22 novembre 2019 - 16:06 |

La Chronique Matières Premières Agricoles au 21 novembre 2019

Les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine continuent de donner le "la" aux marchés financiers. Les deux textes soutenant les manifestants de Hong Kong approuvés par la Chambre américaine des représentants peuvent être considérés comme un obstacle supplémentaire à la conclusion d'un accord commercial. D'ailleurs, l'OCDE a revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2020 de 3% à 2,9%, au plus bas depuis dix ans.

Hier, l'euro s'échangeait en légère baisse face au dollar, à $ 1,1067 après avoir atteint son plus haut niveau depuis le 5 novembre à $ 1,1096.

Les cours du brut sont en forte hausse, dopés par la perspective d'une nouvelle prolongation par l'Opep des mesures d'encadrement de la production ; la Russie elle-même soutiendrait la position de l'Arabie saoudite. Le Brent a terminé à $ 63,3 et el WTI à $ 57,94 le baril.

CACAO

Parti de £ 1946 la tonne vendredi dernier à Londres et de $ 2 683 à New York, le cacao a terminé la période sous revue en baisse, à £ 1915 et $ 2 640 la tonne hier soir. On est loin du pic atteint lundi à New York à $ 2 694, son plus haut depuis mai 2018... Des prix qui demeurent soutenus par l'étroitesse des disponibilités immédiates en fèves. Mercredi, la tonne de cacao sur l'échéance décembre était à prime de £ 104 la tonne par rapport au prix de l'échéance mars

En Côte d'Ivoire, les arrivages de fèves aux ports ralentissent. Selon les chiffres révisés du Conseil du café cacao (CCC) donnés par Reuters, ces volumes ont atteint 329 000 t en octobre contre 325 000 t en octobre 2018, soit une hausse de seulement 1,2%. Selon les chiffres des exportateurs, et sur la période plus longue allant du 1er octobre au 17 novembre, ces arrivages ont baissé de 2,4%, à 518 000 tonnes (t), par rapport à la même période en 2018. Ainsi, sur la seule semaine du 11 au 17 novembre, ces arrivages ont été de 90 000 t (47 000 t livrés à Abidjan et 43 000 t à San Pedro) contre 97 000 t à pareille époque l'année dernière.

Côté transformation, l'activité est bonne. La Côte d'Ivoire va de l'avant dans sa volonté de transformer davantage. Sur le premier mois de la nouvelle campagne 2019/20, le mois d'octobre, 47 000 tonnes (t) d fèves ont été broyées chez le n°1 mondial du cacao, soit 4,4% de plus qu'en octobre 2018, a indiqué lundi l'association des exportateurs Gepex. Notons que ces chiffres ne portent que sur les six plus grandes usines de broyages, dont Barry Callebaut, Olam et Cargill, parmi les 12 existantes dans le pays.

Mais rappelons que cette transformation ne va que jusqu'au produits semi-transformés comme le beurre, la poudre de cacao, les tourteaux.

CAFE

Les cours mondiaux de l'Arabica se sont redressés mercredi après avoir glissé sans discontinuer depuis le 15 novembre. De $ 1 405 la tonne de Robusta et de $ 1,1025 la livre d'Arabusta vendredi dernier, les cours ont affiché $ 1392 et $ 1,14 respectivement hier soir.

L'Arabica est soutenu par les achats des fonds car il fait sec au Brésil et les disponibilités en Amérique centrale se contractent. La campagne 2019/20 devrait être déficitaire ; c'est d'ailleurs l'année basse du cycle végétatif biannuel au Brésil.

Côté Asie, les prix ont légèrement baissé au Vietnam, suivant le marché mondial. Les producteurs ont vendu à 33 500 dongs ($ 1,44) le kilo contre 34 000 dongs la semaine dernière. Les traders ont offert le Grade 2, 5% brisures et grains noirs, avec une prime de $ 120 à $ 130 par rapport à la cotation de Londres sur l'échéance janvier. Selon des traders vietnamiens, la production vietnamienne 2019/20 serait semblable à la précédente à 30 Ms.

Quant à l'Indonésie, le Grade 4, 80 défauts, ont été proposés à la vente avec une prime de $ 190 à $ 200 sur l'échéance janvier, inchangé par rapport à la semaine dernière.

