21 août 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les marchés tiraillés entre l’inquiétude économique et les fondamentaux

(20/08/2011)

Cacao. On a noté peu d’activité cette semaine sur le marché physique du cacao en Europe et ce pourrait rester ainsi jusqu’à fin août-début septembre en attendant davantage de renseignements sur la récolte à venir en Côte d’Ivoire. En outre, de nombreux traders sont encore en vacances, sans oublier que l’industrie serait bien couverte (elle détiendrait suffisamment de fèves pour couvrir ses besoins même de Noël) et que les cours du cacao sur les marchés à terme sont élevés.
Aussi, les prix sur le marché du physique ont été bien inférieurs à ceux sur le marché à terme. Les bonnes qualités Côte d’Ivoire se sont échangées à £ 10 à 50 en dessous de l’échéance septembre à Londres. Mais de façon générale, les différentiels sont très larges, allant de £ 50 en dessous de Londres à £ 50 au dessus.
Les cours élevés de la fève sur les marchés à terme cette semaine ont dissuadé l’achat de beurre de cacao, qui s’est traité à un ratio de 1,20 par rapport à la fève sur septembre contre 1,22 la semaine précédente.
Mercredi, l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a confirmé ses estimations de récolte 2010/11 à 4,2 millions de tonnes (Mt), générant un excédent de 325 000 t.

Café. Les marchés à terme du café ont pris le contre pied des places financières, s’envolant de plus de 30 cents la livre d’Arabica à New York et de $ 280 pour le Robusta à Londres. « Bien malin celui qui peut expliquer ces mouvements, en dehors de fonds qui achètent ou couvrent des shorts etc.. Tout y passe comme tentative d’explication », souligne un trader. Cette hausse a gelé l’activité physique sauf en Robusta avec une baisse des différentiels pour les Vietnam. De façon générale, le Robusta reste à des prix très attractifs par rapport à l’Arabica. Malgré la forte hausse, les différentiels d’Arabica ont très peu bougé.
Côté production, les récoltes de café en Colombie ont chuté de 33% en juillet 2011. Selon la Fédération nationale de producteurs de café, en juillet 2011, la Colombie n’a récolté que 530 000 sacs de 60 kg de café contre 787 000 en juillet 2010, rapport l’agence mexicaine Ria Novosti. Cette baisse a été provoquée par les pluies torrentielles qui s’étaient abattues l’année dernière sur les plantations.
Troisième producteur de café dans le monde, derrière le Brésil et le Vietnam, la Colombie détient 10 à 12% du marché mondial. La production colombienne avait déjà connu une baisse dramatique en 2009, à 8 Mt contre 11 à 12 millions de sacs habituellement. En 2010, la récolte s’est élevée à près de 9 millions de sacs de café.

Caoutchouc. La situation économique mondiale inquiète les opérateurs sur le marché du caoutchouc, ce qui a provoqué une baisse de 2,5%, à 353,3 yens le kilo, sur le Tokyo Commodity Exchange en fin de semaine.
Dans les pays producteurs, les exportations en Côte d’Ivoire ont baissé de 9% entre janvier et juillet, à 122 149 t par rapport à la même période en 2010, essentiellement en raison de la fermeture des ports pendant trois mois suite aux élections présidentielles.

Céréales. L’inquiétude à l’égard des récoltes aux Etats-Unis, la baisse du dollar notamment face au yen et les craintes à l’égard d’une récession économique ont provoqué une hausse de 3% des cours sur le marché de Chicago en fin de semaine. Les rendements sont faibles pour le blé de printemps aux Etats-Unis alors que l’offre américaine de blé est déjà faible depuis des mois. La récolte 2011 a pris quelques semaines de retard alors que les opérateurs espéraient qu’elle renflouerait les stocks.
Les cours du maïs et des graines de soja se sont également raffermis face au dollar et à la hausse des cours du pétrole : les perspectives de récolte demeurent incertaines.
En revanche, en Europe, les cours ont baissé car l’inquiétude à l’égard de la situation économique prédomine. Une baisse toutefois limitée par la hausse des prix sur les marchés américains et de l’inquiétude les conditions de production aux Etats-Unis. A noter que les prix sur les marchés européens doivent aussi être en ligne avec l’offre russe qui ne cesse de croître depuis la levée de l’embargo le 1er juillet dernier. Il est vrai que le blé russe domine actuellement sur le marché du Proche Orient avec encore jeudi dernier, 180 000 t de blé vendues à l’Egypte.

Coton. Le coton a terminé la semaine en baisse, des investisseurs vendant des positions face aux incertitudes mondiales. Toutefois, la tendance a été limitée car la production dans certains pays inquiète : les pluies au Pakistan qui auraient entrainé la perte de 400 000 balles de 480 lb ; un été chaud en Ouzbékistan entre autres et de fortes pluies dans certaines régions cotonnières chinoises.

Huile de palme. La situation économique mondiale pèse sur les cours de l’huile de palme qui ont terminé la semaine en baisse sur le marché à terme de Malaisie, et ce malgré la perspective d’une demande croissante notamment chinoise. L’affaiblissement des cours du pétrole a également contribué au mouvement baissier.

Maïs. La récolte en Argentine pourrait atteindre le record de 30 Mt sur 2011/12 si la situation météorologique s’améliore après que la sécheresse ait fait baisser les rendements la campagne dernière. Rappelons que ce pays est le deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis. Les cours sont élevés, ayant fait un bond de 60% cette dernière année.

Sucre. Le sucre roux à clôturé la semaine sur le marché à terme de New York en hausse de 6%, à près de 31 cents la livre, sa plus forte progression en une journée de cotation depuis six semaines. La fermeté des marchés financiers aux Etats-Unis, la faiblesse du dollar et la perspective d’une faible récolte brésilienne ont boosté les prix.

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