25 juillet 2013 - 16:47 |

L’anacarde de Guinée-Bissau pourrait mieux tirer son épingle du jeu

La campagne en Afrique de l’Ouest tire à sa fin

(25/07/2013)

Le marché de l’anacarde en Afrique de l’Ouest tend vers la fin malgré quelques petits achats observés dans certaines zones de production. Les prix pratiqués cette semaine maintiennent une stabilité relative mais restent bas ”, souligne Pierre Ricau dans son Bulletin sur le marché de l’anacarde publié hier.

En Côte d’Ivoire, il n’y a quasiment plus de noix à acheter bord champ, les quelque petits volumes restant se négociant entre FCFA 50 et 125 le kilo selon les régions. «Une importante partie des stocks invendus en mai-juin a été évacuée au début du mois de Ramadan et il est difficile d’avoir des stocks importants dans les localités de production », souligne encore le spécialiste. Les prix bord champ au Burkina Faso oscillent entre FCFA 100 et 125 le kilo ; ils sont à FCFA 100 au Mali et de l’ordre de FCFA 175 à 200 au Sénégal et en Gambie.

En revanche, en Guinée-Bissau, il resterait d’importants stocks invendus en raison principalement de la taxe instaurée à l’exportation de noix brute. Des stocks qui commenceraient de plus en plus à être liquidés étant donné qu’on entre en période de soudure et que les producteurs doivent dégager des moyens financiers pour acheter du riz pour leur consommation. Actuellement, le prix serait de FCFA 125 le kilo.

La Guinée-Bissau pourrait vendre beaucoup plus cher

La campagne 2012 en Guinée-Bissau avait également été difficile, rappelle Philippe Ricau à commodafrica.com. Bien qu’il y ait eu quelques rares achats à FCFA 300 FCFA/kg bord-champ l’année passée, la majorité du produit avait été écoulé entre FCFA 150 et 250 le kilo.

En effet, le coup d’Etat avait bloqué la commercialisation des noix et lorsque leur production est arrivée sur le marché international, l’offre y était déjà abondante. En outre, la qualité de Guinée-Bissau était moins bonne que les années précédentes en raison d’une pluviométrie précoce importante.

Beaucoup de producteurs ont refusé de vendre aux prix offerts à l’époque et d’importants stocks sont restés invendus jusqu’à la veille de la nouvelle récolte ”, précise-t-il.Or, ” les producteurs de Guinée Bissau sont habitués à des prix très élevés par rapport au reste de l’Afrique de l’Ouest car cette origine bénéficie d’une très bonne réputation de qualité. Les prix de cette année sont donc particulièrement décevants pour eux ”, poursuit-il.

Cette année, la Guinée Bissau souffre d’une double conjoncture difficile. D’une part, on constate une surabondance d’offre sur le marché international de la noix de cajou brute et donc des prix internationaux plus bas que les années passées. D’autre part, la filière pâtit d’une politique ” aberrante ” du gouvernement qui pour favoriser le développement de la transformation locale a augmenté la taxe déjà extrêmement haute sur les exportations de noix brute de FCFA 50 ($ 100 la tonne) à FCFA 100 ($ 200) le kilo.

Le problème actuel de la Guinée-Bissau est à mon avis plus lié à la décision politique qu’à la conjoncture économique: défavoriser fortement les producteurs pour favoriser une transformation locale qui peinera de toute façon à se développer étant donné le contexte politico-économique peu propice aux investissements dans le pays. Sans la taxe ou si les frontières avec le Sénégal étaient ouvertes, les producteurs pourraient vendre leur produit à FCFA 225-250 le kilo ou plus,
un prix relativement correct
”, conclut Pierre Ricau.

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