24 avril 2015 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi (23 avril 2015)

Depuis jeudi le billet vert s’est de nouveau affaibli dans  le prolongement de la publication d’indicateurs américains décevants tandis que l’euro était plutôt soutenu par un possible accord des ministres des Finances de la zone euro sur la Grève ainsi que par un moral au beau fixe des entrepreneurs allemands.

 

CACAO

Le prix du cacao continue  d’être ferme sur les marchés à terme, terminant la semaine en hausse, à $ 2846 la tonne à New York et £ 1959 à Londres. A la clé, le dollar qui est tombé à son plus bas en 5 semaines face à la livre sterling, monnaie principale de cotation sur le marché à terme du cacao à Londres.

Autre facteur, mais à double tranchant, la publication des chiffres de broyages en Asie sur le premier trimestre 2015. Ils sont en forte baisse, -9,3% par rapport au début de 2014, à 144 738 tonnes (t) mais le marché s'attendait à pire (-10 à 11%). Ceci dit, ce résultat du début d'année est en hausse de 2,4% par rapport aux broyages du dernier trimestre 2014, selon la Cocoa Association of Asia (CAA).

Rappelons que les broyages en Europe sont en baisse de 1,6% à 331 706 t, ceux en Amérique du Nord sont également en berne, tandis que la transformation en Malaisie s'est écroulée de 27,5%, à 45 208 t.

Chez le 1er producteur mondial, les conditions météorologique sont plutôt bonnes et augurent d'une bonne et longue campagne intermédiaire, à une exception près, la région majeure de Daloa à l'Est du pays qui manque de pluie. Au 19 avril, les arrivages aux deux ports ivoiriens ont atteint 1 311 000 t depuis le 1er octobre, démarrage de la campagne 2014/15, contre 1 287 000 t sur la même période l'année dernière.

Le Nigeria demeure confiant dans son avenir cacaoyer : le million de tonnes devrait être atteint d'ici 2020, a encore confirmé son ministre de l'Agriculture, Akinwumi Adesina, qui en a appelé à l'aide la Banque africaine de développement (dont il postule la présidence) pour l'y aider. Initialement, l'objectif du million de tonnes avait été fixé pour 2018. Mais sa production ayant baissé pour atteindre "au mieux" 300 000 t cette année, les objectifs de calendrier ont été révisés.

Au Cameroun, 4ème producteur africain, les exportations ont grimpé à 177 509 t sur les 9 premiers mois de la campagne 2014/15, à fin mars, contre 143 374 t sur la même période la campagne dernière. Sur ce même mois de mars, les exportations n'ont été que de 10 810 t contre 19 806 t en février, mais en très forte hausse par rapport aux 3 207 t en 2014. Cameroon Marketing Commodities (Camaco) a été au 1er rang avec 2 558 t suivi d'Olam Cam avec 1 713 t et les Est Ndongo Essomba avec 1 621 t.

Côté agro-industriel du chocolat, Hershey  a annoncé hier des revenus trimestriels et des bénéfices en baisse, conséquences de ventes plus faibles en Chine et de dépenses plus importantes en publicité et marketing. Rappelons qu'en décembre 2013, Hershey a racheté la majorité du capital du confiseur Shanghai Golden Monkey Food afin de se diversifier de son marché nord-américain où les consommateurs se détournent des confiseries pour veiller sur leur santé. Pour la deuxième fois, il réduit à la baisse ses prévisions de croissance de ses ventes sur 2015, de 5-5,75% à 4,5-5,5%, attribuant ceci au raffermissement du dollar. Ses revenus nets ont baissé à $ 244,7 millions contre $ 252,5 millions, ses coûts ont augment de 5% à $ 1,54 milliard, ses coûts de publicité grimpant de 8%.

 

CAFÉ

L'Arabica a continué à glisser sur des ventes techniques, terminant jeudi à $ 1,4150 la livre après être repassé brièvement, en cours de séance, au-dessus de la moyenne de prix de ces 40 derniers jours.  Le Robusta a également terminé en baisse, à $ 1 830 la tonne.

Le Vietnam, n°1 mondial du Robusta, ne devrait exporter que 2 millions de sacs de 60 kg (Ms) ce mois d'avril, ou encore 120 000 t, soit une chute de 40,4% par rapport à il y a un an, a annoncé le gouvernement aujourd'hui. Ce qui, visiblement, n'a pas étonné le marché. Ainsi, depuis le début de la campagne début octobre, les exportations ont totalisé 769 000  t ou encore 12,8 Ms, soit une chute de 28,3% par rapport à la même période la campagne dernière.

