25 octobre 2007 - 21:41 |

Le rendez-vous Matières du Jeudi

Le sésame à des niveaux de prix historiques ; le bois chahuté par l’application des quotas ; le cacao ivoirien abondant malgré les craintes de black pod ; le Robusta tenu encore en haleine par le Vietnam ; le caoutchouc trop cher pour la Chine ; le riz en hausse de 40% depuis 2005 ; la vanille qui attend la fin de l’année.

(25/10/07)

Bois – Les prix du bois d’Afrique de l’Ouest se maintiennent car la météo ne facilite guère ni l’exploitation, ni le transport, ce qui réduit l’offre. Au Congo Brazzaville, l’exportation de grumes d’okoumé a repris car le gouvernement a suspendu ou plutôt n’a pas mis totalement en application sa réglementation établissant des quotas. Le Gabon pourrait aussi modifier ou suspendre temporairement la sienne, souligne le dernier Tropical Timber Market Report.
Le fret (voir sur notre blog bois tropicaux www.sequencemedia.com/africablog) a vu son coût se renchérir de $ 25 le m3 notamment sur l’Okoumé depuis le début du mois de septembre. Pour faire face à cela, certains au Gabon ont commencé à expédier leur bois en conteneur, ce qui réduit les coûts. Cette hausse du fret affecterait beaucoup la vente des essences secondaires.

Cacao – Les cours du cacao se sont effondrés sur le marché à terme de Londres, hier, 24 ocotobre, car les conditions météorologiques en Côte d’Ivoire demeurent bonnes. Les arrivages dans les ports sont en avance par rapport à l’année dernière à pareille époque.
Toutefois, la maladie du black pod sévit dans le Sud-ouest ivoirien, réduisant les espoirs d’une récolte record cette année. Certains exportateurs estiment que la production pourrait être réduite de 100 000 t suite à cette maladie.

Café – Les cours du Robusta à Londres ont fini hier, mercredi, en hausse avec le resserrement des offres de rapprochés qui se poursuit en attendant le démarrage de la récolte au Vietnam. L’échéance novembre a grimpé de $ 31, à $ 2 143 la tonne, conservant une prime sur janvier de plus de $ 340 du fait de la pénurie des livraisons à court terme.
En effet, au Vietnam, premier producteur mondial de Robusta, les traders ont indiqué que les averses tardives à la fin de la saison pluvieuse ont retardé le démarrage des récoltes dans les principales zones de culture et ont soulevé des inquiétudes sur la qualité. Ce qui soutient les prix. Toutefois, à long terme, la tendance pourrait s’inverser avec l’arrivée du café vietnamien sur le marché mondial, et les contrats seront alors plus vulnérables aux liquidations des positions longues, selon les traders.
A noter que les volumes vendus aux ventes hebdomadaires de café au Kenya sur la campagne 2006/07 (octobre à septembre) ont atteint 53 368 t, générant un revenu de $ 143 millions, en hausse de 11,7% sur la campagne précédente.

Caoutchouc – Les prix du caoutchouc naturel augmentent ? Peu importe. Les gros pneumaticiens mondiaux (Michelin, Bridgestone, Goodyear) continuent à acheter de façon régulière. Quelque soit le prix. Pourtant le RSS3 de Thaïlande a pris environ 10% ce mois d’octobre, car les marchés à terme ont augmenté sur des facteurs notamment spéculatifs, mais aussi sur des fondamentaux haussiers : l’offre de Thaïlande (-1,5% à 3 millions de tonnes cette année), d’Indonésie et de Malaisie est étroite. Face à ces prix, la Chine a réduit ses achats : le premier consommateur mondial n’a importé que 162 119 t en septembre, en baisse de 4,1% par rapport à septembre 2006. Ses achats depuis le début de l’année ont quasiment stagné par rapport à l’année dernière, en baisse de 0,2%, à 1 189 268 t, selon des données douanières rapportées par Reuters.

Céréales – En Afrique de l’Ouest, les prix sont relativement stables mais restent élevés au Niger, souligne l’association Afrique Verte dans son dernier bulletin. Les récoltes approchent, les prévisions semblent bonnes mais elles doivent être confirmées suite aux intempéries.

Huile de palme – L’Indonésie, un des producteurs et exportateurs majeurs d’huile de palme, a augmenté de 10% ses droits à l’exportation d’huile de palme, provoquant encore une plus grande fermeté des prix sur le marché physique de Rotterdam. L’huile de palme brute, sur l’échéance décembre, s’échangeait le 25 octobre, entre $ 885 et 890 la tonne.

Poivre – Des prix du poivre en hausse cette semaine, notamment pour les Sarawak blanc et DW ainsi que pour les Muntok blanc. Une fermeté qui continue à s’expliquer par la rareté du produit.

Riz – Les prix du riz ne cessent de s’envoler. Si on fait la moyenne des prix de 10 variétés de riz (USA2/4, Thaï100B, Thaï5, Inde5, Viet5, Inde25, Thaï25, Viet25, Pak25 et A1Super), on constate une hausse de 40% des prix entre la moyenne sur 2005 et les cours recensés par Osiriz le mois dernier. En d’autres termes, la moyenne des prix à l’exportation de ces 10 variétés est passée de $ 229 la tonne en 2005 à $ 274,13 l’année suivante, à $ 320,8 sur septembre 2007. D’une moyenne de $ 304 la tonne en 2005, l’USA2/4 était à $ 433 en septembre ! Plus proche des variétés importées en Afrique, le Viet5 est passé de $ 256 à $ 320, le Thaï25 de $ 258 à 309 ou encore le Pak25 de $ 236 à 296.
Cette hausse en septembre est liée à une forte demande à l’importation, en particulier pour les riz de basse qualité à destination de l’Asie du Sud Est et l’Afrique subsaharienne.

Sésame – Les prix sont résolument à la hausse : ils sont à un plus haut historique, au-delà des $ 1000 la tonne, et ils pourraient encore continuer sur leur lancée. La raison ? La Chine, bien sur ! Sa récolte, démarrée il y a un mois, est médiocre, mais on ne parvient pas à avoir de chiffres précis. Pour couvrir ses besoins, elle aurait beaucoup importé d’Inde et maintenant elle se tourne vers l’Afrique. « Depuis un mois, les opérateurs chinois ont commencé doucement à acheter du sésame au Mali », souligne un courtier. Pourquoi le Mali ? Car les produits de ce pays bénéficient d’un droit douanier préférentiel à l’entrée en Chine. A noter que la récolte au Mali démarre dans un mois.

Sucre – Les cours du sucre ont légèrement reculé mais conservent leurs marges de transaction. Ils demeurent sous la pression d’une surabondance des offres mondiales.

Vanille – Rien à signaler sur le marché international de la vanille car, tout simplement nous sommes en pleine inter-saison. « Les prix ne bougeront qu’en fin d’année et au début de 208 avec les premiers kilos de la nouvelle récolte », explique Olivier Bourgois d’Eurovanille.
Cette année, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à une reprise des cours mais en réalité la vanille est restée stable. Elle aurait même baissé de quelque dollars sur certaines origines : à noter d’ailleurs le glissement de 10 euros le kilo sur la Tahiti noire non fendue (voir notre tableau des cours). Sur la vanille malgache, l’offre abondante pèse sur les prix : il y a du produit résiduel et on s’attend encore à une bonne récolte.
Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours… Tout peut encore s’inverser en 2008 car le marché est difficile à cerner. Surtout, on attend les chiffres de floraison de Madagascar.

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