26 janvier 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Une activité limitée, la Chine et d’autres pays asiatiques fêtant le Nouvel An

(26/01/2012)

Cacao. La fève a bien grimpé cette semaine, touchant hier un plus haut en deux mois et demi à $ 2 422 la tonne à New York. La situation déficitaire du marché semble plus frapper les esprits des traders que le pessimisme ambiant à l’égard de l’économie mondiale.
Selon un sondage auprès de 20 analystes réalisé par Reuters, la production ivoirienne et ghanéenne devrait baisser de 12% cette campagne par rapports aux estimations sur 2010/11 de l’Organisation internationale du cacao, le déficit devant se situer aux alentours des 100 000 t en moyenne ; les estimations des traders sont allées de 300 000 t de déficit à un excédent de 123 000 t. Globalement, ces analystes prévoient, de ce fait, une hausse de 10% des cours sur le marché de New York cette année et de 15% à Londres. Ceci ne compensera toutefois pas le plongeon de 30% enregistré en 2011. Rappelons qu’en 2010/11 l’excédent avait été de 341 000 t. Les analystes estiment que la récolte ivoirienne sera de 1,365 Mt en 2011/12 et celle du Ghana de 875 000 t.
Côté producteurs, la réforme de la filière progresse en Côte d’Ivoire avec la nomination mardi, à l’unanimité, du représentant de la présidence de la République, Lambert Kouassi Konan, comme président du conseil d’administration du nouveau Conseil du café-cacao. Celui-ci a été institué par décret présidentiel le 20 janvier. A noter que Lambert Kuassi Konan a été ministre de l’Agriculture dans le gouvernement dirigé de 1990 à 1993 par Alassane Ouattara.
Toujours en Côte d’Ivoire, les exportations ont totalisé 495 245 t du démarrage de la campagne au 15 janvier, soit 6% de mois qu’un an auparavant, selon les autorités ivoiriennes. Les arrivages aux ports de San Pedro et d’Abidjan ont totalisé, quant à eux, 789 322 t, soit sensiblement les mêmes volumes que sur la même période la campagne dernière (793 772 t).
La Côte d’Ivoire où c’est toujours le bras de fer entre les principales entreprises exportatrices, les industries locales, filiales des grandes multinationales (ADM, Cargill, Barry Callebaut, Nestlé), et les autorités, les premières dénonçant les avantages fiscaux des secondes. Ceci pourrait compromettre la mise en place de la réforme cacaoyère qui tend à accorder un prix minimum garanti plus élevé aux planteurs et les ventes à terme électroniques de la récolte 2012/13.
Les achats au Ghana ont atteint 632 869 t au 12 janvier, en hausse de 5,5% par rapport à la même période en 2010/11.

