26 avril 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Légère reprise après la dégringolade

(25/04/2013) L’indice CRB a enregistré hier sa plus forte hausse, +1,5%, depuis novembre 2012, surtout pour le pétrole et l’or, sur fond d’inquiétude géopolitique (Syrie), de la faiblesse du dollar, au plus bas face à l’euro depuis et de potentiels dommages sur les cultures liées au gel sur le blé. Une reprise après une forte dégringolade des matières premières depuis mi –avril.

CACAO. Le cacao a terminé hier en hausse de $ 34, à $ 2 360 la tonne, après avoir touché un plus haut depuis décembre, à $ 2 365. La deuxième échéance a pris plus de 16% depuis son niveau très bas de $ 2 034 enregistré début mars. Selon des traders, la hausse se poursuivrait avec un niveau de $ 2 400 qui devrait être testé par le marché mais trouverait alors de la résistance.
Les positions longues américaines, signes de tendance haussière des cours, ont plus que triplé depuis le 1er janvier, le marché étant très enthousiaste des très bons chiffres de broyages américains, les meilleurs en 2 ans, à +5,8%, totalisant 125 887 t. Toutefois, les chiffres asiatiques sont très, en baisse de 10 ,8% sur le premier trimestre par rapport à début 2012, à 140 062 t, ce qui a tempéré toute hausse des cours..
Les broyages européens sur le premier trimestre 2013 ont baissé, quant à eux, de 3,9% par rapport au début 2012, à 339 377 t, selon l’Association européenne du cacao. Cette annonce n’a, en revanche, guère perturbe le marché qui s’attendait à cet ordre de grandeur, notamment car les broyeurs continuent à dégager de faibles marges ce qui ne les incite pas à broyer ! Notons que ces volumes de broyages européens sont en baisse pour la cinquième campagne consécutive, ce qui créé des excédents de disponibilité de fèves et donc maintient les cours du cacao à de faibles niveaux.
Rappelons qu’en 2012, les broyages européens ont chuté de 10,3% après que les industriels aient réduit leur capacité car leurs marges étaient trop faibles. Cette réduction de capacité (-15% sur les deuxième et troisième trimestres) a contribué à réduire leurs stocks.
Côté producteurs, les exportations camerounaises de cacao ont totalisé 183 300 t à fin mars et ce depuis le début de la campagne 2012/13 en août, soit 12% de plus que sur la même période en 2011/12, selon l’Office national café cacao (ONCC). Si les exportations en mars sont en baisse à 8 046 t contre 14 652 t en février, elles sont beaucoup plus élevées qu’en mars 2012 (3 954 t).
Enfin, dans le cadre de son projet de durabilité Cocoa Horizons, Barry Callebaut a dévoilé avant-hier son bus Cocoa Horizons, une unité mobile fonctionnant à l’énergie solaire, et qui a pour objectif de former les planteurs aux bonnes pratiques agricoles, dispenser des soins de base, contribuer à l’alphabétisation et sensibiliser au travail des enfants. Construit en Belgique, le bus Cocoa Horizons sera envoyé en Côte d’Ivoire où il commencera ses tournées à partir du mois de juillet.

CAFE. L’Arabica est toujours à la baisse, terminant hier à $ 1,3740 la livre, se rapprochant des $ 1,3355 du 15 avril qui avait été le plus bas depuis mai 2010 sur la deuxième échéance du contrat à terme. La récolte annoncée record au Brésil (pourtant une année basse dans le cycle biannuel) continue à largement compensée l’impact de la maladie roya en Amérique centrale, pour les traders.
Côté Robusta, les exportations vietnamiennes, n°1 mondial pour cette variété de café, auraient chuté de 34,6% ce mois ci par rapport à avril 2012, selon les statistiques gouvernementales.
En Ouganda, les exportations devraient fortement augmenter sur ce mois d’avril qui s‘achève, à 270 000 sacs de 60 kilos, estime l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA), contre 141 220 sacs en avril 2012. L’UCDA devrait distribuer 20 millions de semences à être plantées pendant cette saison des pluies.
Au Cameroun, les exportations de Robusta sont en chute libre : elles ont baissé de 60% entre le mois de décembre et fin mars, totalisant 2 773 t contre 7 081 t sur la même période l’année dernière. Rappelons que la saison Robusta au Cameroun court de décembre à novembre et l’Arabica d’octobre à septembre. En 2011/12, le Cameroun a exporté 234 072 t de Robusta et 2 958 t d’Arabica.

CAOUTCHOUC Sur les deux dernières séances à la bourse de Tokyo, les cours du caoutchouc se sont repris soutenus par le yen et un optimisme grandissant sur la demande suite à la reprise du marché boursier en Asie. Toutefois, les échanges ont été surtout portés par les investisseurs, qui roulaient leur position sur le nouveau contrat de référence.

