24 février 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Des marchés mitigés

(24/02/2012)

Cacao. Après avoir dépassé la moyenne mobile sur 100 jours des £ 2 407 la tonne sur la position mai, attirant ainsi les investisseurs et spéculateurs, le cacao a grimpé mercredi au plus haut en quatre semaines, atteignant $ 2 438 la tonne, son plus haut depuis le 26 janvier. Les opérateurs s’inquiètent pour la campagne intermédiaire ivoirienne, ce qui a soutenu les cours malgré la baisse de la livre sterling face au dollar, ce qui habituellement pèse sur les prix à Londres. Toutefois, un certain optimisme renait car le comptage de cabosses serait, en définitive, relativement bon et les conditions météorologiques s’améliorent.
En Côte d’Ivoire, les exportations de fèves et de produits du cacao ont atteint 640 492 t au 5 février et ce depuis le début de la campagne en octobre, en baisse de 1% par rapport à la même période en 2010/11. Les arrivages aux ports, sur la même période, ont atteint 902 650 t, en baisse par rapport aux 957 061 t d’octobre 2011 au 5 février 2012.
Au Cameroun, le seul broyeur local, Sic-Cacaos, filiale de Barry Callebaut, a acheté un total de 26 998 t de fèves entre le début de la campagne en août dernier et fin janvier, selon la Caisse nationale café cacao (NCCB), soit une hausse de 5,75% par rapport à la même période la campagne précédente. Toutefois, les achats en janvier, de l’ordre de 1 884 t, sont en chute libre, de 73,2%, par rapport à décembre 2011.

Café. Un mois de février très calme s’achève sur le marché physique du café, souligne un trader sur la place parisienne. Mais le terme de Londres part un peu dans tous les sens : la semaine dernière l’expiration des options sur mars avait entrainé une forte hausse, la prime atteignant jusqu’à $ 200 sur l’échéance mai, avec des niveaux touchant $ 2200. Depuis, l’écart s’est réduit à zéro et le marché a baissé pour atteindre $1950. « Mercredi, branle bas de combat de nouveau », souligne le trader. «Cette fois ci c’est le mai qui est joué. Mercredi matin, on est passé d’un écart mai/juillet a -20 pour atteindre rapidement +$15 de prime, suite à l’annonce d’une baisse sensible des stocks de certifié à Londres. »
Les Robusta sont pratiquement tous offerts à prime, « ce qui ne va pas arranger l’activité qui restera concentrée sur le strict nécessaire », ajoute-t-il. Quant aux Arabica, il n’y aurait « pas grand chose à signaler » : après être descendu sous les 200 cents la livre, à 198 c, New York remonte à 204 c. L’activité reste faible également avec des stocks de café invendus.

Caoutchouc. Le marché du caoutchouc naturel a ouvert ce matin sur les marchés asiatiques en baisse, les opérateurs prenant leurs bénéfices après les hausses de ces derniers jours. Toutefois, la baisse a été limitée par les prix fermes du pétrole, dopés par la crise iranienne, le brut étant un composant du caoutchouc synthétique, grand concurrent du naturel.

Coton. Dans un mois, fin mars, le gouvernement chinois achèvera sa politique d’achats de coton qui a démarré en septembre, ce qui risque de peser lourdement sur les prix locaux car la disponibilité en fibre est abondante et la demande s’affaiblit, a estimé en début de semaine la China National Cotton Reserves Corp (CNCRC). Car si les exportations de produits textiles et de vêtements en Chine ont augmenté de 20% en valeur en 2011, c’est 4,5% de moins qu’en 2010. Selon l’étude du CNCRC, 52% des entreprises textiles chinoises interrogées se disent pessimistes quant aux commandes sur le premier trimestre 2012.
Les industriels chinois du textile pourraient se tourner vers des importations de coton plus compétitives que la fibre locale, voire vers l’utilisation accrue de polyester. Ces importations de coton seraient, évidemment, une bonne nouvelle pour le marché mondial. D’ailleurs, selon le rapport, ces importations devraient atteindre 4,22 Mt pour la campagne 2011/12 qui a démarré en septembre, en hausse de 64% par rapport à la même période en 2010/11. La récolte chinoise est estimée à 7,55 Mt cette campagne, en progression de 21%, alors que la consommation est en baisse de 6%, à 8,7 Mt. Aussi les stocks s’élèveront-ils à 5,28 Mt, plus du double qu’en 2010/11 lorsqu’ils étaient à 2,13 Mt.

Huile de palme. L’enthousiasme qui a suivi le deuxième accord financier sur la Grèce s’est estompé au fil des jours et le marché des oléagineux a retrouvé sa morosité face à une croissance mondiale en perte de vitesse. Toutefois, ce climat lourd n’a pas trop impacté le marché de l’huile de palme dopé par de bonnes perspectives d’exportations alors que celles-ci avaient chuté de 14% sur les quinze premiers jours de février. Hier, jeudi, le marché a pris ses bénéfices après le sursaut mercredi, les prix ayant atteint 3 294 ringgits la tonne, au plus haut depuis le 9 juin dernier.

Sucre. Le sucre roux s’est envolé cette semaine sur fond de rumeurs de squeeze, atteignant mercredi sur la place de New York son plus haut en trois mois et demi, l’étroitesse de l’offre à court terme inquiétant les opérateurs. Il serait question qu’une maison de négoce prenne livraison de la plupart, sinon la totalité du sucre roux sur l’échéance mars qui expire la semaine prochaine, le 29 mars. La prime sur le rapproché a donc grimpé.
Le contexte est haussier avec un ralentissement des exportations du Brésil en janvier et des révisions à la baisse des perspectives de récolte au Mexique étant donné la sécheresse qui sévit actuellement. Ceci a quelque peu occulté la nouvelle d’exportations du Pakistan et le feu vert à l’export pour le million de tonnes additionnel donné par les autorités indiennes.
L’Organisation internationale du sucre (OIS) a révisé à la hausse ses prévisions d’excédent sucrier, à 5,17 Mt sur 2011/12, contre 4,46 Mt estimées précédemment. Pour 2012/13, Rabobank estime que l’excédent atteindra 6 à 8 Mt, Barclays Bank avançant plutôt le chiffre de 5,4 Mt.

Thé. Le prix moyen sur les ventes aux enchères de thé de Mombassa cette semaine, s’est inscrit en baisse, à $ 3,38 le kilo contre $ 3,41 la semaine dernière. Sur les 124 475 paquets offerts à la vente (150 098 la vente précédente), 21,3% sont demeurés invendus (18,6%). La plus forte demande a émané du Pakistan et de United Kingdom Packers.

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