Café. La force du dollar face à l’euro hier a fait glisser de 1,5% l’Arabica coté à New York à $ 2,172 la livre. La tendance était déjà baissière sur ce marché après que les traders aient constaté en début de semaine que la position nette courte des spéculateurs avait fortement baissé. Ceci a déclenché des ordres automatiques de vente sur le marché, d’où la baisse des cours. L’écart entre l’Arabica et le Robusta a donc diminué d’autant plus que le marché de l’Arabica a été calme cette semaine avec des offres de Colombie qui se raréfient et peut d’intérêt manifesté pour le Brésil spot.
Le nouvel an chinois a suscité une forte demande pour les Robusta africains. ”Offerts à des différentiels plus attractifs que le Vietnam dans un premier temps, la demande est telle que les offres s’amenuisent”, souligne un trader. ”Les prix de ceux d’Afrique de l’Est (Ouganda, Tanzanie, etc..) restent prohibitifs. L’activité en spot Europe reste soutenue et concentrée sur le Vietnam et l’Indonésie à Anvers, avec quasiment plus d’offres d’autres origines sinon des cafés arrivés il ya 5 à 10 ans, ce qui risque des poser des problèmes de qualité pour la sacherie.
Selon un sondage Reuters, l’Arabica devrait gagner 1,4% cette année mais demeurerait en dessous du pic atteint l’année dernière, un plus haut en 14 ans, car les perspectives sombres sur l’économie mondiale pourrait prendre le pas sur la situation déficitaire du marché. Et certains fondamentaux sont baissiers : une production en hausse dans des pays majeurs comme le Brésil et le Vietnam, la crise de la dette en Europe, un dollar plus fort, des pluies en Amérique centrale, etc. La demande mondiale (135 millions de sacs de 60 kg, selon un sondage effectué par Reuters) devrait dépasser l’offre d’environ un million de sacs (133,25 Ms durant la campagne actuelle jusqu’en septembre 2012), mais beaucoup dépend en fait de l’économie européenne. Toujours selon ce sondage, le Brésil produirait 55 Ms en 2012/13 contre 43,48 Ms en 2011/12 et le numéro deux mondial, producteur de Robusta, le Vietnam, produirait 20,665 Ms selon ce sondage, soit plus que les 18,5 Ms estimés par l’Organisation internationale du café, et davantage que les 19,47 Ms de 2010/11. 2011/12, campagne où l’Ethiopie s’inscrit au troisième plan mondial, supplantant la Colombie.
Côté consommation, le Brésil ne cesse de prendre des galons et certains se demandent si à terme le pays ne dépassera pas les Etats-Unis, premier consommateur mondial traditionnel. A noter qu’à partir de mars 2013, les cafés du Brésil pourront s’échanger sur le marché à terme de New York dans le cadre du contrat C. Ceci est, sans conteste, une reconnaissance des efforts en terme de qualité faits par les Brésiliens durant toutes ces dernières années.
Durant la semaine, le grade AA aux ventes aux enchères de Nairobi ont fait un bond à $ 526 le sac de 50 kg contre $ 442 la semaine dernière, avec des volumes vendus également en hausse, à l’instar des ventes de Robusta et d’Arabica en Tanzanie où là aussi les volumes trouvant preneurs ont été plus importants.

Caoutchouc. Les prix du caoutchouc ont baissé hier sur le marché à terme de Tokyo, les traders prenant leurs bénéfices suite aux récentes hausses. Toutefois, ils ne devraient pas glisser vraiment davantage car l’offre actuellement est faible en raison de l’hivernage dans la plupart des zones de production et à cause de la politique de soutien au planteur mise en œuvre mardi par le gouvernement thaïlandais : une enveloppe budgétaire de $ 477 millions a été dégagée afin que le gouvernement achète à un prix soutenu son caoutchouc aux planteurs. Les autorités envisagent d’acheter ainsi 200 000 t, notamment du USS3 à 120 baht ($ 3,82) le kilo alors que le prix de marché était fin 2011 de 90 baht et de 110 baht mardi dernier. A noter que le RSS3, référence du marché, a touché un plus bas de $ 3,40 ce mois ci mais cotait $ 4 mardi, galvanisé par la décision thaïlandaise ; il avait atteint un record de $ 6,40 en février 2011.
Rappelons que la Thaïlande, premier producteur et exportateur mondial de caoutchouc naturel, produit 3 à 3,2 Mt de caoutchouc par an dont 2,8 Mt sont exportées, soit 36% des échanges mondiaux, selon l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel. Depuis le 11 janvier, date à laquelle un accord a été conclu entre le gouvernement et les planteurs, le caoutchouc a grimpé de 15% sur le marché à terme de Tokyo.

Céréales. Pour la sixième séance consécutive, le prix du blé a grimpé sur le marché de Chicago hier, tandis que le maïs se plaçait au plus haut en deux semaines, les marchés se réjouissant de l’annonce par la Réserve fédérale américaine de maintenir les taux d’intérêts bas jusqu’en 2014, période plus longue qu’anticipée. En outre, le marché a été soutenu par l’annonce de la Russie selon laquelle le troisième exportateur mondial réduirait ses ventes en érigeant à nouveau des restrictions à l’export, ce qui est plutôt de bon augure pour les opérateurs américains : s’ouvre à eux la perspective de retourner favorablement sur le marché égyptien notamment, ce qui ne s’est plus produit depuis l’été dernier. En outre, le dollar a baissé ce qui fait de la céréale américaine la moins chère du monde, ce à quoi Chicago réagit, bien évidemment, très favorablement. En 2011, la Russie avait déclaré n’exporter pas plus de 23 à 25 Mt durant la campagne en cours ; or, mi-janvier, ses ventes avaient déjà atteint 19,5 Mt alors que Moscou n’avait levé son interdiction d’exporter que 7 mois auparavant. Les analystes s’attendent à ce que ces mesures restrictives soient prises à partir d’avril.

