25 mai 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

L’Europe fait chuter les marchés

(25/05/2012)

L’ensemble des matières premières, à l’exception du maïs et du gaz naturel, a fortement chuté mercredi, maintenant la tendance hier jeudi, sur fond d’incertitudes quant au devenir de la Grèce, l’euro tombant à son plus bas en deux ans face au dollar. Les investisseurs et spéculateurs ont ainsi vendu sur ces marchés de matières, jugées traditonnellement plus risquées, pour se porter sur des placements plus traditionnels comme les devises, ce qui a poussé le billet vert. Ceci a, comme d’habitude, agit automatiquement à la baisse sur les prix des matières premières dont les transactions se font gloablement en dollar, déclenchant des ordres automatiques de vente.

Cacao. Le cacao a terminé hier, jeudi, à son plus bas depuis le 11 avril, à $ 2 105 la tonne à New York, dans un contexte d’agitation fébrile, les investisseurs vendant pour se réfugier sur des produits plus classiques et jugés moins risqués.
Côté fondamentaux, le responsable cacao chez Armajaro, William Venables, estime le déficit 2011/12 à 25 000- 50 000 t contre 71 000 t avancées par l’Organisation internationale du cacao.
En Côte d’Ivoire, les arrivages au port de San Pedro ont atteint 536 660 t au 13 mai et depuis le début de la campagne, contre 404 742 t sur la même période en 2010/11. Au Ghana, les achats du Cocobod ont atteint 756 024 t au 10 mai, en baisse de 8,1% par rapport à la même période en 2011. Le Cocobod avait annoncé en avril que le pays pourrait ne pas atteindre son objectif de 950 000 t en raison de la sécheresse.
A noter qu’à Bahia, premier Etat producteur de cacao du Brésil, les arrivages la semaine dernière ont atteint 76 030 sacs de 60 kg contre 57 817 sacs sur la même période l’année denrière. La campagne brésilienne 2011/12, qui court de mai à avril, est donc maintenant achevée : elle serait la meilleure depuis 1997, à 3,06 Ms ou encore 183 500 t de fèves, selon Thomas Hartmann, analyste cacao à Bahia Commercial Association.

Café. A l’instar des autres matières premières, l’Arabica a chuté mercredi sur le marché de New York, cloturant à son plus faible niveau en 21 mois, tendance confirmée hier : « après avoir retouché 181 cents/lb, furtivement le marché a baissé très rapidement à 167 cents », souligne un trader. ” En fait la plupart des matières premières, sont à la baisse. Baisse qui reflête l’apathie de l’économie mondiale, y compris dans les pays émergents. Malgré l’optimisme béat de nos dirigeants, les perspectives sont pour le moins “floues”. La hausse du dollar aidant, les producteurs ont intêret à vendre leurs stocks, décision toujours difficile à prendre dans un marché baissier.
Comme souvent, le Robusta fait le contraire de ce qui était prévu : à contre courant des autres marchés, celui-ci continue à monter lentement mais surement. L’écart s’est encore réduit avec l’Arabica, mais à 67 cents aujourd’hui, il y a encore de la marge pour se ressérer. Difficile d’expliquer ce phénomène, a part l’excuse bateau, ” c’est purement technique”. D’ailleurs, il me semble que c’est une bonne explication, ce qui n’est pas clair, c’est qui est derrière et quels en sont les objectifs ”, conclut le trader.
Une enquête effetcuée par l’agence Reuters auprès de participants à une conférence café à Sao Paulo donne une récolte au Brésil estimé à 52,2 millions de sacs de 60 kilos pour 2012/13, soit en dessus de nombreuses autres estimations (54,5 Ms pour l’USDA) mais supérieure à celle du gouvernement.
La production indienne devrait légèrement baisser en 2012/13 à 5,1 millions de sacs de 60 kilos (Ms) par rapport à celle de l’année dernière mais celle-ci avait été exceptionnelle, a noté hier le département américain de l’Agriculture (USDA) dans un rapport. Des cours internationaux plus élevés, une roupie plus faible et des programmes faciliant les exportatiosn, les ventes de café indien sur le marché international devraient dépasser les 5 Ms pour la troisième campagne consécutive. En effet, la production augmente alors que la consommation nationale se développe mais demeure encore limitée.
Du côté de l’Indonésie, les exportations feraient un bond de 27,8%, à 450 000 t en 2012 contre 352 000 t l’année dernière, selon l’Association indonésienne des exportateurs et de l’industrie du café (AEKI). La production atteindrait 650 000 t.
Au Kenya, les prix aux ventes aux enchères du Nairobi Coffee Exchange (NCE) mardi se sont inscrits en hausse, l’AA atteignant $ 333-319 le sac de 50 kilos contre $ 328 aux ventes précédentes, alors que l’AB était en baisse à $ 254-174 contre $ 276-181. A ces dernières enchères, sur les 18 310 sacs offerts à la vente 7 523 ont été vendus générant un total de $ 1,6 million, soit un prix moyen de $ 176,70 le sac de 60 kg contre 18 792 sacs offerts la semaine dernière, 6 092 vendus pour $ 1,3 million soit $ 171,99 le sac en moyenne.

