22 mars 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le clou de girofle va s’apprécier


(21/03/2013)

CACAO Le cacao a terminé la période sous revue relativement stable sur le marché à terme de Londres face à la perspective d’une récolte intermédiaire abondante en Afrique de l’Ouest. Pourtant, sur le terrain, certains planteurs en Côte d’Ivoire s’inquiètent de l’impact des deux mois de sécheresse sur la récolte intermédiaire. Certes, il a recommencé à pleuvoir fin février dans la plupart des zones de production, mais il faudrait encore que des pluies régulières persistent durant tout le mois d’avril.
Au 17 mars, les arrivages aux ports ivoiriens étaient de 998 000 t depuis le démarrage de la campagne en octobre contre 1 025 000 t à pareille époque l’année dernière, selon les estimations des exportateurs.

CAFE Après une chute des cours lundi puis une embellie mercredi (l’Arabica terminant la session à New York à la hausse pour la première fois en 8 jours successifs de cotation), le café est reparti la baisse jeudi, les perspectives d’une offre surabondante brésilienne et une demande léthargique sur les marchés matures pesant encore de tout leur poids. Notons qu’au 28 février, le Brésil n’avait vendu que 71% de sa dernière récolte 2012/13 contre 87% à pareille époque il y a un an, selon l’analyste Safras & Mercado.
En outre, le climat général sur les marchés à terme, financier et de matières premières, est très lourd face à l’incertitude de la reprise économique européenne et, par voie de conséquence, le renchérissement du dollar.
Les Robusta, en revanche, se sont affermis mais ne se sont pas inscrits résolument à la hausse car les conditions météorologiques au Vietnam s’améliorent et la récolte 2013/14 ne devrait pas être autant impactée qu’on ne le craignait jusqu’à maintenant.

CAOUTCHOUC Le maintien d’une politique de soutien à la reprise économique de la banque centrale des Etats-Unis, la FED, a conduit à des achats spéculatifs sur le marché de Tokyo où les cours du caoutchouc ont enregistré deux séances de hausse pour clôturer jeudi à 282 yens ($2,95) le kilo. En outre, le premier producteur mondial, la Thaïlande, est entrée dans la saison sèche où la production de latex se réduit normalement d’environ 50% sur les 200 000 tonnes qu’elle produit mensuellement.

CLOU DE GIROFLE Les transactions internationales de clous de girofle sont particulièrement actives en ce mois de mars, souligne Emmanuel Née de chez Sivanil dans sa note d’information. Les raisons ? Nous sommes au milieu de deux récoltes dans deux pays producteurs majeurs, Madagascar et l’Indonésie. En outre, le 31 mars est la clôture de l’exercice fiscal 2012 pour les entreprises de négoce dans de nombreux pays à travers le monde, notamment en Inde. Ceci engendre, en général, un regain de transactions.
Aux Comores, la récolte est achevée et il n’y a plus de marchandises à vendre. A Madagascar, d’ici un mois, il ne devrait plus y avoir de clous de girofle chez les producteurs, tout devant, en toute logique, être entre les mains des exportateurs et sans doute attendront-ils que les prix sur le marché international soient suffisamment élevés pour vendre. Des prix qui devraient s’inscrire à la hausse car d’une part les stocks ne sont pas très élevés, d’autre part les exportateurs ne semblent pas pressés à vendre. Pour l’instant, note Emmanuel Née, il est difficile d’avoir une cargaison à moins de $ 12 000 la tonne FOB et la nouvelle récolte ne sera disponible que dans 7 à 8 mois.

COTON Les cours du coton sont redescendus de leur sommet d’un an atteint à la fin de la semaine dernière à 93,93 cents. Bien sûr la conjoncture internationale, et l’évolution de la situation à Chypre, a pesé sur le marché du coton comme sur les autres marchés. Mais le coup de massue est venu de Chine et dans une moindre mesure de l’Inde, ces deux pays envisageant de vendre une partie de leurs stocks nationaux pour tenter d’amortir la flambée des coûts pour leurs industries textiles. La Chine devrait cette année céder environ 3 millions de tonnes (Mt) de sa réserve nationale, qui s’élève à environ 10 Mt. Quant à l’Inde, ses stocks s’élèvent aujourd’hui à 425 000 tonnes et devrait prendre une décision sur leur cession en avril. Les derniers chiffres des douanes chinoises montrent que les importations chinoises de coton en février ont reculé de près de 40%, et de 11% depuis le début de l’année. En outre, les dernières ventes hebdomadaires des Etats-Unis montrent une chute de près de 40%. Le contrat de mai a clôturé jeudi à 88,20 cents la livre