Coton. Le coton est demeuré ferme cette semaine, clôturant hier à 96,5 cents/lb. Si son prix a baissé de 40,4% depuis un an, il a progressé de 5,6% depuis le 1er janvier.
Les exportations indiennes de coton devraient atteindre 8,4 millions de balles de 170 kg, selon le Commissaire Textiles à Mumbai, A.B. Joshi, contre 8 millions initialement estimé, ce qui devrait peser sur les cours internationaux ; 4,4 millions de balles auraient déjà été exportés sur la campagne dont 88% à destination de la Chine. La Chine qui devrait importer 3,3 millions de tonnes de coton cette campagne qui prend fin le 31 juillet prochain, en hausse de 22% sur la campagne précédente, a-t-il souligné.

Huile de palme. Une faible demande à l’export (-19,9% du 1er janvier au 25 janvier, à 947 401 t) a entrainé à la baisse les prix de l’huile de palme de Malaisie cette semaine. La demande semblerait s’être redirigée vers l’Indonésie où les taxes à l’exportation sont maintenant plus faibles.

Poivre. Le poivre demeure incoté cette semaine, soit la troisième consécutive. En effet, le Vietnam fête le Nouvel An chinois et en son absence il est difficile de savoir comment vont s’orienter les prix qui avaient enregistré de très fortes fluctuations tant à la hausse qu’à la baisse les semaines précédentes. « On attend donc le retour du Vietnam aux affaires pour donner des prix », note un trader.

Riz. Suite à l’autorisation d’exporter plus que les 2 Mt initialement envisagées étant donné l’ampleur des stocks nationaux, l’Inde a vu la demande (notamment africaine) pour son riz fortement progressé et donc son prix. Parallèlement, la demande pour la céréale du Vietnam ou de Thaïlande demeure morne avec de nombreux négociants en vacances pour le Nouvel An lunaire, ce qui n’a pas été le cas en Inde.
Le riz blanc indien s’est échangé à $ 455-465 FOB la tonne contre $ 440-450 la semaine dernière. Face à cela, le 100%B Thaï s’est vendu $ 550 contre $ 535 la semaine dernière, le gouvernement se portant à l’achat afin de soutenir les revenus de ses producteurs touchés par les inondations. En conséquence, les stocks gouvernementaux de riz ont atteint 5,6 Mt au 24 janvier, soit 5 fois plus que leur niveau fin 2011. En revanche, le prix des brisures 5% du Vietnam est demeuré stable, à $ 450-455 la tonne.
A noter que selon le Département américain de l’Agriculture (USDA), l’Egypte, traditionnellement exportateur de riz, devrait en importer au moins 500 000 t en 2011/12.

Sucre. L’offre abondante indienne a freiné toute velléité de hausse des prix cette semaine, ne permettant pas au roux à New York de dépasser les 25 cents la livre. Pourtant, la récolte brésilienne pourrait être retardée du fait de la météo et le Mexique produirait légèrement moins que prévu, à 5,325 millions de tonnes (valeur roux) contre 5,495 Mt la campagne dernière.
Côté production, la nouvelle de l’algérien Cevital qui entend doubler ses exportations à 1 Mt (voir nos informations) n’a pas été neutre pour le marché, tandis que l’Ukraine pourrait réduire ses superficies en canne de 8 à 16% en 2012 suite à une surproduction de sucre blanc en 2011.

Thé. Le prix moyen aux ventes aux enchères de thé de Mombassa mardi a été de $ 2,98 le kilo, en forte baisse par rapport aux $ 3,61 lors des ventes précédentes. Les volumes offerts à l’achat ont été de 148 370 paquets dont un peu plus d’un quart demeuré invendu. Les Best BP1 se sont vendus à $ 3,40-2,56 contre $ 3,66-3,55 et les Best Pekoe Fanning Ones à $ 3,76-3,18 contre 3,68-3,28. Ce sont les acheteurs du Kazakhstan, de Russie et du Soudan qui ont été les plus actifs, alors que les Egyptiens l’étaient moins

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