24 juin 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

L’huile de palme sur un trend baissier

(24/06/2011) _L’annonce par les 28 pays membres de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) de puiser 60 millions de barils de pétrole dans leurs stocks a provoqué& une chute générale des marchés jeudi : du pétrole, au cuivre en passant par le blé et le maïs ou le coton. Même l’or était en retrait. L’appréciation du dollar a été aussi un facteur baissier.
Le G20, réuni à Paris le 22 et 23 juin, se sont mis d’accord sur un plan d’actions pour lutter contre la volatilité des cours des produits agricoles, en repoussant toutefois toute décision sur la régulation des marchés financiers où ils se négocient (cf:Commodafrica

CAFE Les cours du café tant à New York qu’à Londres ont lourdement chuté se situant respectivement autour de 242 cents et de $ 2 420. « La liquidation des fonds évidemment» souligne un courtier. Ajoutant : « La conséquence immédiate fut la hausse brutale des différentiels de certaines origines offrant de l’Arabica nature, Brésil et Ethiopie, tandis qu’il n’y a pas de changement notable sur les Arabicas lavés. Cette hausse a stoppé l’intérêt sur ces cafés en embarquement avec comme conséquence un spot plus attractif, sans entraîner pour l’instant une grosse activité ».
Sur le Robusta, la baisse n’est pas favorables pour les prix des cafés asiatiques. «  On constate des différentiels affolants en Vietnam et Indonésie, auxquels s”ajoutent une gué-guerre entre négociants, certains short devant passer sous les fourches caudines des longs » précise le courtier. Il constate cependant une importante activité en fob et spot en Europe.

CAOUTCHOUC Les cours du caoutchouc ont accusé six sessions de chute cette semaine, perdant 4,2%. Le 23 juin, le contrat novembre sur le Tokyo Commodity Exchange a clôturé à 360,4 yens le kilo. Des signes d’un accroissement de l’offre du premier producteur et exportateur mondial, la Thaïlande, pèsent sur les cours, ainsi que l’appréciation du dollar. En outre, les gains semblent limités car les investisseurs demeurent inquiets quant à la reprise de l’économie mondiale.
Les exportations de caoutchouc de Côte d’Ivoirese sont élevées à 63 257 tonnes entre janvier et avril 2011, en recule de 6% par rapport à la même période en 2010.

CEREALES Alors que les cours du blé et du maïs sont encore en recul cette semaine et très volatiles, la FAO a estimé le 21 juin que la production mondiale de céréales en 2011 serait plus faible qu’attendue à 2,302 milliards de tonnes contre 2,315 milliards estimé précédemment. Une révision motivée par une réduction de la prévision de récolte de maïs aux Etats-Unis et des récoltes moindres de blé et d’orge en Europe. ”Avec une production céréalière mondiale en 2011 inférieure à la consommation, les prix internationaux sont susceptibles de rester élevés, surtout pour les marchés du blé et de céréales secondaires”, a estimé la FAO dans son rapport Perspectives de récoltes et situation alimentaire. ”Avec des stocks de grain restant à des niveaux faibles, surtout pour le maïs, le prix internationaux des céréales devraient rester nonseulement élevés, mais aussi volatiles dans la campagne de commercialisation 2011/12”. Les stocks céréaliers mondiaux à la fin de la campagne 2011/12 devraient diminuer de 0,6 % en dessous de leur niveau d’ouverture à 486 millions de tonnes, selon la FAO.

