23 février 2018 - 11:30 |

La Chronique Matières Premières Agricoles au 22 février 2018

Une semaine au ralenti pour un certain nombre de marchés de matières premières, l'Asie fêtant son Nouvel an. Au Vietnam, les vacances ont duré du 14 au 20 et en Chine, du 15 au 21. Côté marchés monétaires, l'euro demeure fort face au dollar, terminant hier soir à $ 1,23. Ce facteur conjugué à la baisse inattendue des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière ont renforcé les cours du pétrole à New York.

CACAO - CAFÉ - CAOUTCHOUC - COTON - HUILE DE PALME - RIZ -SUCRE

CACAO

La tonne de cacao a terminé hier soir en hausse sur la période sous revue, du 16 au 22 février, à £ 1 526, partie de £ 1507 vendredi dernier. New York lui a emboîté le pas, clôturant à $ 2 146 contre $ 1 234. Les marchés ne sont donc pas parvenus à maintenir le momentum haussier du début de semaine, se révélant techniquement surachetés.

Un marché qui semble hésiter dans l'appréciation de l'impact du temps très sec  en Côte d'Ivoire. Selon certains, l'humidité des sols était bonne au démarrage de l'actuelle saison sèche ce qui, jusqu'à maintenant, a aidé les cacaoyers à bien résister ; il n'y aurait encore rien d'alarmant pour la campagne intermédiaire qui démarrera en avril et durera jusqu'en septembre. Quant à la récolte principale, d'octobre à mars, 13 exportateurs et compteurs de cabosses sondés mercredi par Reuters, ont révisé à la baisse leurs prévisions, à 1,32 Mt contre 1,5 Mt récoltées la campagne dernière qui avait été record, mais aussi loin derrière les prévisions initiales de 1,45 Mt en début de campagne. Au 18 février, les arrivages de cacao aux ports d'Abidjan et de San Pedro depuis le 1er octobre  totalisaient environ 1,245 Mt contre 1,259 Mt sur la même période la campagne dernière, selon les estimations des exportateurs.

Il faut dire que les planteurs ont subi tout d'abord, en octobre et novembre, des pluies qui auraient été particulièrement fortes, déclenchant une pourriture brune qui a endommagé une partie de la récolte, puis, depuis décembre, le temps a été très sec et chaud. Certes, cette période de novembre à mars est habituellement sèche, mais cette année les niveaux pluviométriques seraient particulièrement bas. Par exemple, selon des données collectées par Reuters la semaine dernière, il serait tombé 2,3 mm de pluies, soit 4,8 mm en dessous de la moyenne à pareille époque dans la région de Soubré ; 4,9 mm à Divo, soit 4,7 mm de moins que d'habitude ; dans le centre-ouest, à Daloa, il est tombé 1,2 mm, soit 7,9 mm de moins. En revanche, les régions du Sud, à Adzope, Agboville ou encore à Tiassalé ne connaitraient pas une telle situation.

Des conditions météorologiques qui, selon un compteur de cabosses, donneraient aux fleurs et petites cabosses 60% de chance de survie jusqu'à la récolte intermédiaire, contre 90% la campagne dernière mais qui, rappelons-le, avait été exceptionnelle. La campagne intermédiaire 2016/17 avait atteint 500 000 t de fèves contre 350 000 à 400 000 t habituellement. Les arbres doivent aussi se reposer, disent les spécialistes qui précisent qu'il est encore difficile de se prononcer avec précision sur les volumes à venir.

Côté entreprises, le Conseil du café-cacao (CCC) en Côte d'Ivoire a interdit au négociant belge Sopex de conclure des contrats avec des exportateurs et transformateurs locaux de cacao pendant dix ans pour avoir manqué à ses engagements commerciaux (lire nos informations).

