21 novembre 2019 - 14:09 |

Côte d’Ivoire : une production record de coton attendue pour 2019/2020

Il s’agit d’un nouveau record en perspective pour la Côte d’Ivoire. L’association des égreneurs de coton de Côte d’Ivoire a annoncé hier la forte probabilité d’obtenir une production de coton record de l’ordre de 510 000 tonnes (t) pour la campagne 2019/2020, témoigne Reuters.

Alors que l’on s’attendait à une production anticipée 500 000 t et en augmentation de 16 %, il semblerait que ces chiffres soient légèrement inférieurs aux nouvelles perspectives. "Les pluies ont été bonnes pendant les semailles et les agriculteurs ont reçu les intrants dont ils avaient besoin", a souligné Christophe N'Dri, secrétaire exécutif de l'association.

Tous les voyants sont au vert pour dépasser la production de l’année dernière forte de 468 000 t. En outre, le gouvernement a adopté une politique industrielle de relance de la filière textile. En effet, les producteurs de coton voient le prix d’achat de l’or blanc s’établir à FCFA 300 le kilo pour la campagne 2019/2020 ; soit FCFA 35 de plus que pour celle de 2018/19 (FCFA 265). Un sacrifice pour le gouvernement de l’ordre de FCFA 22 milliards (€ 33,5 millions) légitimé par des perspectives au hausse de la consommation mondiale de coton pour la campagne 2019/20 qui s’élèverait à 27,3 millions de tonnes (Mt).

L'exportation de fibre en 2019/20 est attendue à 190 000 t, un record également, contre 163 300 t environ estimées pour la précédente campagne. Le pays est un des principaux exportateurs d’or blanc d’Afrique. La principale destination du coton fibre ivoirien est l'Asie, notamment le Bangladesh, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie et le Vietnam, avec des ventes moindres vers la Chine, le Pakistan et la Thaïlande.

Rappelons que la campagne cotonnière en Côte d’Ivoire s'étend de mai à avril, avec des semis d'avril à juin et des récoltes d'octobre à janvier. L'égrenage et la commercialisation ont lieu de novembre à avril.

De nombreux défis en perspective

Depuis 2012 avec la réhabilitation de l’existant, la promotion de l’investissement et la création d’une zone franche. Des mesures qui ont boosté l’activité de la filière et a augmenté de 17 % le nombre de producteurs de coton (88 407 à 103 336 producteurs) et de 24 % les surfaces semées. Des modifications qui ont augmenté la production de coton de 13 % (fixé à 468 953 t) en 2018/19 et de passer du 4e au 3e rang des producteurs de coton africain. Le gouvernement a pour ambition de transformer en Côte d’Ivoire 25 à 50 % de la production d’ici 2025.

En marge d’une augmentation de la production ivoirienne, de nombreux défis se présentent et pourraient annihiler les efforts des producteurs ivoiriens. Le premier d’entre eux concerne, d’une part, l’absence des femmes dans la chaine de valeur du textile. D’autre part, les autorités ont la responsabilité de redoubler d’effort dans la lutte contre la fraude de textiles venant de Chine : « Le coton transformé en Chine sous forme de pagnes et de vêtements est remis en fraude dans nos pays africains, puisque la plupart des produits fabriqués en Chine ne viennent en fraude que sur nos économies, en particulier celle de la Côte d'Ivoire » soulignait le mois dernier le président de l’Union des grandes entreprises industrielles de Côte d'Ivoire (UGECI), Jean-Louis Menudier.

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