24 août 2007 - 16:32 |

Le rendez-vous Matières du jeudi

Les matières à la rescousse de la crise financière

(23 août 2007) La crise financière liée à celle du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis qui sévit depuis quelques semaines mais qui a particulièrement affecté les marchés boursiers depuis le 15 août a fortement touché les matières premières dans un premier temps. Bon nombre d’entre elles ont vu leur prix baisser ces derniers jours mais pour ensuite rapidement se ressaisir. Car les fondamentaux de ces matières n’ont pas changé : la demande mondiale, menée par la Chine et l’Inde notamment, demeure aussi forte. Ce ne sont que les fonds d’investissements, qui s’étaient fortement placées sur ces marchés de matières premières, qui ont dû vendre ces derniers jours afin de dégager des liquidités pour renflouer leurs positions sur les marchés financiers. Ce qui explique que l’inquiétude n’est pas vraiment de mise s’agissant de l’évolution des prix des matières.

L’or à la même enseigne que les autres matières
Tous les produits n’ont d’ailleurs pas été affectés et certains l’ont été contre toute attente. C’est le cas de l’or qui, habituellement, intervient comme valeur refuge lors de crise. Mais cette fois ci, les opérateurs sur les marchés ont vendu leurs positions aurifères au même titre que d’autres, pour dégager des liquidités. L’or qui valait $ 678 l’once le 8 août à New York a chuté au plus bas en sept semaines à $ 641 le 16 août pour regrimper et revenir à $ 663 à la clôture de mercredi 22 août.
La baisse des prix des matières premières a donc été contenue et dès cette semaine, les marchés repartaient à la hausse. D’ailleurs les marchés financiers aussi, suite à l’annonce de mesures par la Réserve Fédérale américaine mais surtout parce que la crise ne devrait guère impacter l’Asie. Son dynamisme économique la met quasiment hors portée. Hormis le Japon, la région connaît une croissance économique annuelle de 8% environ. Et l’Inde excepté, aucun pays n’a besoin de devises hors zone pour financer sa croissance. Ils ne sont donc pas impactés –du moins pour le moment- par la crise financière occidentale comme ils l’avaient été en 1997/98. Ils disposent de très importantes réserves en devises et n’ont quasiment pas de dette à court terme. Les banques asiatiques ne sont quasiment pas exposées aux risques immobiliers occidentaux. D’ailleurs, les banques centrales de la région n’ont pas dû intervenir sur les marchés. Difficile à dire quelle serait la conséquence sur l’Asie d’une crise financière américaine qui se poursuivrait, voire s’amplifierait. Selon une étude de la banque HSBC, un point de ralentissement de la croissance américaine réduit de 0,6% celle en Asie.

Caoutchouc, cacao, café, sucre, coton dans la tourmente
Pour revenir aux marchés des matières premières ces derniers jours, le caoutchouc a fait les frais de la crise en baissant mais de façon limitée car la Chine en a profité pour se porter à l’achat. En outre, la mousson en Thaïlande réduit l’offre de produit physique.
La baisse du prix du cacao, à des plus bas en six mois, a aussi incité l’industrie à se porter à l’achat. Les prix à terme du café Arabica à New York se sont effondrés de 6,5% jeudi 16 août à un plancher de trois semaines, d’importantes ventes des fonds et des producteurs ayant déclenché des ordres stop ; à Londres, le Robusta est tombé à un plus bas de trois mois. Mais aujourd’hui, 24 août, ils repartaient à la hausse sur les deux places.
En revanche, les sucres blanc et roux ont tout d’abord baissé, pour se ressaisir mais pour finalement terminer aujourd’hui de nouveau en baisse suite au rapport de ED&F Man faisant état d’un excédent sucrier cette année de 14 Mt contre 12 millions en 2006/07.
Le coton, quant à lui, a terminé le 16 août à son plus bas en 10 semaine pour se reprendre également mais timidement. Des achats de petits intervenants l’ont soutenu sur le marché de New York aujourd’hui mais selon des analystes, les contrats ne repartiront à la hausse qu’au démarrage des nouvelles récoltes le mois prochain. Le frémissement des places céréalières de Chicago et sur les autres marchés de matières premières ne semble pas avoir inspiré le coton, expliquent à l’agence Reuters analystes et traders, surtout que les investisseurs semblent se contenter d’attendre l’évolution de la situation du marché dans les semaines et les mois à venir.

L’huile de palme s’est maintenue
Notons que l’huile de palme brute sur le marché de Kuala Lumpur est demeurée soutenue car la demande devrait rester forte avec l’approche de fêtes importantes en septembre dans des pays fortement consommateurs : le Ramadan et la Chine avec le festival de la mi-automne. Cependant, il n’y a pas d’envolée de prix car les stocks augmentent : la production d’huile de palme en Malaisie a augmenté de 11% en août, à 1,5 Mt. En outre, l’Inde pourrait augmenter ses droits d’importation pour protéger son marché du soja dont la production s’annonce record. Notons que l’huile de palme cote actuellement 12% en baisse par rapport à son record historique de juin, à 2 764 ringitts.

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