La respectable entreprise japonaise vieille de 100 ans et connue pour ses "Pocky" - ces gâteaux à bâton trempés dans le chocolat- Ezaki Glico est en train d'acheter le chocolatier Tcho de Berkeley, en Californie. On ne connait pas encore les termes de l'accord, mais l'entreprise basée à Osaka voudrait développer les ventes de Tcho au Japon et dans le monde. Le siège de Tcho resterait à Berkeley.

CAFÉ

Le Robusta a gagné $ 5 sur la période sous revue, du 16 au 22 février, clôturant hier soir à Londres à $ 1 759 la tonne. Ceci dit, les fluctuations ont été fortes avec un plus bas depuis le 31 janvier touché mardi en cours de séance, à $ 1 733. Pour l'Arabica, la hausse a été très légère sur la semaine, terminant à $ 1,209, parti de $ 1,2045 la livre (lb) ; hier, jeudi,  il a enregistré sa première hausse en cinq séances après être tombé en cours de séance hier à $ 1,1855, son plus faible prix depuis le 12 décembre.

S'agissant des Robusta, les festivités du Nouvel an lunaire, le Tet, au Vietnam, du 14 au 20 février, ont ralenti les exportations de café. Cependant, "Il y a suffisamment de café disponible. La campagne 2017/18 en cours au Vietnam serait bien meilleure que la précédente et devrait être de l'ordre de 1,7 Mt (un bon 28 Ms)", souligne Commerzbank dans une note de conjoncture.

En Ouganda, leader africain du Robusta, les exportations en janvier ont été relativement stables par rapport à il y a un an, à 401 930 sacs de 60 kg contre 404 673 en janvier 2017, selon Uganda Coffee Development Authority (UCDA).

La bataille des prévisions sur la récolte brésilienne 2018/19 se poursuit. Rabobank, dans son dernier rapport, a légèrement révisé à la baisse ses estimations, à 57 Ms contre 59 Ms précédemment. D'autres la voient record, à 60 Ms. Quant à la Cooxupé, la plus grande coopérative de caféiculteurs au monde, elle devrait exporter 4,4 Ms de 60 kg cette année, soit 8% de plus qu'en 2017, car la production serait en hausse dans son Etat d'implantation, le Minas Gerais. Selon son directeur général, Carlos Paulino da Costa, les producteurs devraient livrer 6 Ms à la coopérative cette année contre 4,7 Ms l'année dernière.

Au Kenya, le prix le plus élevé atteint lors des ventes aux enchères hebdomadaires a été en retrait par rapport à la semaine précédente, s'inscrivant dans une  fourchette allant de $ 80 à $ 500 le sac de 50 kg contre $ 50 à $ 679 aux précédentes ventes. Pour la qualité AB, l'écart était moindre, entre $ 60 et $ 441 contre $ 57 à $ 485 la semaine dernière.

Au Pérou, le ministre de l'Agriculture a annoncé avoir formé plus de 40 000 producteurs de café et de cacao à la lutte contre les ravageurs dans les 12 régions du pays. Ceci aurait permis de sauvegarder 16 574 ha de café et 569 ha de cacao.

CAOUTCHOUC

Les cours du caoutchouc à Tokyo, le marché de Shanghai étant fermé pour le Nouvel An lunaire,  ont repris un peu de couleur dans la période sous revue. Les facteurs extérieurs, évolution des changes et cours du pétrole, ont dirigé le marché. La semaine dernière,  le caoutchouc a enregistré  une cinquième perte hebdomadaire en perdant  4,1% avec une clôture vendredi à  181,5 yens, un plus bas de huit mois, en baisse de 4,5 yens suite à l’appréciation du yen face au dollar dans un contexte de faibles fondamentaux.

Après un rallye de trois séances, les cours ont toutefois clôturé en baisse jeudi à 185,1 yens ($1,72) le kilo sous la pression d’un  yen plus fort, de la baisse du baril de pétrole et du marché boursier de Tokyo. Pour son premier jour de cotation après une semaine de fermeture, le marché de Shanghai progressait de 40 yuans pour clôturer à 12 500 yuans ($ 1 965) la tonne.