Céréales. En Asie, les marchés des céréales se sont redressés jeudi matin matin après avoir chuté, comme l‘ensemble des matières premières mercredi, sur fond de crise euroépenne mais aussi sur des rumeurs selon lesquelles la Chine, premier importateur mondial de graines de soja, pourrait annuler les achats de soja américian car ses broyages auraient baissé dernièrement.
Gloablement, les marchés sont très nerveux avec d’importantes fluctuations. Lundi, le blé atteignait son plus haut en 9 mois, poursuivant ainsi sa tendance haussière de la semaine dernière, mais avant de chuter mercredi avec l’ensemble du complexe matières premières. La tendance globale est pourtant bien à la hausse car le temps très sec et chaud aux Etats-Unis ainsi qu’en Russie et en Ukraine en avril, ce qui suivait des grands froids en janvier-février, font craindre à certains une répétition du scénario catastrophe de 2010 : l’ensemble de la récolte russe est estimée par SovEcon à 53 Mt en 2012/13 contre 56 Mt la campagne dernière. Selon l’analyste français Agritel, la récolte de blé de l’Ukraine pourrait chuter à 13,48 Mt en 2012 contre 22 Mt en 2011. Mais la météo n’est pas la seule fautive : les superficies emblavées ne sont que de 4,9 millions d’hectares cette année contre 6,7 millions en 2011. En Bulgarie, la récolte de blé serait en baisse de 20 à 25% pour ces mêmes raisons météorologiques.
En revanche, il pleut en Australie, un des quatre exportateurs mondiaux de blé, et le monde reprend son souffle.

Caoutchouc. Le prix du caoutchouc sur le marché de Tokyo, le Tocom, a baissé de plus de 3% jeudi, suivant en cela les tendances à Shanghaï et Singapour. Tous les yeux sont en effet tournés vers cette crise européenne, crise qui menace considérablement la demande en caoutchouc naturel, souligne Stephen Evans, secrétaire général de l’International Rubber Study Group, notamment dans le secteur automobile. Ainsi, l’IRSG qui avait estimé la demande en caoutchouc naturel et synthétique à 26,8 Mt en 2012, estime que l’année prochaine, elle ne devrait croître que de 5%, à 28,2 Mt. Rappelons qu’il est estimé que la demande pour l’ensemble des caoutchoucs atteindra 36,7 Mt d’ici 2020, la consommation de caoutchouc naturel devant atteindre 16,4 Mt. Rappelons que si la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie représentent, à eux trois, 70% de la production mondiale, la Chine à elle seule consomme 35% des disponibilités modniales. ” La Chine ne fait pas la Une en ce moment : elle a déjà annoncé que les choses ralentissaient. La plus grande nouvelle cette semaine c’est bien sur l’Europe ”, déclare Stephen Evans.

Riz. Le prix du riz thaïlandais s’est légèrement contracté cette semaine avec l’arrivée de nouveaux approvisionnements notamment du Vietnam, bien que l’achat de 100 000 t par l’Irak (70 000 t de Thaïlande et 30 000 t d’Uruguay) ait soutenu le marché. Le Thaï 100%B a trouvé preneur à $ 630 la tonne contre $ 640 la semaine dernière lorsque la tonn était à son niveau d eprix le plus élevé en 7 mois. Les 5% brisures se sont établies à $ 610 la tonne contre $ 612.
Les prix en Thaïlande pourraient entrer dans une phase baissière avec l’arrivée sur le marché de sa récolte intermédiaire récoltée en juillet et qui être de 2 à 4 Mt et la fin, en juin, du schéma d’intervention gouvernemental sur le marché intérieur. Il semblerait que le gouvernement ne poursuivra pas sa politique d’intervention au-delà de juin car ses entrepôts sont limités et les volumes stockés atteignent déjà un record de 13,9 Mt. Rappelons que le premier exportateur modnail a exporté 2,6 Mt de riz depuis le début de l’année, en baisse de 42% par rapport à la même période l’année dernière. Malgré cela et la hausse à des niveaux incompétitifs du prix de son riz du fait de cette politique de rétention, les autorités demeurent confiantes et estiment atteindre leurs objectifs de 9-9,5 Mt exportées.
Le numéro deux à l’export, le Vietnam, a également enregsitré une baisse de ses prix face à l’absence de demande majeure cette semaine. Ses 5% brisures se sont vendues à $ 420 à 440 la tonne FOB contre $ 430-450 la semaine dernière. L’année dernière, le pays a exporté 7,2 Mt de riz et le ministère de l’Agriculture estime répéter cette performance cette année.

Thé. Le prix moyen du thé aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, s’est établi en hausse à $ 3,68 le kilo contre $ 3,56 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones se sont vendus à $ 3,96-$3,39 le kilo contre$ 3,81-$3,30 aux ventes précédentes et les Best Pekoe Fanning Ones à $ 3,66-$3,40 contre $ 3,56-3,46. Sur les 86 983 paquets offerts, 15,38% sont demeurés invendus, ces chiffres étant de 81,415 paquets et de 10,56 la semaine précédente. Les acheteurs du Pakistan et d’Egypte ont été plus actifs qu’aux dernières ventes, tandis que les volumes d’achats du Yémen aini que d’autres pays du Proche-Orient, du Royaume uni, du Soudan et du Kazakhstan ont été simialires.
Le Regulator Tea Board of Kenya s’atted à ce que la production reprennne ce trimestre après une chute de 14
de la production sur les trois premiers mois de l’année, suite aux fortes pluies qui sont tombées dans les régions de production.

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