HUILE DE PALME L’abaissement de la taxe sur les exportations d’huile de palme brute à 4,5% en Malaisie, contre 10,5% en Indonésie, à stimuler les achats des raffineurs. Résultats les exportations du numéro mondial ont progressé de 14% dus les 20 premiers jours de mars. Toutefois, la prudence règne avec toujours des incertitudes sur la demande et une éventuelle augmentation de la taxe à partir du mois de mai, la Malaisie ayant déjà annoncé qu’elle maintenait sa taxe à 4,5% pour le mois d’avril. En outre, les investisseurs s’inquiètent aussi d’une éventuelle hausse des droits d’importation en Inde, le premier consommateur d’huile alimentaire, ce qui pourrait freiner la demande. Le cours de l’huile de palme a clôturé jeudi sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange à 2 455 ringgits (($787) la tonne, soit son plus haut niveau depuis le 25 février.

RIZ Fermeté des prix du riz en Thaïlande qui ont gagné 3,7% cette semaine, une hausse alimentée par l’appréciation du bath, stimulé par les capitaux étrangers. Le prix du Thaï 5% de brisures a progressé à $565 la tonne, contre $545 la semaine dernière. Des prix qui restent peu compétitifs par rapport au riz vietnamien, qui se situe autour de $405-410 la tonne, et au riz indien $390-450 la tonne. L’Inde, qui a décidé de maintenir sa politique d’exportation sans restriction pour la troisième année consécutive pour se libérer ses stocks excédentaires. Au 1er mars, les stocks de riz dans les entrepôts du gouvernement indien s’élevaient à 35,8 millions de tonnes, soit un peu plus de trois fois son objectif de 11,8 millions de tonnes.

SUCRE La crise de la dette chypriote a agité les mouvements spéculatifs sur l’ensemble des marchés financiers et de matières premières, dont le sucre. Mais c’est surtout la perspective d’une récolte de sucre au Brésil d’une abondance toute particulière qui continue d’impacter le marché. Ainsi, lundi, le sucre roux a perdu 3% sur l’échéance mai, avant de se consolider aujourd’hui et regagner un peu de terrain. Mais il ne devrait pas aller très loin à la hausse car non seulement l’offre devrait être abondante provenant du Brésil (+5,7% est attendue pour la campagne 2013/14 qui va démarrer, à 40,7 Mt, selon l’analyste Datagro) mais des récoltes dans d’autres pays producteurs comme la Thaïlande, le Mexique et les Etats-Unis s’annoncent abondantes.
L’excédent sucrier mondial devrait atteindre 10,27 Mt en 2012/13 contre 8,92 Mt il y a un an, selon Datagro, Czarnikow, pour sa part, l’estimant un peu moins élevé, à 9,1 Mt (valeur roux). Czarnikow avait évoqué le chiffre de 7,8 Mt en décembre dernier. Toutefois, ce dernier souligne que la croissance mondiale de la production se ralentit : elle n’augmenterait que de 2,9% en 2012/13 contre 6,4% et 7,8% respectivement les deux campagnes précédentes. Czarnikow a également révisé à la hausse de 1,8 Mt ses prévisions de consommation moniale sur 2013, à 174,1 Mt, soit 1,75% de hausse par rapport à 2012.
Au Brésil, l’acheminement du sucre à l’export devrait connaître moins de déboire que l’expédition actuelle des graines de soja car la période sur laquelle se déroule l’exportation de sucre est assez longue et la demande moins concentrée. Les flux devraient donc être plus réguliers.
Côté Etats-Unis, les autorités sont en train de finaliser le recours à un programme jamais utilisé à ce jour, mais qui avait été élaboré lors de la grande mode des biocarburants la dernière décennie, et qui consiste à vendre à perte du sucre aux fabricants d’éthanol. Ceci devrait permettre de résorber quelque peu l’important excédent sur le marché du sucre et qui devrait encre croître.
Côté Union européenne, on est en train de mettre la dernière main à la réforme de la politique agricole commune qui porte sur quelque 55 milliards d’euros. A noter que le 13 mars, le Parlement européen a rejeté les projets de la Commission européenne d’éliminer les quotas sucriers d’ici fin septembre 2015.

THÉ Le prix moyen des thés aux ventes aux enchères de Mombassa s’est inscrit à nouveau à la baisse cette semaine, à $ 4,01 contre $ 4,22 le kilo la semaine dernière. Selon Africa Tea Brokers (ATB), les Best Broken Pekoe Ones se sont vendues à $5,02-$3,00 le kilo contre $5,14-$3,30 précédemment. Les Best Pekoe Fanning Ones sont partis à $3,48-$2,95 le kilo contre $3,47-$2,99. Au total, 141 013 paquets ont été offerts à la vente et 23% sont demeurés invendus. Les acheteurs les plus actifs étaient du Yemen, du Moyen-Orient et du Soudan.

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