Depuis le début de l’année, le caoutchouc a perdu 10%.

En Côte d’Ivoire, le singapourien Halcyon Agri a augmenté de 18,8% sa part dans le capital social de Tropical Rubber Côte d'Ivoire (TRCI), portant ainsi sa participation de 51,2% à 70% (cf. nos informations).

Au Liberia, le nouveau président George Weahordonne  a ordonné le réexamen des contrats de concession des précédentes administrations (cf. nos informations).

La Malaisie a mis au point une peinture à base de caoutchouc naturel. Nommé « Getah Colour », le brevet, en cours d’enregistrement, a été développé par le Malaysian Rubber Board. Contenant 30% de latex naturel, la peinture à base de caoutchouc naturel est plus respectueuse de l'environnement que la peinture acrylique, à base de pétrole. La peinture à l'huile, quant à elle, pourrait être un danger potentiel pour la santé, a déclaré Dr Zairossani Mohd Nor, directeur général de la Malaysian Rubber Board Datuk.

Côté entreprise, le premier fabricant de pneumatique au Japon, Bridgestone, a vu ses ventes progresser de 9,2% à 3 643, 4 milliards de yens et son bénéfice net de 8,6% à 288,3 milliards de yens (€2,17 milliards) en 2017. Pour 2018, le japonais s'attend encore à « un environnement opérationnel qui va continuer de nécessiter une grande vigilance du fait des fluctuations des taux de change et des prix des matières premières ».

COTON

Alors que les cours du coton avaient enregistré la semaine dernière leur quatrième baisse hebdomadaire consécutive, perdant 1,1%, ils ont fortement grimpé franchissant mercredi la barre psychologique des 80 cents la livre. Ce qui ne c’était pas produit depuis 3 semaines. Toutefois, ils ont reculé jeudi, premier jour de préavis pour le contrat de mars,  en clôturant à 79,47 cents la livre contre 77,16 cents la livre vendredi dernier. L’offre pourrait être plus serrée qu’envisagé précédemment tandis que la demande est forte. En outre, les spéculateurs ont réduit leurs positions longues sur le coton.

Au Burkina Faso, la première pierre d’une usine d’égrenage de coton bio, fruit d’un partenariat entre la Société burkinabè des fibres textiles et l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina a été posée à l’occasion de la cérémonie de lancement de la promotion du 1er Salon international du coton et du textile (cf. nos informations).

En Egypte, les exportations de coton sur le 1er trimestre de 2017/18 ont chuté de 36,7% à 128 300 quintaux, selon la Central Agency for Public Mobilization and Statistics (CAPMAS).

HUILE DE PALME

Le marché de l’huile de palme n’avait pas une direction claire cette semaine, après la fermeture de jeudi et vendredi dernier. Jeudi, les prix de l’huile de palme sur la Bursa Malaysia Derivative Exchange ont clôturé en légère baisse à 2 488 ringgits ($635) la tonne. La baisse de la production en Malaisie, habituelle à cette période de l’année, est moins importante que prévue. Du 1er au 20 février, elle s’est réduite de 6,4%, par rapport à la même période en janvier, alors que le marché attendait une chute à deux chiffres ou à un seul chiffre mais élevé, souligne un négociant basé à Kula Lumpur. Du côté des exportations, toujours du 1er au 20 février, elles ont progressé de 8,8% à 791 992 tonnes par rapport il y a un mois, selon  ITS et de 9,5% à 815 183 tonnes, selon SGS.

Côté entreprise, le géant malaisien Sime Darby Plantation a vu son bénéfice net croître de 34% au second trimestre se terminant en décembre, par rapport à l’année dernière, à 429 millions de ringgit ($109,52 millions). Un résultat qui s’explique par l’amélioration de la production de grappes de fruits frais (FFB). Rappelons que le Conglomérat Sime Darby Berhad a séparé sa division de plantation en une liste séparée en novembre.

