24 septembre 2008 - 00:00 |

Chronique : le Rendez-vous Matières du jeudi

La zone de turbulence et d’hésitations toujours de mise

Les marchés des matières premières sont encore dans l’expectative : quelle direction prendre alors qu’on ignore si le plan de sauvetage financier et bancaire américain sera suffisant pour redresser un peu la barre de l’économie mondiale. L’ensemble des marchés, financiers et des matières premières, sont donc en attente, accusant de fortes fluctuations au gré des sentiments, des analyses, des impressions et des nouvelles.

Cacao. Les cours internationaux ont enregistré une forte embellie, avec une hausse de plus de $ 150 la tonne entre le 15 et le 22 septembre. Il est vrai que la fève avait subi la semaine précédente la chute vertigineuse sur l’ensemble des matières premières qui avaient été ébranlées par la crise financière mondiale.
La récolte 2008/09 au Ghana démarre tout doucement, certains planteurs se plaignant ne pas avoir reçu encore de sacs de jute ni de préfinancements du Cocobod qui n’a signé qu’en début de mois le prêt syndiqué de $ 1 milliard pour financer la campagne. Une situation d’autant plus délicate que certains planteurs ont dû avoir recours à des prêts bancaires pour faire face à leurs besoins ; or, les taux pratiqués par les établissements financiers atteignent parfois 27%... Cette confusion est liée à ce que le Board s’est hâté de faire démarrer la nouvelle campagne plus tôt que prévu, le 12 septembre, afin de contrer les volumes de cacao qui traversent illégalement la frontière en direction de la Côte d’Ivoire. En réalité, il n’y a eu qu’une seule semaine de répit entre la fin de la campagne intermédiaire 2007/09 et le démarrage de la nouvelle principale 2008/09.
En Côte d’Ivoire, la situation n’est guère plus apaisée. Gilbert Ano N’Guessan qui dirige le nouveau comité qui remplace la Bourse café cacao et les autres organismes liés à la filière, a annoncé que la campagne démarrerait à l’heure, le 1er octobre, comme d’habitude. Le Comité qui a pris ses fonctions mardi 23 septembre a dû faire face de suite à la grève des salariés de la BCC qui n’avaient pas été rémunérés. Toutefois, dans les campagnes, la saison s’achève en beauté avec des prix au planteur bien au dessus des FCFA 400 le kilo alors qu’ils étaient encore à FCFA 300-350 il ya deux semaines.

Café. Au Vietnam, la récolte 2007/08 s’achève ce mois ci. Elle est en baisse de 17,5%, à 16,5 millions de sacs de 60 kilos (Ms), selon les statistiques gouvernementales. Si on ajoute un million de sacs pour la consommation nationale, ces volumes signifient que le pays ne dispose plus que de faibles stocks puisque le négoce estime la récolte à 18Ms et les stocks de fin de campagne à 1,3 Ms. Côté valeur, les exportations sur les neuf mois ont rapporté au pays $ 1,6 milliards, soit 9,6% de mieux que sur la même période la campagne précédente.
Au Kenya, les prix ont été en légère baisse lors des ventes aux enchères de Nairobi le 23 septembre et ce bien que le marché à terme à New York, qui cote les Arabica aient légèrement repris du souffle.

Caoutchouc. Les contrats à terme sur le caoutchouc sur le marché de Tokyo ont perdu 2% mercredi. Les incertitudes économiques attisées par la crise financière américaine ont ravivé les craintes sur la demande. Selon des analystes, les fonds hésitent à investir sur de nouveaux actifs, ce qui nuit au caoutchouc et rend baissier le sentiment général du marché.

Coton. Les contrats à terme du coton à New York ont fini en baisse mardi suite aux liquidations des fonds industriels, le recul des autres marchés ayant également affecté les cours de la fibre.
Mais, peu importe. Le Cameroun prévoit faire passer sa récolte de 111 023 t cette campagne à 160 000 t en 2008/09, a annoncé la Sodecoton la semaine dernière. Ceci serait le résultat d’une hausse de 6% du prix au planteur et d’une superficie plus importante dédiée à cette culture. Le prix au planteur doit être augmenté de FCFA 10 le kilo, à FCFA 185. Rappelons que la campagne 2007/°8 avait accusé une chute de 40% de ses volumes suite à une mauvaise météorologie. En outre, plus de 5 000 t de coton auraient passé frauduleusement la frontière vers le Nigeria et le Tchad. Toutefois, la filière n’est pas à l’abri d’à-coups : le prix du sac d’engrais de 50 kilos a triplé, à FCFA 19 000 la campagne dernière et devrait encore augmenter dans les prochains mois et atteindre FCFA 35 000. La hausse du prix au planteur ne parviendra pas à compenser cette envolée.

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