COTON Cotlook a opéré des changements significatifs dans ces dernières prévisions de la production et de la consommation mondiale de coton, publiées le 23 juin. Du côté de la production, les estimations pour 2011/12 sont en retrait de plus de 751 000 tonnes à 26,733 millions de tonnes (Mt). Les récoltes ont été revues à la baisse aux Etats-Unis (-404 000 tonnes) en raison de la sécheresse qui sévit au Texas et en Géorgie, mais aussi en Chine (-344 000 tonnes) et dans une moindre mesure en Ouzbékistan (-80 000 tonnes). La consommation mondiale 2011/12 a été imputée de 890 000 tonnes à 24,456 Mt (-4000 000 tonnes en Chine et -325 000 tonnes en Inde) suite notamment à des perspectives de reprise économique moins favorables mais aussi à une diminution de l’utilisation des fibres de coton au profit des fibres synthétiques. Néanmoins, souligne Cotlook, que la consommation enregistre une croissance de 5% par rapport à 2010/11 (24,271 Mt).
Au Togo la production de coton devrait connaître un rebond en 2011/12 avec 80 000 tonnes anticipées selon l’Association togolaise des producteurs de coton. En 2010/11, la production s’est élevée à 46 800 tonnes. Selon le directeur adjoint de la Société nouvelle de coton du Togo, Essowe Batana, les superficies plantées devraient passer de 61 000 hectares à 88 000 ha.
Les exportations de Côte d’Ivoire ont fortement reculé à 19 834 tonnes de janvier à avril 2011, soit 77% de mois que sur la même période en 2010. La crise post-électorale, qui ne s’est terminée qu’en avril, a pesée sur les exportations de coton avec notamment l’arrêt des réseaux de transport.
Le Pakistan table sur une production record de près de 15 millions de balles en 2011/12, selon Ibrahim Mughal, président d’Agri Forum Pakistan. La superficie plantée en coton serait de 8,5 millions d’hectares.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont touché un plus bas de sept mois le 23 juin, les perspectives de production plus élevées au second semestre en Asie du Sud pesant sur les prix. Le contrat de septembre à la Bursa Malaysia Derivatives Exchange s’échangeait à 3 172 ringgits ($1 048) la tonne. « Le redressement des rendements contribuera à la normalisation des prix après les quelques problèmes météorologiques constatés en dé but d’année » souligne un analyste basé à Singapour ajoutant « Nous nous attendons à une baisse des prix à un bas entre 2 600 et 2 700 au quatrième trimestre.”
Principale cause de ce retournement, une hausse attendue de la production d’huile de palme dans les pays d’Asie du Sud-Est, qui contribuent à plus de 90% de la production mondiale, au second semestre 2011. Les prix ont été aussi poussés vers le bas par l’annonce mardi faite par Indonésie qu’elle appliquerait au mois de juillet une taxe à l’exportation de 20% sur l’huile de palme, contre 17,5% en juin. Cette annonce devrait pousser les exportateurs indonésiens à intensifier leurs exportations avant le 1er juillet.
Les pertes ont tout de même été partiellement réduites par de bonnes anticipations sur la demande à court terme, en particulier par les achats anticipés pour la fête du Ramadan en août. Les exportations malaisiennes d’huile de palme du 1er au 20 juin ont d’ailleurs augmenté de 22% à 969 804 tonnes, contre 794 322 tonnes expédiées du 1er au 20 mai.
Selon l’analyste basé à Hambourg, OilWorld, les prix de l’huile de palme dans l’année en cours pourraient tomber à environ 9 de leur moyenne sur les 12 derniers mois. ”Les prix de l’huile de palme ont baissé dans la première moitié du mois de juin et les fondamentaux de l’offre pour Juillet / décembre 2011 sont baissiers suggérant un nouveau revers des prix” indique Oil World Oil, précisant que les stocks d’huile de palme en Malaisie devrait bientôt approcher voir dépasser les 2 millions de tonnes (Mt). Pour le mois de juin, à 1,92 Mt, ils sont à un plus haut de 16 mois. Ainsi, selon Oil World, les prix de l’huile de palme à Rotterdam devrait diminuer d’environ 9 sur la période juin 2011-juillet 2012 par rapport à l’année précédente pour se situer à une moyenne de 1 000 $ la tonne. “En octobre / décembre 2011 nous allons voir les prix d’huile de palme à Rotterdam en moyenne à 950 $. Pour avril / septembre 2011, nous estimons que la production mondiale d’huile de palme va nettement augmenter de 2,2 Mt , soit 9,4 de plus que l’an dernier». Sur les six derniers mois, la production avait chuté de 0,1 Mt. “Pour octobre 2011/Sept. 2012, nous prévoyons une autre forte augmentation de la production mondiale d’huile de palme de 2,8 Mt ou 5,7 ”. Ainsi, les prix de l’huile de palme devraient dans les mois à venir accroître leur différentiel avec l’huile de soja ou de colza.

