150 la semaine dernière et à £ 2275 sur l’éloigné contre £ 2170 vendredi dernier.
En effet, les exportateurs ne savent plus que faire. Rappelons que depuis des années, ils se substituent en quelque sorte à l’Etat pour collecter les taxes auprès des quelque 5 millions de planteurs en Côte d’Ivoire. A raison d’une tonne de cacao imposée à 21%, cela fait au prix actuel du marché quelque £ 425 la tonne, calcule un trader. « Si on ne paie pas les taxes à l’administration en place, on ne peut pas exporter », souligne-t-il. On attend, on hésite et cela donne un ralentissement des volumes qui sortent de Côte d’Ivoire.
En outre, l’Union européenne a durcit ses sanctions et aucun navire battant pavillon européen ne peut prendre livraison de marchandises aux deux ports ivoiriens.
Le prix du cacao a également été soutenu par la publication hier des chiffres de broyage aux Etats-Unis : une consommation en hausse de 4,64% au dernier trimestre 2010 par rapport à fin 2009, selon la National Confectioners Association (NCA)
A ceci s’est ajoutée l’incendie dans l’usine d’ADM aux Pays-bas, ce qui a stressé le marché en attendant une évaluation des pertes. L’usine produit surtout de la poudre de cacao qui actuellement vaut très chère, de l’ordre de $ 5 000 la tonne. En effet, on manque actuellement de poudre contrairement au beurre, car les pays émergents mangent beaucoup plus de gâteaux et autres produits nécessitant de la poudre que de chocolat à part entière qui requiert du beurre de cacao pour sa fabrication. En outre, il n’existe pas de substitut à la poudre de cacao alors qu’on peut remplacer d’autres matières grasses végétales au beurre. Ainsi, les usines aujourd’hui broient des fèves pour fabriquer de la poudre dont la demande est forte mais elles peinent à trouver preneur pour leur beurre, qui se vendait hier tout de même à £ 3115 la tonne départ usine Hollande contre £ 2970 la semaine dernière.

Café. Les prix du café ont baissé cette semaine, tant sur l’Arabica à New York que sur le Robusta à Londres, avec pour toile de fond un manque d’enthousiasme généralisé, selon un trader. Toutefois, sur le marché du physique, l’activité est soutenue sur tous les types de café, mais essentiellement à court terme : on constate peu d’affaires au delà de septembre 2011. « Il n’ ya pas de grandes nouvelle, pas de problèmes sur les Brésil, ni sur les cafés lavés. Les différentiels bougent peu et le marché est en stand-by », résume le trader.
Au Vietnam, la capacité de production de café soluble pourrait doubler d’ici la fin 2012, à 10 000 t par an, selon Le Hung Dung, directeur général adjoint de Vinacafe Bien Hoa Co, le numéro un national en la matière. A noter que cette année les prix du café ont augmenté de près de 60% au Vietnam car la demande des négociants et torréfacteurs internationaux est forte, laissant peu de volumes disponibles pour satisfaire une demande locale en plein essor.Celle-ci est passée de 1,02 million de sas de 60 kilos en 2008/09 à 1,21 million en 2009/10. Le Vietnam, premier producteur mondial de Robusta, exporte du café vert semi transformé.

Caoutchouc. Jusqu’où s’étirera le caoutchouc ? il a encore touché des sommets hier porté notamment par les spéculateurs qui parient sur des niveaux encore plus élevés de prix due à la forte demande et à l’étroitesse de l’offre. Le marché à terme de Tokyo a encore grimpé de 4% cette semaine et le marché du physique suit, à quelques encablures des $ 6 le kilo

Céréales. Ce mois dernier, la tendance générale des prix des céréales est à la hausse au Niger, selon Afrique Verte. Les hausses les plus importantes ont été observées sur le marché de Zinder, avec +20% pour le maïs, +10% pour le mil et +8% pour le sorgho. Au Mali, la récolte bat son plein et d’une manière générale, le prix du riz est stable.Toutefois, les céréales sèches commencent de façon peu habituelle à grimper en dépit de la bonne campagne déclarée. Quant au Burkina Faso, la tendance est à la hausse de prix sur l’ensemble des marchés, avec des amplitudes variables, la plus forte augmentation étant de 21% pour le sorgho local dans la Kossi.

Huile de palme. Les cours de l’huile de palme en Malaisie ont augmenté sur l’ensemble de la semaine, face à une hausse de 9,74% des exportations, à 852 607 t par rapport aux 776 910 t entre les 1er et 20 décembre 2010. Le marché s’inquiète toujours des pluies en Indonésie et Malaisie, tandis que l’offre d’autres oléagineux subit également les aléas climatiques, à l’instar de la sécheresse qui touche le soja en Argentine.
Le marché se demande également si l’Indonésie va relever prochainement sa taxe à l’exportation sur l’huile de palme : il serait question qu’elle passe à 25% en février contre 20% en janvier, afin de stabiliser son marché national.

Thé. Le prix moyen des thés a glissé à $ 3,81 le kilo aux ventes aux enchères de Mombasa cette semaine contre $ 3,88 aux ventes précédentes, avec pour toile de fond une offre abondante. Les Best BP1s se sont vendus à $ 3,90-3,72 contre $ 4,10-3,6 précédemment. A noter que 22% des volumes offerts à la vente n’ont pas trouvé preneurs, contre 45% seulement aux ventes dernières. L’Egypte notamment, qui habituellement est un acheteur majeur, n’était pas présente à la vente.
Au Burundi, les recettes d’exportation de thé ont baissé de 25% en décembre par rapport à décembre 2009, essentiellement du fait de la faiblesse des volumes, selon le Tea Board, OTB. Rappelons que 80% du thé du Burundi est vendu aux ventes aux enchères de Mombasa au Kenya.

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