En Indonésie, la campagne 2015/16 pourrait démarrer un mois en avance, en juin, dans sa principale région de production qu'est Lampung. Elle pourrait même démarrer dès fin mai dans certaines zones car la météo a été très favorable. Du café a déjà commencé à arriver et le Robusta Sumatra Grade 4 80 défaut se vend avec une prime de $ 70 la tonne sur le contrat de juillet sur le marché à terme de Londres, ce qui met sous pression le Vietnam dont le café est vendu à prime de $ 100-110 sur Londres.

En Ouganda, les exportations ont baissé de 10,5% en mars par rapport à mars 2014, à 311 747 sacs de 60 kg,  la sécheresse ayant impacté la production. Selon l'Uganda Coffee Development Authority (UCDA), les exportations ne seraient que de 290 000 sacs en avril contre 336 676 sacs en avril 2014.

Aux ventes aux enchères hebdomadaires au Kenya, mardi, le prix le plus élevé pour un sac de 50 kg de Grade AA a baissé à $ 143-283 contre $ 93-321 aux ventes précédentes. Le prix moyen a été de $ 232.75.  Mais sur l'ensemble du premier semestre de la campagne, à fin mars, la valeur des cafés vendus a atteint $ 93,2 millions, en hausse de 12% par rapport à la même période la campagne dernière.

Côté entreprises, Starbucks aurait déjà acheté et donc couvert 70% de ses besoins en café pour 2016, à des niveaux de prix que l'entreprise qualifie de "favorable" par rapport au coût du café sur 2015. Rappelons que la récente chute des cours du café à un plus bas en 13 mois a incité la multinationale des coffee shop a couvrir de suite largement ses besoins sur 2016, a souligné hier le directeur financier de la société, Scott Maw. Le groupe n'entend pas prendre trop de risque étant donné que la récolte brésilienne pourrait être en baisse.

De façon générale, les torréfacteurs se couvrent beaucoup plus loin dans le temps qu'avant. D'ailleurs, les positions longues sur le marché à terme de l'Arabica à New York ont atteint un niveau record le mois dernier.

Starbucks, dont le revenu net a augmenté de 16% au second trimestre de son exercice fiscal 2015, à $ 494 millions. Ses ventes dans ses coffee shops dans les Amérique progressent plus fortement qu'anticipé.

D'autre part, la maison de négoce néerlandaise Amtrada a annoncé mercredi vendre ses activités café, Nedcoffee, à Sucres & Denrées. De son côté, la maison de négoce ED & F Man a nommé Trishul Mandana directeur général de sa division café Volcafé. Il dirigeait auparavant les activités café chez Louis Dreyfus. Il succède à Jan Kees van der Wild qui dirigera l'ensemble du département commodities chez ED & F Man.

 

CAOUTCHOUC

Rebond des cours du caoutchouc cette semaine sur le Tokyo Commodity Exchange, gagnant 5% depuis lundi, mais les gains ont toutefois été plafonnés avec la crainte que les importations chinoises continuent à baisser dans les prochains mois.

La faiblesse du yen a aidé à la reprise mais surtout ils ont grimpé après que les principaux producteurs asiatiques de caoutchouc, la Thaïlande et l’Indonésie, aient déclaré  qu’ils envisageaient un plan pour  stopper les livraisons au  Singapore Commodity Exchange (Sicom) afin de soutenir les prix. Le plan devrait démarrer le mois prochain.

Selon le président honoraire de la  Thai Rubber Association, Luckchai Kittipol,  a précisé que ses membres  allaient rentrer conclure avec le secteur privé et les associations de caoutchouc un « gentleman’s agreement » pour éviter la vente de leur caoutchouc via le Sicom. « Les prix sur le Sicom ne reflètent plus le coût réel de la production de caoutchouc. Et nous espérons que cette approche permettra de relancer les prix et les revenus des paysans», a indiqué Luckchai Kittipol. Il a précisé que les prix ont plongé la semaine dernière à seulement 42 baths le kilo, contre 63 baths l’année dernière et sont donc en dessous du coût de production qui se situe entre 55 et 60 baths le kilo. Dans le cadre du plan, les producteurs thaïlandais négocieraient directement avec les acheteurs, comme la Chine et l’Inde, ainsi qu’avec les fabricants automobiles. La demande de la chine est d’environ 3,5 millions de tonnes (Mt) par an , soit 35% de la demande mondiale, tandis que celle de l’Inde est attendues à 1,2 Mt cette année.

