21 août 2012 - 23:00 |

La hausse des prix alimentaires suscite une nouvelle mise en garde du FMI et de la BM

Les pays doivent se préparer très en amont

(21/08/2012)
La pire sécheresse depuis un demi-siècle aux Etats-Unis et de mauvaises récoltes dans la région de la mer Noire ont eu pour conséquence une hausse des cours du maïs, du blé et du soja. Mais le prix du riz, aliment de base en Asie et dans une partie de l’Afrique, n’a pour l’instant pas été touché. De façon plus générale, les prix alimentaires, en dépit de leur récente hausse, n’ont pas retrouvé les niveaux record de 2007-2008 et la situation est très différente. Toutefois, hier, le FMI et la Banque mondiale ont mis en garde les Etats : la hausse des prix devrait se poursuivre ces prochains mois.

Si, il y a quatre ans, rappelle Thomas Helbling, directeur de division au département de la recherche du FMI, la dépréciation du dollar américain face à de nombreuses autres devises avait atténué l’impact de la hausse des prix alimentaires libellés en dollar, aujourd’hui, le monde est mieux préparé à une envolée des prix alimentaires. Car la crise de 2007-2008 a conduit à une augmentation des investissements dans l’agriculture et à une transparence accrue des prix, deux facteurs qui permettent aux Etats de mieux anticiper et de mieux gérer d’éventuels chocs sur les prix, explique aussi Jürgen Vögele, directeur du département de l’Agriculture et du développement rural à la Banque mondiale. Depuis 2008, elle a porté ses investissements dans l’agriculture de $ 2,5 à $ 9,5 milliards par an. Mais la persistance de la volatilité des prix complique les prévisions de production et de plantations.

Le monde dispose de suffisamment de nourriture mais bien sûr, nous ne pouvons pas prédire le temps qu’il fera et si quelque chose d’extraordinaire se produisait, nous pourrions nous trouver de nouveau dans une situation difficile ”, a poursuivi Jürgen Vögele. ” Ce que nous recommandons, c’est que les pays se préparent très en amont ”, a-t-il expliqué.” Tant que nos stocks alimentaires seront aussi bas, la volatilité (des prix) ne s’atténuera pas facilement. ” Toutefois, pour Thomas Helbling, la hausse actuelle des prix des céréales reflète “un choc d’offre classique” et, par conséquent, ” ils redescendront si la prochaine récolte se rapproche de la tendance ou revient à la normale.

Le problème de la volatilité persistera tant que nous ne produirons pas davantage de produits alimentaires et que nous n’augmenterons pas nos réserves ”, souligne Mark Sadler, responsable de la gestion des risques agricoles à la Banque mondiale.

Le G20 décidera cette semaine s’il convoque une réunion d’urgence du “Forum de réaction rapide”, créé l’an dernier durant la présidence française du Groupe afin de faire face à des situations inhabituelles sur les marchés.

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