25 septembre 2017 - 10:30 |

Jocelyne Bontoulgou : le Burkina Faso cherche à développer ses filières viande, oeufs, lait et porc

Pour Jocelyne Bontoulgou, vétérinaire de formation et chargée de mission auprès du  ministère des Ressources animales et halieutiques du Burkina Faso, ce sont les filières lait, œufs et porc qui nécessitent, en particulier, d'être développées. Quant au miel, pour lequel le marché européen vient de s'ouvrir, il faudrait quintupler la production.

Quelle est la situation des filières élevage au Burkina Faso ?

La politique du Burkina Faso repose d'une part sur le développement de l'élevage, d'autre part sur le développement de l'aquaculture et de la pêche. En fonction de ces deux politiques, nos filières principales que sont le bétail et la viande, la volaille, le lait et le porc, demandent à être mieux développées en terme de productivité.

Au Burkina Faso, nous n'importons pas de viande de bœuf, ni de volaille et nous exportons dans quasiment tous les pays voisins. Mais ces exportations sont des animaux sur pied car nos moyens  de transformation sont très embryonnaires. Ils demandent à être organisés pour transformer le bétail sur place, au Burkina, ce qui permettrait d'exporter de la viande mais aussi mieux les consommer au niveau national et dégager ainsi une plus-value. Il existe donc des opportunités d'investissement dans la transformation.

Au niveau de la filière lait, on constate des manques à chaque maillon de la filière. Le Burkina Faso importe pour pratiquement FCFA 12 milliards de lait par an de nombreux pays, dont la France. C'est cette filière lait qui doit être développée en particulier. Les races Burkinabès ne sont pas très performantes en terme de productivité. Actuellement, un programme d'amélioration génétique est en cours mais qui n'a pas encore atteint son maximum donc nous sommes toujours à la recherche de la meilleur technologie pour l'amélioration génétique des vaches. Lorsque nous aurons atteint cet objectif, il faudra transformer le lait. Donc c'est toute la filière laitière qui demande à être boostée, que ce soit au niveau de la production et de la transformation.

Il en est de même de la filière porc. On a des races rustiques mais qui ne sont pas très prolifiques. IL faut, là aussi, améliorer la productivité et  la transformation.

La demande en porc progresse beaucoup au Burkina Faso ?

Oui car il y a actuellement un boom minier au Burkina et les sociétés minières  ont une forte demande en charcuterie, notamment. Actuellement, nous ne sommes pas en mesure de leur fournir les quantités demandées.  

Qu'en est-il de la filière œufs ?

Il en est de même. Le Burkina Faso était surtout connu pour son poulet local, dit 'poulet bicyclette', qui est plutôt un poulet de chair. La production moderne de pondeuses commence seulement à se développer mais elle n'est pas suffisante.

Notre climat étant très chaud, pour développer la filière, il faut investir dans les bâtiments pour pouvoir maîtriser notamment la question des températures. Il y a également la question de l'alimentation des poulets car on est obligé d'importer des pré-mix qui sont taxés et qui reviennent très chers. C'est pourquoi nous ne sommes pas compétitifs face à la concurrence des pays voisins qui inondent le marché burkinabè d'œufs. Mais de plus en plus d'opérateurs commencent  à s'installer suite à la loi votée au Burkina sur les partenariats public-privé (PPP). Des résultats comment à se faire sentir mais il faudra attendre 2 à 3 ans pour en mesurer tout l'impact.

Des PPP sont déjà en place ?

Oui, des fermes sont déjà implantées, comme celle de Moablaou d'Abou Ouattara  qui travaille avec des partenaires belges. Il a mis en place un système de production en atmosphère complètement contrôlé avec le ramassage automatique des œufs.  C'est un partenariat bien réussi qui se développe.

D'autres partenariats sont en train de s'installer avec notamment des Ivoiriens.

Quid du miel et de la récente ouverture sur le marché européen ?

Le Burkina Faso a, traditionnellement, un miel de qualité. Mais suite à la mise en place du plan de surveillance de la qualité, le pays vient d'être autorisé à exporter vers l'Union européenne à partir de 2018. L'autorisation a  été accordée en août de cette année.  Cela ouvre de nouvelles opportunités et il faut donc accroître la production. Elle est actuellement d'environ 1000 tonnes et il faudra peut-être la multiplier par cinq si on veut satisfaire un marché aussi ouvert que celui de l'UE.

On n'a pas la certification bio mais le miel du Burkina est produit de façon naturelle et n'a pas de résidus de pesticides ni d'antibiotiques. Nous avons donc besoin d'accroître la production amis aussi d'améliorer notre marketing, le conditionnement, etc. Ceci donnerait à ce produit une meilleure visibilité sur le marché européen.

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