23 décembre 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

La trêve des confiseurs au rendez-vous

(23/12/2011)

La trêve des confiseurs est au rendez-vous avec un marché très calme dès aujourd’hui, la plupart des traders ayant déjà bouclé leurs comptes pour l’année et sont partis en vacances. 2012 s’annonce rude avec de très nombreuses interrogations sur l’évolution de la crise européenne et de sa conjoncture et sur les suites de la faillite de MF Global, l’un des premiers courtiers en matières premières et produits dérivés dans le monde. Rappelons que le groupe a déposé son bilan fin octobre après avoir révélé une exposition de plus de $ 6,3 milliards à la dette publique de la zone euro, dont plus de la moitié à l’Italie et plus d’un milliard à l’Espagne, deux pays dans la ligne de mire des investisseurs. Il s’agit de la huitième plus grosse faillite outre-Atlantique depuis 1980. Les volumes de transactions sur les marchés américains de matières premières ont chuté de 9% depuis l’effondrement du géant, ébranlant la confiance des fermiers, investisseurs et traders.

Cacao. Le cacao a continué de baisser face à des disponibilités très abondantes en Afrique de l’Ouest. A noter que le chargement de fèves devrait reprendre demain, vendredi, au Ghana après un mouvement de grève. En Côte d’Ivoire, un mouvement de panique s’est emparé des planteurs qui vendent à tour de bras face à un prix bord champ en baisse pour la quatrième semaine consécutive. Entre le 12 et le 18 décembre, les exportateurs estiment que 65 000 t de fèves ont été livrées aux deux ports ivoiriens contre 36 727 t sur la même semaine l’année dernière.
On croule sous le cacao ! Les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro sont en hausse de 13% depuis le début de la campagne début octobre et par rapport à la même période l’année dernière ; ils s’élèvent à 574 000 t au 18 décembre contre 506 970 t en décembre 2010. Du début de la campagne au 18 décembre, les arrivages au seul port de San Pedro ont atteint 292 078 tonnes contre 259 724 t sur la même période l’année dernière.
Ce mouvement de vente actuel risque de conforter la tendance baissière des cours. Notons que les prix de la fève ont chuté de 60% depuis le début de la campagne, ce qui aurait amplifié la fraude vers le Ghana où le prix est garanti : 40 000 t auraient ainsi traversé la frontière. De nombreux planteurs ivoiriens avaient stocké des fèves en espérant que les prix se redressent mais doivent maintenant vendre par manque de cash.
En réalité”, explique un exportateur, ”la production cette année est plus faible. Mais les stocks datant de la campagne dernière maintiennent à des niveaux élevés les chiffres d’arrivage aux ports.” Et de conclure que ces arrivages massifs ne devraient guère perdurer au-delà de la mi-janvier.

Café. Les Robusta sont très fermes en cette fin d’année avec un différentiel soutenu par rapport aux Arabica. En effet, la situation demeure très complexe au Vietnam, premier producteur mondial de Robusta, avec une forte rétention des producteurs alors qu’on est en pleine période d’exportation et que les entrepôts à Ho Chi Minh sont vides, souligne un trader. Le pays aurait vendu 100 000 à 200 000 t de café seulement depuis le début de la campagne 2011/12 début octobre, soit moitié moins que l’année dernière. Le nouvel an chinois commence le 15 janvier et la situation ne devrait guère se débloquer d’ici là.
Sur l’Arabica, les perspectives de prix s’annoncent bonnes avec le Brésil qui devrait, en 2012, supplanter les Etats-Unis comme premier consommateur de café au monde, ce qui va réduire les disponibilités qu’il mettra sur le marché mondial. En outre, d’importants producteurs comme la Colombie connaissent une météorologie défavorable : sa récolte est prévue à 8,5 millions de sacs. Globalement, les disponibilités risquent d’être étroites au cours du premier semestre prochain.

Il est difficile d’anticiper si le marché sera haussier ou baissier”, souligne encore le trader. ”Une chose reste certaine : ces deux marchés ont déjà beaucoup baissé et les différentiels sont très élevés.