RIZ La demande des pays africains ont soutenu les prix du riz vietnamien cette semaine, tandis que les prix thaïlandais ont été poussés par la demande locale pour les céréales liée aux prochaines élections générales qui se dérouleront le 3 juillet. Le Vietnam s’est engagé à vendre ce mois environ 100 000 tonnes de riz (25% de brisure) aux pays africains. L’Afrique achète environ 1,5 million de tonnes de riz par an en provenance du Vietnam, deuxième exportateur mondial après la Thaïlande. Ce volume n’est pas exceptionnel, mais a contribué à modifier les perceptions d’une baisse de prix. Le prix du Viet 25% se situait à $430 la tonne Fob contre $420-435 la semaine dernière et le le Viet 5% à $460-470 contre $460-465.
Les prix sont aussi fermes en Thaïlande, bien que la demande d’exportation soit faible. Le prix Fob du Thai 100% B a gagné mercredi 6% à $560 la tonne. La hausse est alimentée par la thésaurisation provoquant une offre tendue sur le marché intérieur, les commerçants et les meuniers achetant du riz pour le stocker avec la perspective de le revendre aux autorités à un prix supérieur si le Puea Thai Party remporte l’élection en Juillet et met en œuvre sa proposition de faire monter les prix d’intervention. Le prix d’intervention passerait alors à 15 000 baths ($490) contre 11 000 actuellement. ”La plupart des exportateurs thaïlandais vont rester maintenant en dehors du marché car ils ne veulent prendre aucun risque et je pense qu’ils ne feront rien avant de connaître l’issue de l’élection du 3 Juillet ”, estime un négociant.

SUCRE A court terme, les cours du sucre devraient demeurer relativement fermes, soutenus par les inquiétudes sur la production au Brésil et la congestion de ses ports. Néanmoins, la tension sur les prix devrait s’atténuer au quatrième trimestre avec l’arrivée des nouvelles récoltes. Les cours du sucre se sont propulsés lundi à un sommet de 2,5 mois avec en toile de fond les inquiétudes sur les goulots d’étranglement au Brésil, principalement centré sur le terminal de Santos en raison de grosses commandes en provenance de Chine, ainsi que des retards en Thaïlande, deuxième exportateur mondial.
Cependant, le marché est surtout attentif aux données de la production de sucre dans le centre-sud du Brésil, qui pourrait ne pas être aussi élevée que prévue initialement, en raison d’une combinaison de faibles rendements, d’un début lent de la récolte et des conditions météorologiques défavorables. Mais, le pic de la récolte au Brésil n’a pas encore été atteint, il reste encore les mois de juillet, août et septembre, estimait Sergy Gudoshnikov de l’Organisation internationale du sucre (ISO). F.O. LIcht estimait mercredi que la récolte au Brésil devrait atteindre 40 millions de tonnes en 2011/12.
Les cours du sucre à New York ont grimpé de 33 au cours des sept dernières semaines. Toutefois, les prix sont encore de 24 inférieur au pic de 30 ans touché en février quand un cyclone a frappé l’Australie. Stefan Uhlenbrock, analyste chez FO Licht, estime que “L’inquiétude sur la culture brésilienne a largement contribué à la reprise récente des prix. Les stocks mondiaux sont encore faibles. Couramment, nous nous attendons à une augmentation significative de la production mondiale de sucre en 2011/12. Elle devrait conduire à un assouplissement de l’étroitesse du marché et des prix inférieurs au quatrième trimestre de 2011 quand les cultures hémisphère nord arriveront sur le marché ». La décision de l’Inde le 23 juin d’allouer 500 000 tonnes supplémentaires sans restriction d’exportation de sucre, doublant ainsi ses ventes à l’étranger cette année, ont fait reculer de 5% les cours à New York. Ils ont finalement clôturé en légère hausse à 27,58 cents la livre, gagnant 0,35 cents.

THÉ Le prix moyen du thé de qualité supérieure a augmenté, comme prévu, à 3,21 $ le kg sur le marché aux enchères hebdomadaires du Kenya, contre $3,11 la semaine dernière. Une hausse anticipée en raison de la saison froide qui sévit et s’étendra à toutes les régions de production de thé et qui ralentit le développement des feuilles. Africa Tea Brockers (ATB) estime que la production devrait diminuer aussi au Malawi alors que les niveaux en Ouganda et au Mozambique serait maintenus. Le Tea Board of Kenya a déclaré que la production de thé pour les quatre premiers mois de l’année s’établissait à 116,6 millions de kg et était donc inférieure de 20,9% par rapport à la même période en 2010.

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