21 août 2008 - 00:00 |

Chronique : le Rendez-vous Matières du jeudi

Bois, cacao, café, coton, caoutchouc, maïs, thé, sucre : le point des marchés et la place de l’Afrique

(21/08/08)

Bois. Le marché des bois tropicaux d’Afrique est encore assez morose, avec peu de signes de reprise réelle. Les prix de l’okoumé à destination de la Chine ont baissé de 2 à 3 euros le m3, de vieux stocks du Gabon étant vendus à 75 euros le m3 FAS, souligne le dernier Tropical Timber Report. Les marchés européens, quant à eux, fonctionnent toujours sur le mode estival, c’est-à-dire avec une très faible activité qui devrait perdurer jusqu’à la mi-septembre. Aussi les prix des grumes n’ont-ils quasiment pas changé depuis près d’un mois. En outre, les stocks en Asie et en Europe demeurent élevés, réduisant la nécessité pour ces opérateurs de se porter à l’achat.
Quant aux sciages, après la baisse des prix des moabi, sapeli et sipo, c’est le calme plat. Encore une fois, peu voire pas d’achats sont recensés du côté européen où d’ailleurs les stocks sont importants.
Le Gabon profiterait de ce calme sur les marchés pour resserrer les vis dans sa filière, en termes de réglementations et de relations contractuelles. Deux entreprises étrangères ont été fermées pour manquement à la législation.

Cacao. Le marché physique du cacao est calme, à l’instar de nombreuses autres matières premières en cette période estivale. Rappelons qu’il a bien augmenté entre les mois de novembre à juin, suivant en cela le mouvement général à la hausse des produits. Puis, des prises de profit fin juin ont entrainé les cours des matières en général à la baisse, stimulé en cela par la remontée du dollar.
Par rapport à cette tendance générale, le marché du cacao demeure ferme car le déficit annoncé se confirme bel et bien. La récente baisse de la fève, de £ 1740 à 1440 ces trois dernières semaines, n’est que le résultat du dénouement du squeeze opéré sur le marché à Londres en juillet. Actuellement, se dessine un mouvement de yoyo permanent à l’intérieur d’une fourchette qui se situe entre £ 1440 et 1520. La mauvaise récolte en prévision laisse penser à des observateurs avisés que le marché sera à £ 1600 l’année prochaine. A noter un élément à ne pas négliger : la livre sterling, monnaie de cotation du cacao à Londres, a perdu 17% de sa valeur depuis décembre !
Au Ghana, les achats durant les six premières semaines de la récolte intermédiaire, au 7 août, ont totalisé 11 127 t, soit 8,9% de plus que sur la même période la campagne dernière. Actuellement, de nombreux planteurs font de la rétention en attendant que le gouvernement fixe le prix d’achat minimum pour la prochaine campagne. Prix qu’ils espèrent, bien évidemment, à la hausse. La décision est habituellement prise en août ou septembre, juste avant le démarrage de la nouvelle campagne en Octobre.
Au Nigeria, les arrivages de cacao à Lagos ont fait un bond de 35%, à 7 000t sur le mois de juillet par rapport à juillet 2007. Visiblement, le programme de relance du secteur cacaoyer lancé par le gouvernement en 2005 porte ses fruits. Car ce mois de juillet a été plus difficile que l’année dernière pour les opérateurs en raison des prix élevés du carburant : les « licenced buying agents » qui vont chercher bord champ la marchandise ont réduit leurs déplacements, ce qui ne s’était pas produit l’année dernière. Toutefois, une question de qualité demeure : les pluies n’ont pas permis aux planteurs de bien sécher leurs fèves et la pourriture a atteint dans certains cas jusqu’à 10% alors que 5% est la maximum accepté par les exportateurs. La récolte demeure malgré tout meilleure que l’année dernière.
Les performances du Cameroun sont également bonnes, avec un record de 187 355 t sur la campagne 2007/08, d’août à juillet.

Café. L’activité sur le marché du café est calme, avec essentiellement de l’internégoce sur le marché du Robusta et, s’agissant de l’Arabica, un problème de café lavé d’Amérique centrale et surtout de Colombie et du Guatemala.