Dans son rapport sur les perspectives 2020, Rabobank estime que l'Arabica s'échangera à $ 1,22 la livre d'ici la fin de 2020, en hausse de 13% par rapport au $ 1,08 anticipé pour la fin 2019. La production en Amérique centrale baisserait de 5% en 2019/20, ce qui contribuerait au déficit mondial attendu de 3,2 millions de sacs (Ms) de 60 kg. Toutefois, Rabobank prévoit un excédent de 2 Ms sur 2020/21, le Brésil devant être dans son année haute de production. Quant au Robusta, la banque estime que les prix grimperont plus modestement et atteindront $ 1 460 la tonne fin 2020, en hausse de 6% par rapport aux $ 1 380 attendus à la fin du mois de décembre 2019.

Côté entreprise, l'indien Tata-Starbucks, filiale des deux géants, a annoncé une progression de 26% de ses revenus sur le troisième trimestre, à fin septembre. Rappelons qu'il a 163 magasins dans 10 villes en Inde.

CAOUTCHOUC

Nouvelle envolée sur le marché du caoutchouc qui a enchaîné quatre séances consécutives de hausse pour clôturer à 188,1 yens ($1,73) le kilo sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom) contre 182 yens vendredi dernier et à 12 595 yuans ($1 790) la tonne sur le marché de Shanghai contre 11 910 tonnes. Une hausse impulsée par le marché de Shanghai et en lien avec les progrès dans les discussions entre la Chine et les Etats-Unis.

COTON

Le marché du coton s’est affaissé cette semaine, enchainant quatre séances de baisse, les investisseurs liquidant leur position face à une offre excédentaire. Et toujours les hauts et les bas des déclarations de Donald Trump dans la guerre commerciale américano-chinoise. Partis de 64,86 cents la livre vendredi dernier, les cours ont clôturé hier à 63,82 cents la livre.

La production mondiale de coton biologique a fait un bond de 56% pour atteindre 180 971 tonnes, soit son niveau le plus élevé enregistré depuis huit ans en 2009/10. Elle ne représente toutefois que 0,7% de la production mondiale de coton. Sept pays concentrent la majorité de la production (Lire : Rebond de la production mondiale de coton biologique en 2017/18).

Le Brésil a exporté des volumes record de coton et de bœuf en octobre, reflétant une récolte de coton record et une demande chinoise accrue. Les exportations de coton se sont élevées à 273 400 tonnes en octobre, soit 68% de plus que l'année précédente. Entre janvier et octobre, les exportations ont totalisé 1 million de tonnes, soit le double des 502 000 tonnes expédiées à la même période l'an dernier, selon le ministère brésilien du Commerce. Le Brésil a récolté un record de 2,7 millions de tonnes de coton lors de la campagne 2018/19, soit 36% de plus qu’en 2017/18, avec une expansion des superficies, en particulier dans les États de Bahia et de Mato Grosso.

En Côte d’Ivoire, la production cotonnière en 2019/2020 devrait atteindre un niveau record de 510 000 tonnes, contre environ 468 000 tonnes la campagne précédente, a annoncé mercredi l'association des égreneurs de coton.

Au Pakistan, la production de coton continue de baisser impactée par le changement climatique. Selon les données publiées lundi par la Pakistan Cotton Ginners ’Association (PCGA), la production de coton jusqu’au 15 novembre était de 6,857 millions de balles, soit une baisse de 21% par rapport à 8,671 millions de balles à la même période l’année dernière. La forte chute de la production de coton au Pendjab (-26%) a été le principal facteur de réduction de la production globale dans le pays. Le Sind (-14%) a également beaucoup souffert des conséquences du changement climatique.

La production de coton se situerait entre 8,5 et 9 millions de balles, ce qui impliquerait des importations significatives de l’ordre de $ 6 millions, estime l’analyste Taqi Abbas.

HUILE DE PALME

Si les investisseurs ont pris hier leurs bénéficies, les prix de l'huile de palme se sont globalement appréciés sur la semaine passant de 2 568 ringgits la tonne vendredi dernier à 2 663 ringgits ($638,92) la tonne hier. La veille ils avaient augmenté de 2,5% et atteint leur prix le plus élevé enregistré depuis plus de trois ans mercredi, alors que les perspectives d'approvisionnement en huile comestible en 2020 s'assombrissaient et que les prix des huiles concurrentes augmentaient. Le contrat a été attribué aux perspectives de resserrement des disponibilités en huile de palme, ce qui pourrait entraîner un déficit de l'offre et une hausse des prix, a déclaré mercredi à Beijing le spécialiste éminent de l'industrie, James Fry.

Les principaux producteurs d'huile de palme en Indonésie et en Malaisie ne verront que peu de croissance leur production l'an prochain, ce qui pourrait entraîner un déficit d'approvisionnement et des prix plus élevés, a déclaré James Fry, président de LMC International.

