22 avril 2015 - 00:00 |

Les fourmis tisserandes africaines oeuvrent contre les insectes de la noix de cajou

Les fourmis tisserandes africaines constitueraient un moyen efficace de lutte biologique contre les insectes dans la culture de la noix de cajou, ont souligné des chercheurs du Cirad et de l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA) dans le cadre du projet régional Waffi (West African Fruit Fly Initiative). Financé par Danida, l’agence danoise d’aide au développement, cette étude a été menée pendant deux ans au Bénin, rapporte l'ONG SciDev.Net.

Selon la FAO, en 2011, la production mondiale de noix de cajou brutes était de 4,28 millions de tonnes (Mt) en 2011. Le Vietnam est leader mondial avec 28 % de la production, le Bénin faisant partie des dix premiers pays producteurs. Ses exportations de noix de cajou brutes se sont élevées à environ 162 986 t en 2011 avec 121 497 t exportées.

"Les foreurs (coléoptères) rongent le tronc et les branches des arbres en y creusant des galeries, occasionnant le dessèchement des branches ; tandis que les mineuses de feuilles (Lépidoptères) utilisent leurs larves (chenilles) pour creuser à la surface des feuilles (jeunes feuilles surtout) de tortueuses galeries entraînant des lésions grises sur les feuilles qui soustraient une partie de ces feuilles à la photosynthèse", a expliqué  Florence Anato, doctorante en ressources phytogénétiques à la Faculté des sciences agronomiques (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin et principal auteur de l’étude.

Selon elle, les punaises, par contre, "se nourrissent en piquant et en suçant la sève des jeunes organes de la plante (feuilles, rameaux des fleurs, pommes et noix de cajou), ce qui occasionne le dessèchement des jeunes pousses et l’avortement des noix immatures qui tombent prématurément. Les thrips quant à eux agissent plus sur la qualité de la noix, en piquant feuilles, fleurs et fruits ; ce qui conduit à une malformation et un avortement des noix".

"L’infestation par les punaises peut aboutir à plus de 75 % de dégâts sur les feuilles, 98 % d’avortement de fleurs et près de 80 % de perte de rendement en noix de cajou et celle des thrips, entraine une perte de poids de la noix et de l’amande", a expliqué Rosine Wargui, doctorante à la FSA et co-auteur de l’étude à SciDev.Net. En Australie, plus de la moitié de la surface de la noix endommagée par les thrips, entraîne 17 à 32 % de réduction du poids de la noix et 35 à 53 % de réduction du poids de l’amande, comparativement aux noix saines.

L’équipe de Jean-François Vasières, biologiste et entomologiste, responsable du projet Waffi à IITA, a montré que les fourmis rouges ont la capacité d’améliorer significativement le rendement de l’anacardier. "Les fourmis tisserandes par leur présence (patrouille) sur les arbres assurent la protection de ces derniers contre les insectes ravageurs. Elles peuvent agir directement en capturant les insectes comme proies ou grâce à des excrétions qui ont un effet répulsif ou encore simplement par leur présence physique. Elles permettent ainsi donc de réduire ou de limiter les dégâts causés par les insectes sur les organes de la plante qui les abritent", explique Jean-François Vayssières.

"Des études antérieures dans le cadre du projet Waffi avaient déjà prouvé que ces fourmis ont aussi un effet répulsif sur les mouches de fruits grâce à leurs phéromones. Cependant, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour tirer le maximum de profit de la présence de ces fourmis dans nos plantations", ajoute-t-il.

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