25 octobre 2021 - 19:19 |

Changement climatique : le lourd tribut de l'Afrique

A quelques jours de l’ouverture de la prochaine Conférence des Nations unies sur le changement climatique COP26 à Glasgow en Ecosse, tous les signaux sont en rouge sur l’impact du changement climatique sur le continent africain, soulignant l'urgence d’agir et d’accroître les financements à l’adaptation . «Au cours de l’année 2020, les indicateurs climatiques en Afrique ont été caractérisés par une augmentation continue des températures, une accélération de l’élévation du niveau de la mer, des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, tels que les inondations, les glissements de terrain et les sécheresses, et les impacts dévastateurs associés. La fonte rapide des derniers glaciers d’Afrique de l’Est, dont on s’attend à ce qu’elle soit totale dans un avenir proche, nous alerte d’un changement imminent et irréversible du système Terre», déclare le  secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM),  Petteri Taalas, dans son avant-propos dans le rapport sur l’état du climat en Afrique 2020, coordonné par l’OMN avec la collaboration de la Commission de l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique par l’intermédiaire du Centre africain pour la politique en matière de climat, des organisations scientifiques internationales et régionales et des organismes des Nations unies.

Ce rapport met en exergue le lourd tribut que paye l’Afrique par rapport aux autres continents alors même qu’elle ne contribue qu’à environ 4% des émissions mondiales de CO2. Ainsi, l’Afrique s’est réchauffée plus rapidement que la moyenne mondiale, terres et océans confondus. L’année 2020 se positionne entre la troisième et la huitième année la plus chaude jamais enregistrée en Afrique, en fonction de l’ensemble de données utilisé.

De même, les taux d’élévation du niveau de la mer le long des côtes tropicales et de l’Atlantique Sud ainsi que de l’océan Indien sont plus élevés que le taux moyen mondial, soit environ 3,6 mm/an et 4,1 mm/an, respectivement. Le taux de recul actuel des  trois glaciers  du continent - le massif du Mont Kenya (Kenya), les Monts Rwenzori (Ouganda) et le Mont Kilimandjaro (Tanzanie) – est aussi supérieur à la moyenne mondiale et pourrait conduire si rien n’est fait à une déglaciation totale d’ici les années 2040.

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Quelles conséquences ?

Pour la seule année 2020, l’évolution du régime des précipitations, la hausse des températures et l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes ont contribué à aggraver l’insécurité alimentaire, la pauvreté et les déplacements de population en Afrique en 2020, ce qui n’a fait qu’accentuer la crise socio-économique et sanitaire déclenchée par la pandémie de la Covid-19.  En 2020, la population touchée par l’insécurité alimentaire a progressé de près de 40%. Le rapport observe qu’à chaque inondation ou sécheresse en Afrique sub-saharienne, l’insécurité alimentaire augmente de 5 à 20 points de pourcentage. On estime que 12 % de tous les nouveaux déplacements de population dans le monde se sont produits dans la région de l'Est et de la Corne de l'Afrique, avec plus de 1,2 million de nouveaux déplacements liés aux catastrophes et près de 500 000 nouveaux déplacements liés aux conflits.

A plus long terme, si rien ne change, les conséquences seront lourdes pour le continent.  Ainsi, d’ici 2030, jusqu’à 118 millions de personnes extrêmement pauvres (vivant avec moins de $1,90 par jour) seront exposées à la sécheresse, aux inondations et aux chaleurs extrêmes. D’ici à 2050, le changement climatique pourrait entraîner jusqu’à 3 % de baisse supplémentaire du produit intérieur brut.

Des besoins de  financement plus de $ 3 000 milliards

Dans l'ensemble, l'Afrique aura besoin d'investissements de plus de $ 3 000 milliards dans l'atténuation et l'adaptation d'ici 2030 pour mettre en œuvre ses Contributions déterminées au niveau national (CDN) établies dans le cadre de l’Accord de Paris où sont spécifiés les objectifs en termes de diminution des émissions. Des CDN qui doivent être normalement réactualisées tout les 5 ans.

Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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