Maïs. Les producteurs sud-africains ont déjà fourni 6,308 Mt de maïs blanc et 3,898 Mt de maïs jaune depuis le démarrage de la campagne le 2 mai dernier, contre 6,089 et 3,779 Mt respectivement sur la même période l’année dernière. Les besoins annuels du pays, de l’ordre de 8 Mt, sont ainsi d’ores et déjà couverts et sécurisés.

Caoutchouc. Les cours du caoutchouc ont regrimpé à la Bourse de Tokyo grâce aux gains du pétrole et de l’or, rebondissant ainsi du plancher de trois mois heurté la semaine dernière. Les perspectives restent incertaines car la hausse du caoutchouc est perçue comme un mouvement technique lié à la fermeté du pétrole et de l’or.
La production de caoutchouc naturel de la Malaisie, l’un des principaux producteurs mondiaux est montée de 5,6% par rapport au mois précédent à 88.449 en juin, selon un organe de l’Etat.
En Afrique, les exportations de caoutchouc naturel de la Côte d’Ivoire, premier producteur du continent, ont totalisé 117 020 t de janvier à juillet, en hausse de 13% sur la même période l’année dernière.

Coton. Le coton sur les marchés mondiaux ont glissé cette semaine sur un manque d’activité. Toutefois, les cours mondiaux devraient demeurer soutenus durant la campagne 2008/09, notamment en raison de stocks globaux de fin de campagne que l’USDA envisage à 50,98 millions de balles, soit une nette baisse par rapport aux 53,24 millions estimés le mois dernier. La production mondiale est attendue à 124,54, soit moins que le chiffre de 125,91millions avancés par le département américain en juillet. A noter que la production aux Etats-Unis diminuerait, à 13,77 millions de balles contre 14 millions la campagne précédente, selon l’USDA.
Le Kenya est déterminé à rebooster sa filière coton et le gouvernement a prévu une enveloppe de 560 millions de shillings ($8,48 millions), selon le rapport de marché de Sucden. K£ 500 millions seront consacrés à améliorer les pratiques agricoles et l’accès aux intrants tandis que K£ 60 millions seront alloués sous forme de crédit aux producteurs. Des 20 000 balles de 175 kg produites actuellement, le pays devrait pouvoir atteindre 260 000 balles, ce que le gouvernement estime être le réel potentiel cotonnier du pays.
De janvier à juillet, les exportations de coton de Côte d’Ivoire se sont contractées de 3% par rapport aux volumes sur la même période en 2007, à 146 414 t. La filière a encore du mal à remonter la pente : avant la guerre, le pays produisait environ 400 000 t tandis que la campagne dernière, la production n’a atteint que 150 000 t.

Sucre. Le retournement de situation cette campagne semble se confirmer sur la scène mondiale du sucre. Après deux campagne s consécutives d’excédent (9,4 Mt en 2007/08), où les stocks mondiaux n’ont cessé de gonfler, 2008/09 devrait afficher un déficit de 3,3 Mt, selon les prévisions publiées lundi du spécialistes Czarnikow La production mondiale chuterait de 8 Mt, à 164,1 Mt, essentiellement du fait d’une baisse de production en Inde, numéro deux mondial derrière le Brésil. La consommation, quant à elle, continuerait d’augmenter, à 166,4 Mt en 2009 contre 161,6 Mt en 2008 et 155,2 millions en 2007.
Face à cette perspective, les cours du sucre ont déjà grimpé de 23% cette année, poussé par les fonds d’investissement essentiellement.

Thé. Les prix du thé aux ventes aux enchères de Mombassa du 20 août ont légèrement augmenté, notamment en raison d’une demande soutenue de la part d’acheteurs égyptiens. A noter que l’Egypte aurait supplanté le Pakistan comme premier importateur de thé kenyan au monde. Selon Naveed Ariff, directeur général du Global Tea and Commodities, les prix devraient encore augmenter ces prochaines semaines sur des achats importants. En effet, les acheteurs craignent de manquer car la production kényane (thé noir) serait en chute de 35% sur 2008, à 335 000 t contre 369 000 t l’année dernière. D’ores et déjà, sur les premiers six mois de l’année, la production a baissé de 21%.

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