CÉRÉALES. La production mondiale de maïs devrait augmenter de 10% en 2013/14 et atteindre un record de 939 millions de tonnes (Mt), selon le Conseil international des céréales (CIC). Si les stocks à la fin de cette campagne devraient être étroits, ils augmenteraient sensiblement en 2013/14 (+27 Mt à 143 Mt).
Le département américain de l’Agriculture (USDA) prévoit que les superficies plantées en maïs cette année aux Etats-Unis seraient les plus importantes depuis 1936…
La production de blé augmenterait plus modérément, d’environ 4% à 680 Mt.

COTON Depuis un plus haut de 93,93 cents le 15 mars, les cours du coton glissent pour se situer hier à 83,23 cents la livre à la clôture jeudi pour le contrat de juillet. Les investisseurs, qui étaient en partie à l’origine de la hausse de 18% au premier trimestre des cours, ont réduit leur position haussière. Toutefois, les derniers chiffres des ventes américaines montrent que la demande est relativement solide, avec une hausse des exportations de 13% par rapport à la semaine dernière et de 46% par rapport à la moyenne des quatre dernières semaines précédentes.
L’Inde, à la suite de la Chine, devait démarrer vendredi la vente de ses stocks de coton aux industries nationales. Le montant des quantités vendues n’a pas encore été fixé. Le gouvernement indien, à travers la Cotton Corporation of India (CCI) et la coopérative NAFED, a acheté entre 2,5 et 3 millions de balles de coton de la campagne en cours. Ces ventes, avec celles de la Chine, pourraient mettre davantage de pression sur les cours du coton.

HUILE DE PALME L’huile de palme a enregistré vendredi son premier gain hebdomadaire en cinq semaines, encouragée par des chiffres en hausse à l’exportation de la Malaisie. Sur la période du 1er au 25 avril, elles se progressent entre 2,5 et 5,2%, selon les organismes d’inspection. La demande est particulièrement soutenue en Inde qui profite e la faiblesse des prix pour acheter. Toutefois, les gains sont limités par les doutes concernant la demande et en particulier celle de la Chine en raison des amples stocks détenus dans les ports.
L’Indonésie abaissera à partir du mois de mai sa taxe sur l’exportation d’huile de palme brute à 9% contre 10,5% en avril.

RIZ Les prix du riz au Vietnam sont tombés à un plus bas de deux ans en raison d’une prévision d’une offre croissante dans la région du Delta du Mékong avec une demande toujours molle. Les négociants s’attendent à ce que les exportateurs réduisent davantage leur prix afin d’attirer des acheteurs, qui se sont plus tournés actuellement vers l’Inde ou le Pakistan. Le Viet 5% de brisure se situait à $380-385 la tonne. Les prix en Inde et au Pakistan ont aussi reculé cette semaine et un négociant indien estime que ces deux pays pourraient offrir des prix beaucoup plus bas pour libérer leurs stocks avant la prochaine récolte, qui s’annonce très bonne. Au 1er avril, les stocks en Inde se situaient à 35,5 millions de tonnes contre un objectif de 12,2 Mt.
Au contraire en Thaïlande, les prix ont gagné cette semaine $5 la tonne à $ 570 la tonne pour la même catégorie avec le renforcement de la monnaie nationale. Sur le premier trimestre 2013, les exportations ont chuté de 7% à 1,54 Mt. Les exportations du Vietnam sont en revanche en hausse, gagnant 7% de janvier à avril à 2,37 Mt.

SUCRE. Après avoir touché un plus bas en trois ans hier, le sucre roux coté sur le marché à terme de New York s’est légèrement ressaisi, clôturant à 17,41 cents la livre (lb). A l’instar du café, c’est la bonne récolte brésilienne attendue qui pèse sur le marché du sucre. Certes, les efforts du gouvernement brésilien pour soutenir sa filière éthanol constitue un soutien au sucre, puisque davantage de canne devrait aller à la filière énergétique plutôt qu’alimentaire, mais visiblement cela ne suffit pas pour juguler la baisse des prix du sucre. Selon la banque ABN Amro dans son rapport de marché, le sucre pourrait descendre en dessous des 17 cents et tester le seuil des 16.
Depuis février 2011, lorsqu’il avait atteint grimpé jusqu’à un pic de 36,08 cents/lb, le prix du sucre roux a perdu la moitié de sa valeur sur fond de campagnes excédentaires successives.

THÉ Le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a progressé par rapport à la semaine précédente, à $3,43 le kilo contre $ 3,38 pour un Broken Pekoe Ones. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1) se sont vendues en moyenne à $ 3,30 -$3,86 contre $ 2,80-396 précédemment, selon le rapport de marché d’Africa Tea Brokers (ATB) et le Best Pekoe Fanning Ones (PF1) à $260-3,16 le kilo contre $2,58-3,18.
 Ont été offerts à la vente 150 771 paquets dont 14,86% sont demeurés invendus, contre 140 689 paquets et 19,8% invendus aux ventes précédentes. 
Les acheteurs de l’Afghanistan ainsi que du Yémen et d’autres pays du Moyen Orient, ont été plus actifs tandis que l’intérêt était moins marqué pour ceux du Pakistan, de la Grande-Bretagne, du Kazakhstan, de la Russie et du Soudan.

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