L’Indonésie, premier producteur, augmentera sa production de 2% à 3% l’année prochaine, a déclaré Fry, ajoutant que sa production serait affectée par la sécheresse et la réduction de la consommation d’engrais. Les perspectives de croissance de la production de la Malaisie étaient également baissières, a-t-il déclaré, bien qu'il n'ait pas fourni d'estimations.

Ainsi les prix de l’huile de palme brute en Europe devraient dépasser les $700 la tonnes au 1er trimestre 2020 contre $675 actuellement.

Selon James Fry, la demande d'huile de palme en 2020 sera alimentée par le programme indonésien de biodiesel L’Indonésie a pour objectif de porter la teneur en huile de palme à 30% dans son biodiesel en 2020, contre 10% actuellement.  De son côté, la Malaisie commencera à partir du début de l’année prochaine à mettre en œuvre par étape le B20.

RIZ

Les prix à l'exportation du riz indien sont tombés à leur plus bas niveau depuis près de trois ans cette semaine. La demande mondiale est en baisse ce qui freine également les exportations des autres pays d’Asie.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% reculent à $358-$362 la tonne, son plus bas niveau depuis janvier 2017, contre $ 363-$368 la semaine dernière.

"La demande d'exportation est négligeable. Les approvisionnements de la nouvelle saison ont commencé dans quelques États du sud et pourraient augmenter le mois prochain", a déclaré un exportateur basé à Kakinada, dans l'état de l'Andhra Pradesh, dans le sud du pays. Les prix du riz paddy se négocient en dessous du prix d'achat fixé par le gouvernement, à savoir 1 835 roupies pour 100 kg sur de nombreux marchés au comptant en raison de la faiblesse de la demande d'exportation, a-t-il ajouté.

Au Vietnam, les prix sont restés stables, se situant entre $345-$350 la tonne avec une demande très faible. Bien que les Philippines aient décidé de ne pas suspendre les importations de riz, elles vont au contraire resserrer les mesures de sécurité alimentaire pour contrôler l'entrée de céréales à bas prix qui, selon le gouvernement, affectent les revenus des agriculteurs locaux. "Nous sommes toujours très préoccupés par la décision des Philippines, qui représentent le plus grand marché d'exportation du Vietnam", a déclaré un négociant de Ho Chi Minh.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% se situaient autour de $394-$410 la tonne contre $395-409 la semaine dernière, alors que la demande était en baisse tandis qu'un fort baht continuait de faire monter les prix à l'exportation.

Le gouvernement thaïlandais a intensifié ses efforts pour ouvrir de nouveaux marchés pour le riz thaïlandais, cherchant des accords avec l'Irak et la Turquie, mais les négociants estiment que les perspectives de ventes restent minces en raison des prix élevés et de la concurrence accrue.

Les États-Unis ont conclu un accord garantissant le plus gros volume jamais garanti d'accès au marché pour les exportations américaines de riz en Corée du Sud selon les déclarations du représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire à l'Agriculture, Sonny Perdue. En vertu de cet accord, la Corée du Sud fournira un accès annuel à 132 304 tonnes de riz américain, d’une valeur d’environ $110 millions, a annoncé le bureau de Lighthizer dans un communiqué. La Corée du Sud a également accepté d'importantes règles visant à garantir la transparence et la prévisibilité des appels d'offres et des enchères pour le riz américain. L'accord entrera en vigueur le 1er janvier.

SUCRE

Le sucre roux est passé de 12,80 cents la livre (lb) vendredi dernier à New York à 12,72 cents hier soir, tandis que le sucre blanc glissait aussi de $ 338,60 la tonne à Londres à $ 337,30.

Un sucre roux qui a du mal à se maintenir malgré la perspective de production en baisse aux Etats-Unis et en Inde car les producteurs profitent de la hausse pour vendre leurs stocks. Ce qui pèse sur les cours. Le marché a du mal à atteindre les 13 cents. Il a d'ailleurs du mal à retrouver les 12,91 cents enregistrés la semaine dernière, ce qui a été son plus haut depuis le début du mois d'octobre.  

En Inde, les très fortes pluies en octobre et novembre retardent les activités de broyage des raffineries. Entre le 1er octobre et le 15 novembre, les raffineries indiennes ont produit 485 000 t contre 1,34 Mt sur la même période l'année dernière, selon l'Indian Sugar Mills Association. On assiste à plus qu'une glissade !

Côté entreprises, le français Tereos a enregistré une perte de € 21 millions sur le premier semestre de son exercice 2019/20 (lire nos informations), touché de plein fouet par les faibles prix mondiaux et européens pour le sucre.

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