Caoutchouc. A l’instar d’autres matières premières, le caoutchouc a terminé en légère basse aujourd’hui, la situation économique européenne demeurant très incertaine. Mais la fermeté des prix du pétrole et une offre limitée de caoutchouc soutiennent les cours.
Cette semaine la Chine a été à la chasse aux frets maritimes bon marché et s’est dont tournée vers le caoutchouc de Thaïlande et de Malaisie. En revanche, les pneumatiquiers ont cherché de l’Indonésie pour renflouer leurs stocks.
La demande en cette fin d’année est quasiment au même niveau que l’année dernière et ce malgré des prix du physique en hausse sur le Tokyo Commodity Exchange où les contrats sont les plus actifs. Rappelons que la Chine a importé 1,66 million de tonnes de caoutchouc naturel entre les mois de janvier et d’octobre, en hausse de 10,8% sur la même période l’année dernière. Pékin achète surtout de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie et du Vietnam.
Au niveau mondial, la demande de caoutchouc, naturel et synthétique, atteindrait 27,2 Mt contre 25,7 Mt, selon l’International Rubber Study Group.

Céréales. A Chicago, les céréales se sont inscrites à la hausse, les investisseurs couvant leurs positions courtes et anticipant le retour à une météo capricieuse en Amérique latine la semaine prochaine. Pour la première fois en cinq mois, les graines de soja ont enregistré leur sixième jour consécutif de hausse, le maïs et le blé inscrivant une performance de cinq jours sans discontinuer. Ceci permet de rectifier un peu le tir en cette fin d’année où les graines de soja ont perdu 17% de leur valeur, le blé 22% et le maïs 2%.

Coton. Dans un marché particulièrement clame, le coton a terminé jeudi en légère hausse, à 87,24 cents la livre, confirmant bien la fourchette de 85-88 cents à l’intérieur de laquelle évoluent les prix ces dernières semaines. Un marché qui craint l’impact de la crise économique européenne sur la consommation en 2012.

Riz. La chute des prix du riz sur le marché mondial ces derniers mois a conduit le Vietnam à réimposer aujourd’hui un prix plancher, ce qu’il n’avait pas fait depuis le mois de mars dernier. Les brisures 5% seront à $ 500 FOB minimum, le 10% à $ 495, le 15% à $ 485 et le 25% à $ 475. Ces prix plancher tendent à protéger les producteurs vietnamiens à un moment où l’Inde continue à casser les prix sur le marché mondial. Hier, l’île Maurice a acheté 6 000 t de riz blanc indien auprès d’Amira Fods pour $ 448 la tonne CAF. Maurice avait déjà acheté 6 000 t à l’Inde lors de sa précédente adjudication en octobre.
Malgré tout, le Vietnam s’apprête à enregistrer une année record avec des exportations qui atteindraient 7 Mt contre 6,83 Mt l’année dernière, ce qui était déjà un record.

Sucre. Fêtes de fin d’année obligent, le volume de transactions sur le sucre roux a été aujourd’hui un des plus faibles de ces trois dernières années. En outre, le marché américain digère la fin, au 31 décembre, de l’avantage fiscal de $ 6 milliards sur l’éthanol ; mais la filière s’est déclarée prête à se subvenir à elle même. Quant au Brésil, il attend avec impatience un véritable essor des biocarburants ces prochaines années.

Thé. Lors des ventes aux enchères de thé à Mombassa mardi dernier, les prix sont demeurés stables, à $ 2,88 le kilo en moyenne, les meilleurs BP1 atteignant $ 3,46-2,30 contre $ 3,40-2,35 les ventes précédentes, et les Best Pekoe Fannings Ones s’établissant à $ 3,54-3,14 contre $ 3,56-3,10. Les principaux acheteurs ont été les Egyptiens et les Soudanais, les Pakistanais et Anglais demeurant en retrait. Sur les 143 332 paquets offerts, 12,1% sont demeurés invendus.

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