« La production de FFB du groupe s'est améliorée de 2%, passant de 2,72 millions de tonnes au 2T 2017 à 2,76 Mt  au 2T 2018 en raison de l'impact d'El Nino », a indiqué la compagnie dans une déclaration à la Bursa Malaysia.  Sauf événement  climatique, la production de FFB devrait  s’améliorer durant toute l’année. La société a ajouté que la décision du gouvernement de suspendre pour trois mois la taxe à l'exportation sur l'huile de palme brute ainsi que la demande pendant les périodes de vacances à venir, soutiendraient la demande en huile tropicale.

Quant au géant singapourien Wilmar, le chiffre d’affaires progresse de 5,9% à $43 846 millions et le bénéfice net de 25% à$1 219,3 millions en 2017. Les huiles tropicales et le sucre ont affecté le résultat de Wilmar (cf. nos informations).

RIZ

Nouvelle semaine morose sur les marchés du riz en Asie avec une demande faible et des transactions timides.

En Inde,  le prix étuvé 5% a chuté de $6  à $414 - $418 la tonne en raison de la faiblesse de la demande et de la dépréciation de la monnaie locale. « Les prix chutent en Asie, les acheteurs attendent de voir où ils se stabilisent », a déclaré un exportateur basé à Kakinada dans l'Etat d'Andhra Pradesh.

En Thaïlande, le Thaï 5% se situait à $404- $410 la tonne contre $400-$419  la semaine dernière. « Après les livraisons pour  l'Indonésie (120 000 tonnes), les choses vont se calmer, les acheteurs n'auront pas besoin de plus d'approvisionnement pendant un moment », a déclaré un négociant à Bangkok. La nouvelle récolte de riz de la Thaïlande est attendue sur le marché en avril.

Au Vietnam,  le Viet 5% s’est établi à $415-$420  la tonne, contre  $420-$425  deux semaines plus tôt.  Le marché n’a rouvert que mardi dernier après les vacances du Nouvel An lunaire et reprend doucement avec des acheteurs peu  ou pas présents.

Le  Bangladesh a importé un record de plus de trois millions de tonnes (Mt) de riz entre juillet et février, selon  les données du ministère de l’Alimentation. Sur ce total, 2,25 Mt ont été importées par des commerçants privés, la plupart originaires d'Inde.

SUCRE

Le sucre roux a terminé la période sous revue en hausse, à 13,58 cents la livre (lb) contre 13,28 cents à la clôture vendredi dernier.  Le blanc a été en phase, terminant à Londres hier soir à $ 362,90 la tonne contre $ 356,80 le 16 février. Cette hausse a relevé la prime sur l'échéance mars par rapport à mai, certains analystes comme ING évoquant une étroitesse de l'offre à court terme.

Certes, le marché demeure plombé par les excédents importants de sucre au niveau mondial, mais il semblerait que cela ne devrait plus peser autant en 2018. En effet, "Etant donné la force du prix de l'éthanol sur le marché national brésilien, les broyages en début de campagne 2018/19 vont sans doute être fortement destinés à l'éthanol, ce qui limitera la disponibilité en sucre au démarrage de la campagne", soulignent les analystes de la banque ING.

Le marché a également les yeux sur la météo en Europe où la vague de froid pourrait impacter le développement des cultures  de betteraves.

En janvier, la Chine a importé 30 000 t de sucre, son plus faible volume acheté sur les marchés internationaux depuis août 2014 et en chute libre de 92,5% par rapport à janvier 2017, selon les statistiques douanières. Les importants droits de douane à l'importation en seraient la raison.

Côté entreprises, Coca-Cola India est en train de travailler à réduire la teneur en sucre sur une vaste gamme de ses produits, conformément aux engagements pris l'année dernière  par l'antenne Asie de la multinationale américaine : la baisse du taux de sucre porterait sur quelque 500 articles.

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