Cette décision pourrait soutenir les cours du caoutchouc, qui demeurent à leur niveau le plus bas depuis 2009 en raison d’une offre excédentaire et  de la faiblesse de la demande du premier consommateur mondial, la Chine. La Chine a en effet réduit de près de 18% ses importations de caoutchouc naturel sur le 1er trimestre 2015.

 

COTON

Les cour à terme du coton ont chuté mercredi  à leur plus bas depuis plus d'un mois avec une demande modérée en dépit des pertes importantes enregistrées  ces deux dernières semaines et qui auraient pu stimuler la demande.  Le contrat de juillet ca clôturé à  62,92 cents la livre. Toutefois, jeudi, les cours se sont redressés, gagnant 2,53 cents pour le contrat de juillet (65,45 cents la livre) après que le rapport du gouvernement américain est montré que les ventes hebdomadaires de coton ont atteint 144 900 balles.

Les importations de coton en Chine ont chuté de 42,14% en mars à 127 919 tonnes. Sur le premier trimestre à 448 244 tonnes, elles sont en recul de 40,98%.

 

Touchés par la baisse de la demande chinoise atone, l’Inde n’a exporté que 4,5 millions de balles de coton à ce jour et les livraisons globales devraient diminuer de 29% à 7 millions de balles pour  la campagne en cours se terminant en septembre, selon la Cotton Corporation of India (CCI ). Lors de la précédente campagne, les exportations ont atteint 9,9 millions de balles.

 

RIZ

Le prix du riz en Thaïlande, le deuxième exportateur mondial, est tombé à un plus bas de 10 mois à $ 390 la tonne mercredi tandis que celui du Vietnam a atteint son plus bas niveau en 10 semaines.

Le gouvernement militaire thaïlandais a jusqu'ici vendu environ 3 millions de tonnes  (Mt) de riz en provenance de ses énormes stocks, et 10 Mt supplémentaires pourraient être vendues plus tard cette année a déclaré lundi dans un communiqué le ministère thaïlandais du Commerce.

Depuis le 1er avril,  la Chine a cessé d'acheter du riz vietnamien via leur frontière terrestre commune provoquant une suroffre de près de 30 000 tonnes à  la Lao Cai, capitale de la Province de Lao Cai située dans le Nord du Vietnam, selon le journal Vietnam Agriculture, géré par le ministère de l'Agriculture. "Nous ne sommes pas exactement combien de temps durera la fermeture, tandis que la récolte d'hiver-printemps est terminé, donc les prix sont plus bas cette semaine," a déclaré une trader à Ho Chi Minh-Ville.

La Chine a importé 343 000 tonnes de riz vietnamien sur le 1er trimestre 2015, soit 40,3%  de moins qu’il y a un an selon  les données des douanes vietnamiennes.  Selon la FAO, les importations de riz par la Chine en 2015 devraient augmenter de 5,2 % par rapport aux  3,2 Mt réalisées l’année dernière.

Les exportations de riz du Myanmar se sont élevées à près de 2 Mt en  2014/15 (avril-mars), en hausse de 40 % selon une déclaration du  président du Myanmar Farmers Association,  Dr Soe Tun.

 

SUCRE

Jeudi, la situation sur le marché à terme du sucre roux à New York s'est retournée. Après plusieurs jours de baisse, il est reparti à la hausse, enregistrant sa plus forte hausse sur une seule journée de cotation en trois semaines. Des prises de bénéfice sont à la clé mais également, l'affaiblissement du dollar a eu son effet mécanique.

Selon Jean-Luc Bohbot, qui dirige le département sucre chez Wilmar, les prix devraient continuer à grimper face à la météo capricieuse au Brésil et aux défis financiers que doivent affronter les raffineries de sucre chez le leader mondial. Selon Nick Penney de Sucden, les prix oscilleraient entre 12,50 et 13,50 la livre.

La production dans l'UE des 28 devrait atteindre 16,75 millions de tonnes (Mt) de sucre roux en 2014/15 contre 16 Mt la campagne précédente, selon le Département américain de l'agriculture (USDA). La faiblesse des cours mondiaux devrait conduire les producteurs européens à réduire de 10% leurs superficies emblavées en 2015/16, ce qui devrait faire baisser à 15,5 Mt la production de sucre roux.

Malgré la hausse des achats auprès des pays d'Amérique centrale et du Sud, les importations européennes de sucre baisseraient à 3 Mt en 2014/15 contre 3,3 Mt la campagne précédente, les importateurs étant réticents à payer les droits de douane. En revanche, les volumes importés en 2015/16 repartiraient à la hausse car les stocks communautaires seraient bas.

La Chine a importé 491 000 t de sucre en mars, en hausse de 19,3% par rapport à mars 2014.

 

 

 

 

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