24 juin 2009 - 20:42 |

Les biopesticides contre les criquets en Afrique de l'Est

$ 3 millions consacrés à cette lutte

Une campagne internationale d’urgence face au criquet nomade menée en Afrique de l’Est et méridionale est parvenue à éviter un drame dû à une recrudescence massive de criquets en Tanzanie, annonce aujourd’hui la FAO. C’est la première fois que l’on a recours aux biopesticides contre les criquets sur une si vaste échelle en Afrique.
La FAO a organisé et coordonné la campagne avec l’Organisation internationale de l’Afrique centrale et méridionale contre le criquet nomade (acronyme anglais: IRLCO-CSA). Les moyens de lutte aérienne et terrestre vont se poursuivre au cours des prochaines semaines au Malawi, Mozambique, Tanzanie et Zambie, jusqu’à ce que la menace du criquet soit complètement écartée.
Les pays touchés ont lancé un appel d’urgence à la FAO pour leur prodiguer assistance étant donné qu’ils ne disposent ni des ressources suffisantes, ni d’équipements nécessaires pour faire face immédiatement aux infestations de grande échelle de criquets dans des régions qui sont difficiles d’accès. La Tanzanie est l’un des premiers pays en danger car sur les huit régions reconnues comme foyers de criquets nomades quatre se trouvent dans ce pays.
Le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies a contribué à hauteur de près de $ 2 millions dans le cadre de son premier projet régional qui a permis de lancer rapidement et efficacement les opérations de lutte aérienne et terrestre. La FAO a fourni environ $ 1 million sur ses propres fonds d’urgence.
Si des moyens de lutte adéquats ne sont pas entrepris à temps, les essaims de criquet nomade peuvent survoler de larges étendues de terres cultivables et parcourir 20 à 30 km par jour dévastant ainsi les champs de céréales, de cannes à sucre, de coton et de légumineuses ainsi que les vergers d’agrumes et de fruits plantés le plus souvent par des paysans pauvres. En 24 heures, un ailé consomme l’équivalent de son propre poids – environ 2 grammes – en nourriture fraîche. Une petite fraction d’un essaim moyen (soit environ une tonne de criquets) mange en un jour autant que 2 500 personnes environ.
Les opérations de lutte contre le criquet nomade en Tanzanie se sont concentrées principalement sur trois zones: le parc national Iku-Katavi, les plaines du lac Rukwa et le bassin de la rivière Malagarasi. Dans le souci de protéger la grande faune sauvage peuplant les terres humides du parc national Iku-Katavi, notamment les éléphants, les hippopotames et les girafes, la FAO a fait usage du biopesticide Green Muscle pour traiter quelque 10 000 hectares infestés par des ailés. Green Muscle est composé de spores du champignon Metarhizium anisopliae et d’un mélange d’huiles minérales. Ce biopesticide n’est pas toxique pour l’homme et tue uniquement les criquets et les sauterelles sans effets nocifs sur l’environnement.
D’autre part, le Programme alimentaire mondial (PAM) a organisé le transport par avion des pesticides conventionnels du Mali vers la Tanzanie, qui ont permis de traiter quelque 4 500 hectares dans la région de Rukwa et Malagrassi. Il s’agissait de pesticides en surplus qui n’avaient pas été utilisés lors de campagnes antiacridiennes précédentes.

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